lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2305835 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ALENA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 août 2023, Mme A B, représentée par Me Lenne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 juin 2023 par laquelle le directeur de l'établissement public social de Lorquin (Epsolor) a mis fin à son stage en qualité d'aide-soignante de classe normale et prononcé sa radiation des effectifs de l'établissement à compter du 1er juillet 2023 ;
2°) d'enjoindre à l'Epsolor de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente d'une nouvelle décision, de la réintégrer en qualité de fonctionnaire stagiaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Epsolor une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision n'est pas signée, contrairement aux dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les visas de la décision ne permettent pas de s'assurer qu'elle a été invitée à présenter ses observations ;
- ces mêmes visas ne mentionnent pas l'existence d'un avis de la commission administrative paritaire ;
- la décision repose sur des faits matériellement inexacts et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 janvier 2024, l'Epsolor, représenté par la SELARL CM. Affaires Publiques, conclut au rejet la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les éventuels dépens.
L'Epsolor fait valoir que les moyens invoqués par la requérante sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°2003-655 du 18 juillet 2003 ;
- le décret n° 2021-1257 du 29 septembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Tily, pour l'Epsolor.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, aide-soignante recrutée sous contrat le 1er août 2017 par l'établissement public social de Lorquin (Epsolor) et affectée à la maison d'accueil spécialisée " Les Rantzau ", a été nommée stagiaire du corps des aides-soignants à compter du 1er septembre 2021. Par une décision du 10 octobre 2022, son stage a été prolongé jusqu'au 28 février 2023. Par une nouvelle décision du 12 juin 2023, son stage a été prolongé jusqu'au 30 juin 2023. Enfin, par une décision également datée du 12 juin 2023, le directeur de l'Epsolor a mis fin à son stage et prononcé sa radiation des effectifs de l'établissement à compter du 1er juillet 2023. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette dernière décision du 12 juin 2023.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
3. Contrairement à ce que soutient Mme B, la décision attaquée comporte, outre les nom et prénom de son auteur, sa signature. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. Il en résulte qu'alors même que la décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne, elle n'est pas - sauf à revêtir le caractère d'une mesure disciplinaire - au nombre des mesures qui ne peuvent légalement intervenir sans que l'intéressé ait été mis à même de faire valoir ses observations ou de prendre connaissance de son dossier, et n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et les règlements.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait dû être mise à même de présenter ses observations préalablement à la décision attaquée.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 68-1 du décret du 18 juillet 2003 relatif aux commissions administratives paritaires locales et départementales de la fonction publique hospitalière : " I.-Les commissions administratives paritaires connaissent : / 1° En matière de recrutement, des décisions de refus de titularisation et des licenciements en cours de stage en cas d'insuffisance professionnelle ou de faute disciplinaire ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la commission administrative paritaire départementale a été saisie à la fois d'une demande de seconde prolongation de stage et d'un refus de titularisation. Par suite, par son avis du 2 juin 2023 visé dans la décision attaquée, elle doit être regardée comme s'étant prononcée également sur le refus de la titulariser.
8. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier et de la décision attaquée que celle-ci repose sur des attitudes et propos inappropriés de Mme B à l'égard de certains résidents, un respect aléatoire des consignes et des difficultés à s'intégrer dans l'organisation du service. Mme B, qui se borne à alléguer qu'elle conteste l'intégralité de ses motifs, n'apporte pas le moindre élément à l'appui de son moyen. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
9. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que, en adoptant la décision attaquée, le directeur de l'Epsolor a commis une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Epsolor, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme B la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
12. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de Mme B, partie perdante, une somme de 800 euros à verser à l'Epsolor au titre des frais exposés par ce dernier et non compris dans les dépens.
13. Enfin, les conclusions présentées par l'Epsolor au titre des dépens doivent être rejetées comme dépourvues d'objet.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à l'Epsolor une somme de 800 (huit cents euros) en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'établissement public social de Lorquin.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026