lundi 15 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2307613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | ALEXANDRE - LÉVY - KAHN - BRAUN & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et mémoire, enregistrés le 25 octobre 2023 et le 11 janvier 2024, M. A B, représenté par la SELARL CDA Joly et Oster, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2023 par lequel le maire de la commune de Mollkirch a prononcé la liquidation partielle des astreintes prévues par l'arrêté de péril ordinaire du 21 février 2023 visant le bâtiment B sis 25-29 A route de la Chapelle à Mollkirch ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mollkirch une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 511-11 du code de la construction et de l'habitation en ce qu'elle aurait dû être précédée d'un arrêté prévoyant une astreinte, distinct de celui du 21 février 2023 portant mise en sécurité ;
- l'arrêté du 21 février 2023 de mise en sécurité ne pouvait pas servir de base légale à la décision attaquée en ce que sa mention relative aux astreintes n'est qu'informative ;
- en liquidant une astreinte sur la base d'un montant disproportionné la décision attaquée ne développe aucune motivation ;
- le montant de l'astreinte est injustifié en ce que qu'il a déposé le 21 janvier 2023 une déclaration préalable de travaux visant à modifier l'aspect de la grange à laquelle la commune ne s'est pas opposée, qu'il est confronté à la mauvaise foi de son voisin concernant l'utilisation de la servitude de passage pour exécuter les travaux prescrits, que la grange et la partie habitation ne sont pas habitées et sont sécurisées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2024, présenté par Me Levy, la commune de Mollkirch, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
Par ordonnance du 13 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 janvier 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gros,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteur public,
- et les observations de Me Weis, représentant M. B, et de Me Laumin,, substituant Me Levy et représentant la commune de Mollkirch.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est propriétaire d'un bien immobilier sis 25-29 A route de la Chapelle à Mollkirch, constitué d'un bâtiment B divisé en une grange et une maison d'habitation. Le 21 février 2023, le maire de la commune de Mollkirch a prononcé un arrêté de mise en sécurité prescrivant à M. B d'effectuer des travaux de curage de la grange ainsi que de prévoir un étayage préventif complet et une réparation complète de la maison d'habitation, dans un délai de trois mois sous astreinte de 50 euros par jour de retard. Par arrêté du 18 septembre 2023, le maire de la commune de Mollkirch a procédé à la liquidation partielle de l'astreinte prévue par l'arrêté du 21 février 2023 pour un montant de 4 500 euros correspondant à la période du 24 mai au 22 août 2023. Par sa requête, M. B conclut à l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 511-11 du code de la construction et de l'habitation : " L'autorité compétente prescrit, par l'adoption d'un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité, la réalisation, dans le délai qu'elle fixe, de celles des mesures suivantes nécessitées par les circonstances : 1° La réparation ou toute autre mesure propre à remédier à la situation y compris, le cas échéant, pour préserver la solidité ou la salubrité des bâtiments contigus ; 2° La démolition de tout ou partie de l'immeuble ou de l'installation ; 3° La cessation de la mise à disposition du local ou de l'installation à des fins d'habitation ; 4° L'interdiction d'habiter, d'utiliser, ou d'accéder aux lieux, à titre temporaire ou définitif. / L'arrêté mentionne d'une part que, à l'expiration du délai fixé, en cas de non-exécution des mesures et travaux prescrits, la personne tenue de les exécuter est redevable du paiement d'une astreinte par jour de retard dans les conditions prévues à l'article L. 511-15, et d'autre part que les travaux pourront être exécutés d'office à ses frais (). ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 511-15 du même code : " I. -Lorsque les mesures et travaux prescrits par l'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité n'ont pas été exécutés dans le délai fixé et sauf dans le cas mentionné à la première phrase du dernier alinéa de l'article L. 511-11, la personne tenue de les réaliser est redevable d'une astreinte dont le montant, sous le plafond de 1 000 euros par jour de retard, est fixé par arrêté de l'autorité compétente en tenant compte de l'ampleur des mesures et travaux prescrits et des conséquences de la non-exécution. ". Aux termes du dernier alinéa du même article : " Lorsque l'immeuble ou le logement devient inoccupé et libre de location après la date de l'arrêté pris sur le fondement du premier alinéa, dès lors qu'il est sécurisé et ne constitue pas un danger pour la santé ou la sécurité des tiers, la personne tenue d'exécuter les mesures prescrites n'est plus obligée de le faire dans le délai fixé par l'arrêté. L'autorité compétente peut prescrire ou faire exécuter d'office, aux frais de cette personne, toutes mesures nécessaires pour empêcher l'accès et l'usage du lieu, faute pour cette dernière d'y avoir procédé. Les mesures prescrites doivent, en tout état de cause, être exécutées avant toute nouvelle occupation, remise à disposition ou remise en location, sous peine des sanctions prévues à l'article L. 511-22. "
3. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que le prononcé d'une liquidation d'astreintes en application des dispositions de l'article L. 511-15 du code de la construction et de l'habitation soit subordonné à l'édiction d'un arrêté distinct de celui de mise en sécurité prévoyant ces astreintes pris sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 511-11 du même code.
4. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne résulte pas davantage des dispositions précitées au point 2 que la mention d'astreintes faite par l'arrêté de mise en sécurité revête un caractère informatif ne pouvant servir de base légale au prononcé de leur liquidation.
5. En troisième lieu, la décision attaquée, qui se borne à tirer les conséquences en matière de liquidation de l'astreinte prévue par l'arrêté du 21 février 2023, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation ne peut qu'être écarté.
6. En dernier lieu, s'il résulte de l'instruction qu'à la date du présent jugement, aucun des travaux prescrits par l'arrêté de mise en sécurité du 21 février 2023 n'a été réalisé par M. B, ce dernier a déposé le 21 janvier 2023 une déclaration préalable de travaux visant à modifier l'aspect de la grange à laquelle la commune ne s'est pas opposée. Par ailleurs, son voisin s'oppose à l'utilisation de la servitude de passage existant à son profit pour l'exécution des travaux sous réserve de la signature d'une nouvelle convention. En outre, il résulte du jugement du tribunal du même jour que l'arrêté de mise en sécurité, en tant qu'il prévoit des travaux pour la partie habitation, est illégal. Enfin, il est constant que tant la grange que la partie habitation du bâtiment sont inoccupées. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment des clichés de l'expertise du 19 octobre 2022, que les barrières mises en place soient suffisantes pour que la grange ne constitue plus un danger pour les tiers. Par suite, eu égard à l'ensemble de ces éléments, le montant de l'astreinte liquidée par le maire de la commune de Mollkirch présent un caractère disproportionné. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de décharger le requérant de la moitié de l'astreinte liquidée par l'arrêté du maire de la commune de Mollkirch du 18 septembre 2023.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B et de la commune de Mollkirch présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est déchargé de l'astreinte liquidée par le maire de la commune de Mollkirch, par arrêté du 18 septembre 2023, à hauteur de la somme de 2 250 (deux mille deux cent cinquante) euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Mollkirch.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2024.
Le rapporteur,
T. GROS
Le président,
C. CARRIER Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026