lundi 4 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2306347 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEONEM |
Vu la procédure suivante :
Mme C D, représentée par la SARL Leonem, a saisi le tribunal d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 1904041 rendu le 16 novembre 2021 qui a enjoint au centre de réadaptation spécialisé (CRS) Saint-Luc de la réintégrer sur un poste équivalent à celui de responsable des services hôteliers qu'elle occupait depuis la décision de réintégration du 3 juin 2016, au titre desquels figure notamment le poste de responsable du service " Nettoyage / Restauration ", et a mis à la charge du CRS Saint-Luc la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'exécution de ce jugement n'a pas été assurée.
Par une ordonnance du 29 septembre 2023, le président du tribunal administratif de Strasbourg a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 septembre 2023 et 9 novembre 2023, le CRS Saint-Luc, représenté par la SELARL CM. Affaires publiques, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de Mme D d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'il est dans l'impossibilité d'exécuter le jugement invoqué du fait de la démission de Mme D.
Par un mémoire complémentaire du 6 octobre 2023, Mme D demande au tribunal de prononcer les mesures permettant l'exécution du jugement.
Vu :
- le jugement du 16 novembre 2021 n° 1904041 du tribunal administratif de Strasbourg ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Guth, rapporteur public,
- et les observations de Me Canal substituant Me Maetz, avocat de Mme D et de Me Le Tily, avocat du CRS Saint-Luc.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. / () ".
2. Par jugement du 16 novembre 2021 n° 1904041, le tribunal administratif de Strasbourg a enjoint au CRS Saint-Luc de réintégrer Mme D sur un poste équivalent à celui de responsable des services hôteliers qu'elle occupait depuis la décision de réintégration du 3 juin 2016, au titre desquels figure notamment le poste de responsable du service " Nettoyage / Restauration ", et a mis à la charge du CRS Saint-Luc la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur l'exécution du jugement :
3. L'annulation de la décision ayant illégalement muté un agent public oblige l'autorité compétente à replacer l'intéressé, dans l'emploi qu'il occupait précédemment et à reprendre rétroactivement les mesures nécessaires pour le placer dans une position régulière à la date de sa mutation. Il ne peut être dérogé à cette obligation que dans les hypothèses où la réintégration est impossible, soit que cet emploi ait été supprimé ou substantiellement modifié, soit que l'intéressé ait renoncé aux droits qu'il tient de l'annulation prononcée par le juge ou qu'il n'ait plus la qualité d'agent public.
4. Le CRS Saint-Luc fait valoir qu'il est dans l'impossibilité d'exécuter le jugement mentionné ci-dessus en raison de la démission de Mme D, survenue le 17 avril 2020. Si Mme D a démissionné du CRS Saint-Luc pour rejoindre le centre hospitalier de Saverne, dans lequel elle est affectée depuis lors, il ressort des pièces du dossier que cette démission est la seule conséquence de la mutation vers un autre centre hospitalier, pour ne pas subir les conséquences de la décision prévoyant sa nouvelle affectation en qualité d'aide-soignante au sein du CRS Saint-Luc, qualifiée de sanction disciplinaire par le jugement n°1904041 du 16 novembre 2021 et annulée par le tribunal. Cette circonstance ne révèle pas, par elle-même, que Mme D aurait renoncé aux droits qu'elle tient de l'annulation prononcée par le juge. Par ailleurs, si plusieurs postes ont été fusionnés, dont l'ancien poste de Mme D, pour superviser la restauration et les responsables d'équipes des agents des services hospitaliers de l'ensemble des établissements de la direction commune entre le centre hospitalier de Saverne, le centre hospitalier de Sarrebourg, le CRS Saint-Luc et l'Ehpad de Sarre-Union, il appartenait toutefois au CRS Saint-Luc de proposer à la requérante un poste équivalent. En se bornant à faire état de ce que la requérante a renoncé au bénéfice du jugement et à soutenir qu'il lui appartient de passer des concours administratifs, il doit être regardé comme n'ayant pas satisfait à l'injonction qui lui a été faite par le tribunal.
5. Par suite, il y a lieu d'assortir la mesure d'injonction de réintégration de Mme D d'une astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme D, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que le CRS Saint-Luc demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre du CRS Saint-Luc s'il ne justifie pas avoir, dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente décision, exécuté le jugement n° 1904041 du 16 novembre 2021 et jusqu'à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte est fixé à cent euros par jour, à compter de l'expiration du délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Article 2 : Les conclusions présentées par le CRS Saint-Luc sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au centre de réadaptation spécialisé Saint-Luc.
Délibéré après l'audience du 20 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère,
M. E B, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2023
Le président rapporteur,
J. A
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
L. KALT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA01283
08/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA01974
08/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA02326
08/04/2026