jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2306003 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | RIBIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 22 août 2023 et 6 décembre 2023, M. D B et l'association pour la qualité de vie à Rosheim, représentés par la Selarl Lexio, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2023 par lequel le maire de la commune de Rosheim a délivré à la SCCV La Source Saint-Odile un permis de construire portant sur la construction d'un bâtiment d'habitat groupé de 21 logements ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Rosheim le versement, respectivement à M. B et à l'association pour la qualité de vie à Rosheim, d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 2 1AU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rosheim ;
- elle est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation portant sur la zone d'implantation du projet.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 octobre 2023 et 28 décembre 2023, la SCCV La Source-Saint-Odile, représentée par la Selarl Dôme Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B et de l'association pour la qualité de vie à Rosheim.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- l'association requérante ne justifie de la qualité de son président pour introduire la présente requête ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à la commune de Rosheim qui n'a pas produit de mémoire en défense dans le cadre de la présente instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Hsina, avocat de M. B et de l'association pour la qualité de vie à Rosheim,
- les observations de Me Verdin, avocat de la société Alsace foncier aménagement.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 28 décembre 2021, la SCCV La Source Saint-Odile a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction d'un bâtiment d'habitat groupé de 21 logements, pour une surface de plancher de 1 846 mètres carrés, sur un terrain situé rue des Maraîchers et rue Leimen, à Rosheim. Par un arrêté du 26 avril 2022, le maire de la commune de Rosheim a refusé de délivrer le permis de construire sollicité. Par un jugement du 30 mai 2023, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé l'arrêté du 26 avril 2022 et enjoint au maire de la commune de Rosheim de délivrer le permis de construire demandé. Par un arrêté du 22 juin 2023, le maire de la commune de Rosheim a accordé à la SCCV La Source Saint-Odile le permis de construire sollicité. Par la présente requête, M. B et l'association pour la qualité de vie à Rosheim demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 juin 2023.
Sur la légalité de l'arrêté du 22 juin 2023 :
2. En premier lieu, par un arrêté du 9 juin 2020, régulièrement publié, le maire de la commune de Rosheim a habilité M. C A, adjoint, à signer les décisions en matière d'urbanisme, et notamment celles relatives aux demandes de permis de construire. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2 1AU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rosheim : " Occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières () / II - Conditions de l'urbanisation / L'urbanisation de la zone ne peut être réalisée que dans le cadre d'opérations d'aménagement ou de construction satisfaisant aux conditions particulières suivantes : / - l'opération doit faire l'objet d'un schéma d'aménagement sur l'ensemble de la zone ; - l'aménagement de la zone peut se faire par tranche à condition que la réalisation de chaque tranche soit compatible avec le développement ultérieur cohérent de l'urbanisation de l'ensemble de la zone ; - la réalisation de l'opération ne doit pas provoquer la formation de terrains enclavés ou de délaissés de terrains inconstructibles ; - l'opération devra être compatible avec les orientations d'aménagement et de programmation. ".
4. Par ailleurs, l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme dispose que les projets de constructions doivent être compatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme.
5. Il est constant que le projet d'aménagement en litige ne porte pas sur les parcelles cadastrées section 14 n°s 99, 137, 138 et 236, qui sont incluses dans l'orientation d'aménagement et de programmation de la zone. Toutefois, ni les dispositions de l'orientation d'aménagement et de la programmation du secteur ni les dispositions précitées de l'article 2 1AU du règlement du plan local d'urbanisme n'imposent que l'ensemble de la zone fasse l'objet d'une seule et même opération d'aménagement. Par ailleurs, la partie restante de l'orientation d'aménagement et de programmation est composée de parcelles immédiatement contiguës les unes des autres et formant un ensemble cohérent d'une superficie de plus de 1 200 mètres carrés. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que l'accès à ces parcelles sera possible au niveau de leur extrémité sud, au droit de la rue Hohenbourg, identifiée comme le second point d'accès à la zone par l'orientation d'aménagement et de programmation. Alors que les dispositions de l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur laissent aux porteurs de projet une grande liberté quant au choix de la typologie de logements, il n'est ainsi pas sérieusement démontré qu'un développement ultérieur cohérent des parcelles non incluses dans le projet d'aménagement en litige ne pourrait pas être réalisé et que, compte tenu de la configuration des lieux et de la surface constructible restante, un tel développement ultérieur ne pourrait pas être compatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur et en accord avec les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de la zone 1AU. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions précitées de l'article 2 1AU du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rosheim doit être écarté. Pour les mêmes motifs, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet autorisé est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation de la zone.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de M. B et de l'association pour la qualité de vie à Rosheim doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Rosheim qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais liés au litige.
8. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge des requérants le paiement à la SCCV La Source Saint-Odile, d'une somme globale de
1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B et de l'association pour la qualité de vie à Rosheim est rejetée.
Article 2 : M. B et l'association pour la qualité de vie à Rosheim verseront à la SCCV La Source Saint-Odile la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à l'association pour la qualité de vie à Rosheim, à la SCCV La Source Saint-Odile et à la commune de Rosheim.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
M. Lusset, premier conseiller,
Mme Eymaron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
Le président,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026