jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2307198 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | AMBROSI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 10 octobre 2023 et 12 mars 2024, M. C B, représenté par Me Ambrosi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2023 par lequel le maire de Metz a délivré à la SCCV Emeraude un permis de construire pour la construction d'un bâtiment comportant vingt-trois logements collectifs sur un terrain situé 58 rue des Loges, ainsi que la décision du 9 août 2023 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Metz et de la SCCV Emeraude une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet à défaut de joindre la notice prévue à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme et le plan de coupe prévu au b) de l'article R. 431-10 de ce code ;
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ;
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article UB 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz relatif à la hauteur maximale des constructions ;
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz ;
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'aires de stationnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, la SCCV Emeraude, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SCCV Emeraude soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2024, la commune de Metz, représentée par la SELAS Olszak et Levy, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Metz soutient que :
- la requête est irrecevable faute pour M. B de justifier d'un intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction immédiate a été prononcée par une ordonnance du 28 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Malgras,
- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Ambrosi, avocate de M. B,
- les observations de Me Chezeau-Launay, substituant Me Debus, avocate de la commune de Metz,
- et les observations de Me Gillig, avocat de la SCCV Emeraude.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 décembre 2022, la SCCV Emeraude a déposé une demande de permis de construire en vue de réaliser un bâtiment comportant vingt-trois logements collectifs, de type R+4+attique, d'une surface de plancher de 1 594 m2, sur un terrain cadastré section TB parcelle n° 30 situé 58 rue des Loges à Metz. Par un arrêté du 7 juin 2023, le maire de Metz a délivré le permis sollicité. M. B, propriétaire d'une maison d'habitation située 11 rue Auguste Dornes à Metz, a formé un recours gracieux contre cet arrêté le 4 août 2023, qui a été rejeté par une décision du 9 août 2023. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 juin 2023 ainsi que la décision du 9 août 2023 rejetant son recours gracieux.
Sur la légalité des décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme dispose que : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". L'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales dispose en outre que : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa version en vigueur à la date à laquelle a été pris l'arrêté de délégation : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage () ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 27 novembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la ville de Metz de décembre 2020, le maire de Metz a délégué ses fonctions et sa signature à M. Dap, conseiller délégué, pour les affaires relevant de l'urbanisme. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que M. Dap, signataire de l'arrêté attaqué, ne bénéficiait d'aucune délégation de compétence à cette fin.
4. En deuxième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; () ". Aux termes de l'article R. 431-8 de ce code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". L'article R. 431-10 de ce code dispose en outre que : " Le projet architectural comprend également : () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () ".
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la notice prévue à l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme précité a été jointe par le pétitionnaire au dossier de demande de permis de construire. D'autre part, s'il est vrai que le dossier de demande de permis de construire en litige ne comprend pas de plan de coupe, il comporte toutefois plusieurs plans représentant l'implantation de la construction envisagée par rapport au profil du terrain, qui ont permis à la commune de se faire une idée exacte de l'implantation de la construction projetée par rapport à celui-ci. Par suite, le requérant, qui n'indique en tout état de cause pas au regard de quelle réglementation le service instructeur n'aurait pu apprécier la conformité du projet, n'est pas fondé à soutenir que le dossier de demande de permis de construire est entaché d'insuffisance. Il en résulte que le moyen articulé en ce sens doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " () Toute construction doit être implantée en retrait de 4m minimum par rapport à l'alignement ou à la limite qui s'y substitue et respecter toute marge de recul particulière. - Toutefois, une implantation différente peut être autorisée pour des raisons architecturales, lorsque la nouvelle construction vient s'accoler à une construction existante conformément aux dispositions de l'article 7, et que cette dernière participe harmonieusement à la composition de la rue () Toute construction principale doit être réalisée dans une bande de 24m à partir de l'alignement ou de la limite qui s'y substitue, ou de 20m à partir de la marge de recul tracée au règlement graphique. Cette bande de constructibilité peut être sans objet dans le cas d'unité foncière d'une superficie au moins égale à 2500 m² ou qui nécessite une adaptation du fait de leur configuration, afin de permettre et ou de faciliter la réalisation d'un ensemble architectural et urbain cohérent sur ces terrains. Une attention particulière mais non exclusive devra être portée sur les cœurs d'îlots. La superficie de 2500 m² précitée peut être atteinte ou dépassée en tenant compte de l'unité foncière globale, y compris lorsque celle-ci est située dans le périmètre de plusieurs zones U et/ou AU, dès lors que le règlement de chacune des zones concernées prévoit cette disposition ".
8. Le requérant fait valoir que les dispositions citées au point précédent sont méconnues dès lors d'une part que la façade de la construction projetée, située en zone UBC, s'implante non pas en retrait de 4 mètres par rapport à l'alignement de la rue mais en retrait de 3,94 mètres seulement et, d'autre part, que ses balcons sont situés à environ 1,90 mètres de cet alignement.
9. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et en particulier du plan du rez-de-chaussée général, du plan de masse PC 2b et des perspectives d'insertion, que la construction projetée est implantée dans la continuité d'une construction existante, à laquelle elle s'accole, qui comporte des balcons en saillie depuis le nu de la façade empiétant eux aussi sur la bande des 4 mètres par rapport à l'alignement de la rue des Loges. Eu égard à cette configuration et aux caractéristiques architecturales respectives de ces bâtiments, l'implantation du projet décrite au point 8 peut être regardée comme participant harmonieusement à la composition de la rue, ce qui justifie qu'elle déroge à la règle des 4 mètres de recul. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz, pour l'application desquelles aucune demande de dérogation particulière n'était d'ailleurs requise de la part de la société pétitionnaire, doit être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " 7.1. Dispositions communes : ' Lorsqu'il existe, jouxtant la ou les limites séparatives, un ou des murs pignons appartenant aux constructions principales des parcelles voisines, toute construction nouvelle à l'exception de l'extension d'une construction principale, est implantée prioritairement sur cette ou ces limites. Cette implantation est obligatoire sur rue pour les étages courants. A des raisons de cohérence architecturale et urbaine, et sous réserve des dispositions de l'article 6, il peut être exigé : - Le recouvrement des murs pignons par la nouvelle construction, - que la nouvelle construction ait la même limite d'implantation arrière. ' Lorsqu'il n'existe pas de mur pignon en attente, la nouvelle construction peut être implantée en limite séparative de propriété. Au-delà d'une profondeur de 15m, les constructions doivent être réalisées en retrait par rapport aux limites séparatives. Toutefois les constructions en rez-de-chaussée jouxtant les limites séparatives peuvent être autorisées. ' A toute partie de construction réalisée en retrait par rapport aux limites séparatives, la distance comptée horizontalement de tout point du bâtiment au point le plus proche des limites doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points (L = H/2), et jamais inférieure à 3m () ". Il résulte de ces dispositions que la distance devant être respectée par rapport aux limites séparatives de propriété pour l'implantation des bâtiments doit être calculée, non en se bornant à constater la hauteur totale d'une construction en son point le plus élevé, mais de manière glissante, en tenant compte des retraits éventuels de la façade de ce bâtiment.
11. Il ressort du dossier de demande de permis et en particulier du plan de masse projeté et du plan de la façade Est, que le garde-corps d'une hauteur de 9,03 mètres situé en limite séparative Sud est implanté à 4,57 mètres du point le plus proche de cette limite séparative, et respecte ainsi les dispositions relatives à l'implantation des constructions dont il résulte que la distance minimale à respecter est en l'espèce de 4,515 mètres. Il ressort en outre de ces mêmes pièces que la hauteur à l'acrotère en limite séparative Nord est de 10,89 mètres de sorte que la distance minimale à respecter avec cette limite séparative doit être de 5,44 mètres. La distance approchant en l'espèce les 6 mètres, ce point de la construction respecte les dispositions précitées. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Metz doit être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article UB 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz relatif à la hauteur maximale des constructions : " 10.1. - Dispositions communes () ' La hauteur des constructions comptée au niveau de la chaussée à l'égout du toit, doit être inférieure ou égale à la distance comptée horizontalement entre le nu de la façade ou l'alignement et le point le plus proche de l'alignement opposé ou de la limite qui s'y substitue. Une tolérance de 2m est admise afin de pouvoir réaliser un nombre entier d'étages droits. Toutefois : - cette disposition ne s'applique pas au secteur UBE. - ces règles de hauteur relative ne s'appliquent pas aux bâtiments dont la hauteur est égale ou inférieure à R+3 ; - lorsque les bâtiments riverains existants excèdent la hauteur autorisée, le nouveau bâtiment pourra s'inscrire dans l'héberge du bâtiment riverain le plus haut et adopter la même hauteur de corniche, à condition de ne pas nuire à la composition générale du front de rue ; - lorsque la construction est édifiée à l'angle de deux voies, d'inégale largeur, il est admis que sur une longueur qui n'excède pas 15 m, le bâtiment puisse avoir sur la rue la plus étroite la même hauteur que sur la voie la plus large. () 10.2. - Dispositions relatives à certains secteurs : () ' Dans le secteur UBC, la hauteur des constructions comptée du niveau de la chaussée à l'égout du toit ne doit pas dépasser quatre étages au-dessus du rez-de-chaussée (R+4) à concurrence de 16 m. A les constructions nouvelles, un seul niveau de combles peut être aménagé () ".
13. D'une part, il résulte des dispositions précitées que le calcul de la distance avec l'alignement opposé s'effectue à partir du nu de la façade et exclut donc la prise en compte des balcons.
14. D'autre part, l'article 7 du plan local d'urbanisme de Metz précise que dans le cas de combles en attique, comme en l'espèce, la hauteur mesurée à l'égout du toit est celle au niveau de la dalle haute du dernier étage plein. Dès lors, contrairement à ce que soutient le requérant, la dalle haute précitée ne correspond pas à l'acrotère qui est défini par ce même plan local d'urbanisme comme " un élément de façade situé au-dessus de l'égout du toit " et qui " constitue un rebord ou un garde-corps plein ou à claire voie ".
15. Enfin, il ressort des pièces du dossier et en particulier du plan de masse avec altimétrie que le bâtiment envisagé, en R+4 et situé dans le secteur UBC, présente une hauteur maximale de 14,60 mètres, inférieure, après application de la tolérance de 2 mètres, à la distance comptée horizontalement entre le nu de la façade et le point le plus proche de l'alignement opposé, qui s'établit à 15,24 mètres au plus. En tout état de cause, il ne dépasse pas 16 mètres.
16. Compte-tenu de ce qui vient d'être exposé aux points 13 à 15, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz doit être écarté.
17. En sixième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, reprises par l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
18. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte aux lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. A rechercher l'existence d'une atteinte à un site ou paysage de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient au juge d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. A apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il lui appartient de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.
19. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies versées par les parties, du document graphique d'insertion et de la notice descriptive jointe au dossier de demande de permis de construire, que le projet est situé en zone UBC3 du plan local d'urbanisme de Metz, dans un environnement à dominante résidentielle, au sein d'une zone urbaine marquée par un tissu urbain composé de maisons de type R+1 à R+4 et de bâtiments de logements collectifs de type R+3 et R+4, ne présentant pas d'harmonie ni d'intérêt architectural particuliers et ne bénéficiant d'aucune protection au document d'urbanisme. Par ailleurs, le projet, consistant à édifier, dans la continuité du bâtiment voisin de type R+4+combles qui présente une hauteur et un gabarit similaires, une résidence collective de vingt-trois logements de type R+4+attique présentant une hauteur de 20,03 mètres au faîtage et comportant des façades réalisées principalement en enduit minéral ton pierre claire, beige clair ou parement pierre ainsi qu'une toiture en tuiles béton anthracites, n'apparaît pas en rupture architecturale avec le bâti environnant. Il n'est donc pas de nature à porter atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le maire de Metz a entaché les décisions attaquées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de celles de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz.
20. En septième et dernier lieu, l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'aires de stationnement dispose que : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable peut imposer la réalisation d'installations propres à assurer le stationnement des véhicules de toutes catégories correspondant aux caractéristiques du projet hors des voies publiques ou privées destinées à entrer dans le domaine public, dans les conditions fixées à la fin du présent règlement ".
21. Il est constant que le projet, situé en zone " hors centre ", nécessite en vertu de l'annexe aux articles 12 du plan local d'urbanisme, la création de 42 places de stationnement. Il ressort à cet égard des pièces du dossier que d'une part, 29 places sont prévues à l'arrière du bâtiment projeté et une place PMR à l'avant et que, d'autre part, contrairement à ce que soutient le requérant, le plan du rez-de-chaussée général matérialise les 12 places restantes et non seulement 6. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Metz doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Metz, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 juin 2023 et de la décision du 9 août 2023 attaqués.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la SCCV Emeraude et de la commune de Metz qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, le versement de la somme que le requérant demande au titre des frais liés au litige.
24. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge du requérant le paiement d'une somme de 1 000 euros à verser respectivement à la commune de Metz et à la SCCV Emeraude.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Metz une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. B versera à la SCCV Emeraude une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la SCCV Emeraude et à la commune de Metz.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Malgras, première conseillère,
Mme Eymaron, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
S. MALGRAS
La présidente,
A. DULMET
La greffière,
H. CHROAT
La République mande et ordonne à au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
A expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026