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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2306113

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2306113

lundi 18 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2306113
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantROMMELAERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 26 et 30 août 2023, M. F B, représenté par Me Rommelaere, demande au tribunal :

1°) d'annuler les arrêtés du 25 août 2023 par lesquels la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assigné à résidence ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir, en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de supprimer son signalement du système d'information Schengen dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence de sa signataire ;

- elle est entachée de défaut de motivation et de défaut d'examen particulier de la sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- la décision refusant un délai de départ volontaire sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant interdiction de retour d'une durée de deux ans :

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant assignation à résidence :

[0]- la décision portant assignation à résidence est entachée d'incompétence de sa signataire ;

- elle est entachée de défaut de motivation et de défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la mesure d'astreinte est entachée de défaut de motivation en droit et en fait.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 août 2023 et le 1er septembre 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Richard pour statuer sur les litiges relevant des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Richard, magistrat désigné ;

- les observations de Me Rommelaere, avocate de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;

- les observations de M. B, assisté de Mme A, interprète en langue albanaise.

La préfète du Bas-Rhin n'était ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant albanais, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français le 18 janvier 2020. Il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français le 24 janvier 2020. Le 18 août 2021, il a sollicité une demande d'asile, que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté le 14 octobre 2021. M. B a fait l'objet d'une deuxième obligation de quitter le territoire français le 8 mars 2022. Le 20 septembre 2022, le requérant a sollicité le réexamen de sa demande d'asile, qui a été de nouveau rejetée par l'OFPRA le 29 septembre 2022. Le 25 août 2023, il est interpellé et placé en garde à vue pour des faits de défaut d'assurance suite à un contrôle routier. Le requérant conteste les décisions prises ce même jour par lesquelles la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assigné à résidence.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".

3. Il est constant que le requérant a formulé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. Dans ces conditions, il y a lieu de prononcer son admission d'office au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, par un arrêté du 30 juin 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin du même jour, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation de signature à M. D, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de sa direction. En cas d'absence ou d'empêchement, la délégation de signature qui lui a été conférée est exercée par M. C, attaché principal et chef du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, ou en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, par Mme E G, adjointe au chef de bureau, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus d'accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi, interdisant le retour et les décisions portant assignation à résidence. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la décision attaquée. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision contestée doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle comporte les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement et que la préfète du Bas-Rhin a procédé à un examen particulier de la situation de M. B, notamment au regard du rejet de sa demande d'asile, de son parcours et de sa vie privée et familiale, quand bien même elle ne fait pas expressément référence au contrôle judiciaire dont il fait l'objet. Les moyens tirés de l'insuffisante motivation et du défaut d'examen de sa situation ne peuvent qu'être écartés.

6. En troisième lieu, la circonstance que M. B a fait l'objet d'une mesure de contrôle judiciaire est sans influence sur la légalité de l'arrêté en litige obligeant l'intéressé à quitter le territoire français et fait seulement obligation à l'autorité préfectorale de s'abstenir à mettre à exécution cette mesure d'éloignement jusqu'à la levée par le juge judiciaire de cette mesure. Le fait qu'une personne étrangère fasse l'objet d'un contrôle judiciaire est sans incidence sur la légalité d'une mesure d'éloignement dès lors qu'une telle décision n'a pas pour objet de la soustraire aux obligations qui découlent du contrôle mais l'exécution ne pourra toutefois intervenir qu'une fois l'interdiction de quitter le territoire levée par le juge judiciaire.

7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Le requérant fait valoir qu'il est entré en France en 2020, que deux de ses trois enfants résident en Italie, qu'il a été victime d'une erreur judiciaire qui lui a valu d'être détenu provisoirement à tort pendant un an et demi et qu'il est hébergé par son cousin et bénéficie de l'aide d'une cousine pour effectuer ses démarches administratives. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant ne justifie d'aucune insertion particulière en France où sa demande d'asile a été rejetée alors qu'il a résidé habituellement dans son pays d'origine jusqu'en 2020. Il n'est toutefois entré que récemment en France après avoir résidé habituellement dans son pays d'origine où il ne justifie pas ne plus disposer d'attaches privées et familiales. Il a déclaré lors de son audition que sa " fille aînée est mariée et vie en ALBANIE comme ses deux frères " et ne justifie pas de leur présence en France. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle doit également être écarté.

Sur la légalité de la décision de refus du délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

10. Il ressort des pièces du dossier, notamment d'une ordonnance de mise en liberté du juge d'instruction près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 13 mai 2022, ainsi que de son procès-verbal d'audition pendant laquelle il a plusieurs fois fait référence à la procédure judiciaire en cours, que le requérant a fait état de sa situation particulière, à savoir qu'il faisait l'objet d'un contrôle judiciaire assorti d'obligations, notamment de pointage hebdomadaire auprès des services de police auxquelles il a déféré, et d'interdiction de sortie du territoire français, en vue d'une audience fixée le 11 septembre 2023 devant le tribunal correctionnel de Nancy. Il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que la préfète du Bas-Rhin ait pris en considération cet aspect particulier de la situation de M. B pourtant portée à sa connaissance de façon claire dans le cadre de l'audition de l'intéressé avant de décider de l'obliger à quitter le territoire sans délai de départ volontaire et sans le mettre en mesure de savoir comment respecter son obligation de quitter le territoire sans délai et son obligation de pointage et de son ordonnance de mise en liberté assortie d'un contrôle judiciaire lui imposant, en l'espèce, de ne pas sortir du département du Bas-Rhin et se présenter une fois par semaine au commissariat de Strasbourg et de répondre aux convocations du juge d'instruction et de toute personne désignée par lui. Il en va de même de la décision l'assignant à résidence laquelle ne fait pas référence aux modalités du contrôle judiciaire de M. B. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la préfète du Bas-Rhin n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation et à demander l'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire et par voie de conséquence, de l'interdiction de retour sur le territoire français découlant du refus de lui accorder un délai de départ volontaire et de l'assignation à résidence.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

12. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti de précisions suffisantes de nature à permettre d'en apprécier le bien-fondé et ce moyen ne peut dès lors qu'être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire ainsi que, par voie de conséquence, des décisions lui faisant interdiction de retour d'une durée de deux ans et l'assignant à résidence, le surplus des conclusions à fin d'annulation étant rejeté.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Compte tenu du motif d'annulation retenu, le présent jugement implique uniquement qu'il soit enjoint à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer la situation de M. B afin de prendre une décision relative au délai de départ de M. B tenant compte de son contrôle judiciaire. Il y a lieu de lui impartir un délai de deux mois à compter de la notification du jugement pour ce faire.

15. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". Selon l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement. ". Aux termes de cette dernière disposition : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas d'aboutissement de la recherche ou d'extinction du motif de l'inscription. () ".

16. Le présent jugement, qui annule l'arrêté portant interdiction de retour sur le territoire français, implique l'effacement du signalement de M. B aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de saisir les services ayant procédé à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, en vue de la mise à jour du fichier en tenant compte de cette annulation, laquelle constitue un motif d'extinction au sens de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 précité, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Sur les frais liés au litige :

17. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " En toute matière, l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle partielle ou totale peut demander au juge de condamner la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à lui payer une somme au titre des honoraires et frais, non compris dans les dépens, que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. ".

18. M. B étant admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve de l'admission définitive de l'intéressé à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Rommelaere, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rommelaere de la somme de 1 000 euros hors taxe.

D E C I D E :

Article 1 : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les décisions du 25 août 2023 de la préfète du Bas-Rhin portant refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Bas-Rhin, d'une part, de procéder au réexamen de la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et d'autre part, de faire procéder à la suppression du signalement de l'intéressé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, dans le même délai.

Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 000 (mille) euros hors taxe à Me Rommelaere, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que M. B soit admis définitivement à l'aide juridictionnelle et que Me Rommelaere renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. F B, à Me Rommelaere et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la procureure de la République près le tribunal judiciaire Strasbourg.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2023.

Le magistrat désigné,

M. RichardLa greffière,

G. Trinité

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

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