vendredi 24 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2307546 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique (6) |
| Avocat requérant | ROUSSEL |
Vu la procédure suivante :
Par deux requêtes enregistrées le 23 octobre 2023 sous les numéros 2307546 et 2307547, M. B et Mme F C, représentés par Me Roussel, demandent au tribunal :
1°) avant dire-droit, de suspendre l'exécution des décisions les obligeant à quitter le territoire français jusqu'à la lecture en audience publique des décisions de la Cour nationale du droit d'asile ou, le cas échéant, jusqu'à la date de notification des ordonnances de ladite Cour ;
2°) d'annuler les arrêtés du 27 septembre 2023 par lesquels le préfet du Haut-Rhin les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé à leur encontre des interdictions de retour sur le territoire français d'une durée d'un an à compter de l'exécution des obligations de quitter le territoire français ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de leur délivrer à chacun un titre de séjour, le cas échéant une attestation de demande d'asile ;
4°) A défaut, d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de réexaminer leurs situations dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et de leur délivrer durant le temps de ce réexamen des autorisations provisoires de séjour.
Ils soutiennent que :
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire :
- leur signataire était incompétent ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les décisions portant fixation du pays de destination :
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
- le prononcé à leur encontre d'interdictions de retour n'est pas justifié.
Par des mémoires en défense enregistrés le 10 novembre 2023, le Préfet du Haut-Rhin conclut au rejet des requêtes.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article L.614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 17 novembre 2023 le rapport de M. D, magistrat-désigné ;
Les parties, régulièrement convoquées, n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C, ressortissants géorgiens, sont entrés en France le 1er septembre 2022 avec leurs trois enfants. Ils ont déposé des demandes d'asile qui ont été rejetées le 31 mars 2023 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides statuant selon la procédure accélérée. Le 27 avril 2023, Mme C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé et M. C une autorisation provisoire de séjour pour rester à ses côtés. Par deux arrêtés du 27 septembre 2023, le préfet du Haut-Rhin a refusé de les admettre au séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé à leur encontre des interdictions de retour sur le territoire français d'une durée d'un an à compter de l'exécution des obligations de quitter le territoire français. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. et Mme C demandent au tribunal administratif avant dire-droit de suspendre l'exécution des décisions les obligeant à quitter le territoire français et d'annuler ces arrêtés.
Sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français :
2. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ".
3. M. et Mme C n'apportent aucun élément sérieux de nature à justifier leur maintien sur le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile statue sur leurs recours. Par suite, leurs demandes tendant à la suspension de l'exécution des mesures d'éloignement prises à leur encontre ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu par un arrêté du 21 août 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à M. E, directeur de l'immigration, de la citoyenneté et de la légalité, et, en son absence ou en cas d'empêchement, à M. A, chef du service de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer les mesures en matière de police des étrangers. Il n'est ni établi, ni même allégué que M. E n'aurait pas été absent ou empêché à la date de signature des arrêtés attaqués. Dès lors, le moyen tiré de ce que M. A n'aurait pas été compétent pour signer les décisions en litige manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, pour obliger M. et Mme C à quitter le territoire français, le préfet du Haut-Rhin, après avoir visé les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pertinentes, a rappelé les principaux éléments de leur situation administrative et personnelle respective, notamment qu'ils sont de nationalité géorgienne, qu'ils sont entrés en France le 1er septembre 2022 avec leurs trois enfants, que leurs demandes d'asile ont été rejetées le 31 mars 2023 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides statuant selon la procédure accélérée, qu'ils ne disposent dès lors plus du droit de se maintenir en France, que le 27 avril 2023, Mme C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé et M. C une autorisation provisoire de séjour pour rester à ses côtés et que le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration a estimé dans son avis émis le 31 juillet 2023 que si l'état de santé de Mme C nécessite une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et son état de santé lui permet de voyager vers son pays d'origine. Le préfet a déduit de l'ensemble de ces éléments que les intéressés ne pouvaient prétendre à être admis au séjour à quelque titre que ce soit. Le préfet a relevé enfin que M. et Mme C n'établissent pas avoir noué des liens particulièrement forts avec la France, ni ne pas disposer d'attaches hors de France. Les décisions contestées comportent ainsi l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui les fondent et sont par suite suffisamment motivées.
6. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que les décisions faisant obligation à M. et Mme C de quitter le territoire français méconnaitraient les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant dès lors que ces décisions, par elles-mêmes, n'impliquent pas le retour des intéressés dans leur pays d'origine.
En ce qui concerne les décisions portant fixation du pays de destination ;
7. Aux termes des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile se substituant à celles désormais abrogées de l'article L. 513-2 : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Ce dernier texte énonce que " nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
8. M. et Mme C, dont les demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 mars 2023, ne produisent aucun élément suffisamment probant de nature à établir qu'ils encourraient des risques les visant personnellement en cas de retour dans leur pays d'origine. Dès lors, les moyens tirés de ce que les décisions attaquées auraient été prises en violation des stipulations et dispositions précitées ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
9. L'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
10. Il ne ressort pas des pièces des dossiers qu'au regard de la présence très récente de M. et Mme C en France et de l'absence de tout lien particulièrement stable ou intense et alors même qu'ils n'ont pas fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement et ne présentent pas de menaces pour l'ordre public, les décisions leur faisant interdiction de revenir en France pendant une durée d'un an seraient entachées d'erreur d'appréciation dans leur principe ou leur durée.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions des requêtes de M. et Mme C à fin d'annulation et de suspension ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : Les requêtes de M. et Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme F C et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
A. D
Le greffier,
JF. Lienhart
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J.F Lienhart
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026