mercredi 20 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2305754 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | YON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 26 juillet et 3 octobre 2023, M. A B et Mme C D, représentés par Me Mertz, avocat, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la délibération n° 3 du 30 mai 2023 par laquelle la commune de Hayange a créé un 9ème poste d'adjoint au maire ;
2°) d'ordonner la publication du présent jugement par voie de presse et sur la page Facebook la commune de Hayange ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Hayange une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2123-20-1 du code général des collectivités territoriales, en l'absence, d'une part, de mention fixant et autorisant le versement d'une indemnité de fonction du 9ème adjoint, et d'autre part de présentation d'un tableau récapitulant l'ensemble des indemnités allouées aux membres du conseil municipal ;
- la délibération attaquée a également été adoptée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, dès lors que les élus n'ont pas été suffisamment informés, avant son adoption, quant à aux motifs de création d'un 9ème poste d'adjoint et à la nature de la délégation de fonction qui lui sera donnée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 et 16 octobre 2023, la commune de Hayange, représentée par Me Yon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B et Mme D une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de production de la décision attaquée, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative ;
- les nouveaux moyens de légalité interne présentés après l'expiration du délai de recours contentieux sont irrecevables ;
- la requête est tardive dès lors que les délais de recours prévus aux dispositions de l'article L. 119 du code électoral ont été méconnues ;
- les autres moyens soulevés par M. B et Mme D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
20 novembre 2023.
Un mémoire présenté par la commune de Hayange a été enregistré le 1er février 2024, postérieurement à la clôture d'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Léa Perabo Bonnet,
- les conclusions de M. Alexandre Therre, rapporteur public,
- les observations de Me Mertz, avocat de M. B et de Mme D.
Considérant ce qui suit :
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Hayange :
1. En premier lieu, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / (). ".
2. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont produit la délibération attaquée dans leur mémoire en réplique, ce qui, contrairement à ce que fait valoir la commune, constitue une régularisation de nature à rendre recevable la présente requête. La fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écartée.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que les requérants ont soulevé l'ensemble des moyens qu'ils entendaient faire valoir au soutien de leur requête dès leurs premières écritures. La commune de Hayange ne saurait ainsi sérieusement soutenir qu'ils n'ont présenté aucun moyen de légalité interne à l'appui de leur requête initiale. Dès lors, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des nouveaux moyens de légalité interne présentés après l'expiration du délai de recours contentieux ne peut qu'être écarté.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
5. D'une part, la commune de Hayange ne saurait utilement se prévaloir des dispositions du code électoral, non applicables en l'espèce. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la présente requête, tendant à l'annulation de la délibération n° 3 du 30 mai 2023, a été introduite le 26 juillet 2023 et n'est dès lors pas tardive. La fin de non-recevoir soulevée en ce sens ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () ". Il résulte de ces dispositions que, dans les communes concernées, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit qui doivent fonder les mesures envisagées, et de mesurer les conséquences de leurs décisions.
7. Il ressort des pièces du dossier que la note explicative de synthèse communiquée aux conseillers municipaux en amont de la séance du 30 mai 2023, dont la délibération n° 2 tendait à la création d'un poste d'adjoint, ne mentionne pas la nature de la délégation de fonction qui sera confiée au 9ème adjoint. En outre, il n'est pas contesté que, interrogé sur ce point lors de la séance du conseil municipal du 30 mai 2023, le maire de la commune d'Hayange a refusé d'apporter des éléments de réponse. Enfin, la note de synthèse précitée vise l'article L. 2122-3 du code général des collectivités territoriales, dont les dispositions prévoient la possibilité de créer un poste d'adjoint spécial lorsqu'un obstacle quelconque ou l'éloignement rend difficiles, dangereuses ou momentanément impossibles les communications entre le chef-lieu et une fraction de commune. Toutefois, cette même note motive la création du poste supplémentaire d'adjoint par l'augmentation de la charge de travail administratif et des responsabilités liées à la gestion des affaires municipales, ainsi que par la volonté d'améliorer la gouvernance, la réactivité et l'efficacité de la municipalité. Compte tenu du manque de cohérence et de l'insuffisance des informations apportées, les requérants sont fondés à soutenir qu'ils n'ont pas disposé des éléments leur permettant d'appréhender le contexte ni de comprendre les motifs de fait et de droit qui fondent la création d'un 9ème poste d'adjoint, ni encore de mesurer les conséquences de leur décision à cet égard. Alors que cette irrégularité est de nature à avoir influencer le vote du conseil municipal, les requérants s'étant abstenus d'y participer pour ce motif-même, M. B et Mme D sont fondés à soutenir que la délibération attaquée méconnaît les dispositions de l'article
L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales et à en demander l'annulation.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la délibération n° 3 du 30 mai 2023 doit être annulée.
Sur les conclusions tendant à la publication du jugement par voie de presse :
9. La publication du présent jugement par voie de presse n'est pas au nombre des mesures qui peuvent être ordonnées par le juge administratif au titre de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions présentées à cette fin par M. B et
Mme D doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B et Mme D, qui ne sont pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Hayange au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Hayange une somme totale de 1 500 euros à verser à M. B et Mme D au même titre.
D E C I D E :
Article 1 : La délibération n° 3 du 30 mai 2023 par laquelle le conseil municipal de la commune de Hayange a approuvé la création d'un 9ème poste d'adjoint au maire est annulée.
Article 2 : La commune de Hayange versera la somme totale de 1 500 (mille cinq cents) euros à M. B et à Mme D en application des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions tendant à la publication du jugement par voie de presse sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Hayange présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme C D et à la commune de Hayange.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Faessel, président,
Mme Bronnenkant, première conseillère,
Mme Perabo Bonnet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 mars 2024.
La rapporteure,
L. Perabo Bonnet
Le président,
X. Faessel
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026