lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2306908 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ROMMELAERE |
Vu :
- le recours préalable obligatoire formé par Mme A B par courrier en date du 26 septembre 2023 à l'encontre de la décision de l'office français de l'immigration et de l'intégration du 25 août 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 13 octobre 2023 en présence de M. Lienhart, greffier d'audience, M. Laubriat a lu son rapport et entendu les observations de Me Rommelaere, pour Mme A B, qui a conclu aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans ses écritures.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante angolaise, est entrée sur le territoire français le 9 février 2019 accompagnée de ses deux filles alors âgées de 10 et 7 ans. Le 29 avril 2019, elle a déposé une demande d'asile. Elle a dans un premier temps été placée en procédure Dublin avant que sa demande d'asile ne soit finalement instruite et enregistrée selon la procédure normale. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile par une décision du 28 septembre 2022, confirmée par la cour nationale du droit d'asile par une décision lue le 27 juin 2023.Le 25 août 2023, Mme A B a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. Par une décision du 25 août 2023, la directrice territoriale de l'office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. La requérante demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé ou en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. Elle est accordée de plein droit au demandeur et au défendeur lorsque la procédure concerne la délivrance d'une ordonnance de protection. /L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Eu égard à l'urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme A B à l'aide juridictionnelle.
Sur les autres demandes :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
5. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. Pour justifier de l'urgence de sa situation, Mme A B fait valoir que la décision contestée la place ainsi que ses trois enfants, âgés à ce jour de 14 et 11 ans et 8 mois, dans un état d'isolement et de précarité se traduisant par une absence d'accès aux besoins élémentaires.
7. D'une part, aux termes de l'article L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2. / () ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article ; () ". L'article L. 531-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut prendre une décision d'irrecevabilité écrite et motivée, sans vérifier si les conditions d'octroi de l'asile sont réunies, dans les cas suivants : () 3° En cas de demande de réexamen lorsque, à l'issue d'un examen préliminaire effectué selon la procédure définie à l'article L. 531-42, il apparaît que cette demande ne répond pas aux conditions prévues au même article. () ".
8. Il résulte de l'instruction que par une décision du 13 septembre 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande de Mme A B de réexamen de sa demande d'asile comme irrecevable sur le fondement des dispositions précitées des articles L. 542-2 et L. 531-42 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme A B ne bénéficiant dès lors plus du droit de se maintenir sur le territoire français, elle n'était donc plus éligible à compter du 13 septembre 2023, date de la décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, aux conditions matérielles d'accueil, et cela alors même qu'elle a formé un recours auprès de cour nationale du droit d'asile contre ladite décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides.
9. D'autre part, le refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ne fait pas obstacle à l'application des dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'action sociale et des familles relatives à l'aide médicale de l'Etat ou de l'article L. 345-2-2 du même codes relatifs à l'hébergement d'urgence. Mme A fait valoir que si elle est actuellement prise en charge par les services du 115, elle se trouvera à la rue à compter du 30 septembre 2023. Elle ne fournit toutefois aucun justificatif à l'appui de ses allégations. En tout état de cause, elle n'établit pas avoir sollicité auprès des autorités locales sa mise à l'abri après la décision de l'office français de l'immigration et de l'intégration lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Elle n'établit pas davantage ne pas pouvoir bénéficier de l'aide médicale d'Etat pour la prise en charge financière des traitements qui lui sont nécessaires.
10. Enfin, il résulte de l'instruction que Mme A B n'est pas isolée en France, le père de son troisième enfant séjournant également sur le territoire français. Si la requérante fait valoir que ce dernier vit désormais à Paris, elle ne l'établit pas alors qu'il résulte de l'acte de naissance produit au dossier qu'au 15 janvier 2023, date de naissance de son troisième enfant, le père avait déclaré vivre à Strasbourg. Par ailleurs, et en tout état de cause, elle n'établit pas que le père de son enfant ne serait pas en mesure de l'assister.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A B ne caractérise aucune situation d'urgence particulière justifiant que le juge se prononce à bref délai au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu, sans qu'il y ait besoin pour le juge des référés de se prononcer sur l'existence d'un moyen susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée du 25 août 2023, de rejeter, pour défaut d'urgence, la requête de Mme A B en toutes ses conclusions dont celles présentées au titre des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E
Article 1 : Mme A B est admise, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B, à Me Rommelaere et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Strasbourg.
Fait à Strasbourg, le 16 octobre 2023
Le juge des référés,
A. Laubriat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026