jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2306754 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HASSAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 septembre 2023 et 21 mai 2024, Mme C B, représentée par Me Hassan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 30 août 2022 par laquelle le doyen de la faculté des lettres de l'université de Strasbourg a refusé sa réinscription en troisième année de licence pour l'année universitaire 2022/2023, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 26 novembre 2022 ;
2°) d'enjoindre à l'université de Strasbourg d'autoriser sa réinscription en troisième année de licence de lettres modernes ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Strasbourg la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont irrégulières faute de consultation préalable de la commission pédagogique ;
- elles sont entachées d'erreur de fait en ce que la requérante a validé sa deuxième année de licence et réussi le premier semestre de la troisième année ;
- elles sont entachées d'erreur de fait en ce qu'elles constatent à tort que la requérante a été défaillante à tous les semestres depuis trois ans ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2024, l'université de Strasbourg conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juin 2024.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- les modalités d'évaluation des connaissances et des compétences de la faculté des lettres de l'université de Strasbourg pour l'année universitaire 2022/2023 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dobry ;
- les conclusions de M. A ;
- et les observations de M. D, représentant l'université de Strasbourg.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, inscrite en troisième année de licence de lettres modernes à l'université de Strasbourg au cours de l'année universitaire 2021/2022 et défaillante au second semestre, a demandé pour l'année universitaire 2022/2023 sa réinscription en troisième année. Par la présente requête, Mme B conteste la décision du 30 août 2022 par laquelle le doyen de la faculté des lettres a rejeté sa demande, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé contre cette décision, née le 26 novembre 2022.
2. En premier lieu, Mme B soutient que la commission pédagogique aurait dû être consultée avant qu'un refus de réinscription lui soit opposé et que le doyen de la faculté de lettre n'était ce faisant pas compétent pour prendre la décision contestée.
3. Les modalités d'évaluation des connaissances et des compétences de la faculté des lettres de l'université de Strasbourg prévoient que : " Tout étudiant peut acquérir les unités d'enseignement constitutives de son cursus, de manière progressive, année après année, dans la limite de six inscriptions annuelles dans la même mention, dont trois dans la 1e année du diplôme. / Au-delà, toute inscription supplémentaire est soumise à l'autorisation du responsable de la formation après consultation de la commission pédagogique, selon une procédure adoptée par le Conseil de composante. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que la consultation de la commission pédagogique n'est requise que lorsqu'il est envisagé, par dérogation au principe d'une limitation à six inscriptions dans la même mention, de délivrer à l'étudiant une autorisation d'inscription supplémentaire. Une telle consultation n'est, à l'inverse, pas requise lorsque le responsable de la formation oppose un refus à la demande d'inscription supplémentaire. Mme B, qui a déjà été inscrite à neuf reprises en licence de lettres modernes, n'est dès lors pas fondée à soutenir que le doyen de la faculté des lettres ne pouvait pas régulièrement prendre la décision de refus d'autorisation contestée sans consultation préalable de la commission pédagogique.
5. En deuxième lieu, si la décision du 30 août 2022 constate à tort que Mme B n'a pas dépassé le stade de la deuxième année de licence et n'a validé aucun semestre depuis trois ans, alors qu'elle a validé le premier semestre de la troisième année de licence au cours de l'année universitaire 2019/2020, il résulte de l'instruction que le doyen de la faculté de lettres aurait pris la même décision sans ces erreurs de fait. Ces dernières sont donc sans incidence sur la légalité de la décision du 30 août 2022.
6. En troisième lieu, Mme B fait valoir que les décisions contestées ne tiennent pas compte de ses problèmes de santé. Toutefois, d'une part, à considérer ces problèmes de santé comme avérés, ce que l'université ne conteste pas, Mme B n'établit pas qu'elle en aurait informé l'université lors de ses précédentes inscriptions ni cherché à obtenir un aménagement de sa scolarité en conséquence. D'autre part, il est constant que la requérante a été inscrite neuf années consécutives en licence de lettres, dont deux fois en première année, quatre fois en deuxième année et trois fois en troisième année. Au regard de ces circonstances, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les décisions contestées, lui refusant une quatrième inscription en troisième année de licence soit une dixième inscription dans la mention, sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des décisions des 30 août et 26 novembre 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à l'université de Strasbourg et à Me Hassan.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Merri, première conseillère,
Mme Dobry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La rapporteure,
S. DOBRY
Le président,
P. REES La greffière,
V. IMMELE
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026