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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2307773

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2307773

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2307773
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSONNENMOSER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 31 octobre 2023 et 15 avril 2024, la société par actions simplifiées Boulle et la société civile de construction vente Vanille, représentées par la SELAS Olszak et Levy, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 31 août 2023 par lequel le maire de la commune de Stutzheim-Offenheim a refusé de délivrer à la société Boulle le permis d'aménager PA 067 485 23 R0001 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Stutzheim-Offenheim de délivrer le permis d'aménager sollicité à la société Boulle, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Stutzheim-Offenheim une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- l'arrêté en litige est entaché d'une insuffisance de motivation, en ce qui concerne la gestion des eaux pluviales, les prescriptions d'archéologie préventive et la prétendue fraude ;

- il est entaché d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation, dès lors que le projet en litige est conforme aux dispositions de l'article 3.4.-1AU du plan local d'urbanisme ;

- il est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 425-11 du code de l'urbanisme ;

- l'attestation fournie au titre de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme n'est pas entachée de fraude ;

- l'opération projetée n'est pas de nature à compromettre le développement ultérieur de la zone.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 mars, 15 mars et 20 mai 2024, la commune de Stutzheim-Offenheim, représentée par l'AARPI Sonnenmoser Steinmann, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des sociétés Boulle et Vanille la somme de 2 500 euros chacune en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la société civile de construction vente Vanille n'a pas intérêt à agir ;

- l'arrêté en litige est motivé ;

- en tout état de cause elle aurait pris la même décision en l'absence de méconnaissance des prescriptions d'archéologie préventives ;

- le projet en litige méconnaît les dispositions de l'article 3.4. - 1AU du plan local d'urbanisme ;

- le projet en litige méconnaît l'article L. 425-11 du code de l'urbanisme ;

- le permis d'aménager litigieux a été obtenu par fraude ;

- l'opération projetée est de nature à compromettre le développement ultérieur de la zone.

Par ordonnance du 12 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 12 juillet 2024.

Sur le fondement des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, des pièces ont été produites, à la demande du tribunal, par la commune de Stutzheim-Offenheim le 23 septembre 2024, qui ont été communiquées à la société Boulle en application des mêmes dispositions.

Par un courrier, enregistré le 4 octobre 2024, qui n'a pas été communiqué, la société Boulle a présenté ses observations en réponse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Léa Perabo Bonnet,

- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,

- les observations de Me Olszak, avocat des sociétés Boulle et Vanille,

- les observations de Me Steinmann, avocate de la commune de Stutzheim-Offenheim.

Considérant ce qui suit :

1. Le 2 juin 2023, la société civile de construction vente (SCCV) Vanille a déposé une demande de permis d'aménager en vue de créer un lotissement de 9 lots sur un terrain sis rue des Eglantiers à Stutzheim-Offenheim. Par un envoi de pièces complémentaires du 27 juillet 2023, l'aménageur a substitué la société Boulle à la société Vanille. Par un arrêté du 31 août 2023, dont les sociétés Vanille et Boulle demandent l'annulation, le maire de Stutzheim-Offenheim a refusé de délivrer le permis d'aménager sollicité.

Sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt à agir de la SCCV Vanille :

2. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté, que la SCCV Vanille a renoncé à solliciter le permis d'aménager en litige, que la société Boulle, lors d'un envoi de pièces complémentaires du 27 juin 2023, a indiqué qu'elle sollicitait le permis d'aménager en lieu et place de la société Vanille, que la décision attaquée oppose un refus de délivrance du permis à la société Boulle et enfin que les requérantes demandent au tribunal d'enjoindre au maire de délivrer le permis d'aménager à la société Boulle. Dans ces conditions, la société Vanille ne justifie pas d'un intérêt à agir pour solliciter l'annulation de la décision attaquée. Toutefois, dès lors que la SAS Boulle, pétitionnaire du permis d'aménager refusé, dispose d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté contesté, la requête est recevable.

Sur la légalité du refus de permis d'aménager du 31 août 2023 :

En ce qui concerne les dispositions de l'article 3.4. 1AU du plan local d'urbanisme intercommunal du Kochersberg et de l'Ackerland :

3. Aux termes des dispositions de l'article 3.4. 1AU du plan local d'urbanisme intercommunal : " 2. Eaux pluviales : / Pour toute nouvelle construction, y compris les extensions des bâtiments existants (mais hors rénovations de ceux-ci), la mise en place de dispositifs de gestion des eaux pluviales est obligatoire, et devra être réalisée conformément à la règlementation en vigueur. / Les aménagements nécessaires à la gestion des eaux pluviales doivent être adaptés au terrain et à l'opération. Si nécessaire, ces aménagements devront être complétés par un dispositif de prétraitement adapté conformément à la réglementation en vigueur. / Tout projet de construction devra prendre en compte, le cas échéant, la problématique de gestion des eaux de ruissellement pouvant venir de l'amont. "

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du programme des travaux déposé par la société pétitionnaire, que les eaux pluviales des voiries seront gérées à la parcelle dans l'emprise du projet et qu'en sont présentées les hypothèses de dimensionnement. Si le projet en litige a fait l'objet d'un avis défavorable du syndicat des eaux et de l'assainissement (SDEA) d'Alsace Moselle, il n'est ni établi ni allégué que les préconisations qu'il comporte n'auraient pas pu se traduire par des prescriptions assortissant le permis d'aménager, afin d'assurer une gestion plus efficace des eaux pluviales. En tout état de cause, alors que seules les dispositions de l'article R. 441-8-2 indiquent de façon exhaustive les documents dont la production peut être exigée à l'appui d'une demande de permis, le SDEA et les services instructeurs ne pouvaient exiger de la société pétitionnaire la production d'analyses d'études de sol, les résultats des tests de perméabilité du sol ni les hypothèses de calcul et les dimensions des ouvrages d'infiltration. Ainsi, il n'est pas démontré que les aménagements prévus par la société pétitionnaire en matière de gestion des eaux pluviales, et qui doivent être réalisés au stade de l'exécution du permis d'aménager litigieux, ne seraient pas conformes à l'article 3.4 - 1AU du règlement du plan local d'urbanisme.

En ce qui concerne les dispositions de l'article L. 425-11 du code de l'urbanisme :

5. Aux termes des dispositions de l'article L. 425-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque la réalisation d'opérations d'archéologie préventive a été prescrite, les travaux ne peuvent être entrepris avant l'achèvement de ces opérations. ".

6. La circonstance que le projet a fait l'objet d'un arrêté concernant un diagnostic archéologique n'a pas d'incidence sur sa légalité, dès lors qu'elle fait seulement obstacle au commencement des travaux mais ne peut légalement justifier le refus de la demande de permis d'aménager. Par suite, le maire de Stutzheim-Offenheim ne pouvait opposer ce motif de refus à la société Boulle pour refuser le projet en litige.

En ce qui concerne la fraude :

7. Aux termes de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme : " La demande de permis d'aménager () comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une demande de permis ". Aux termes de l'article R. 423-1 du même code : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique. ". En vertu du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du même code, la demande de permis comporte l'attestation du demandeur qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis.

8. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme. Les autorisations d'utilisation du sol étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc utilement faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude. Il en va autrement lorsque l'autorité compétente vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer. Dans ce cas, il lui revient de rejeter la demande de permis pour ce motif. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.

9. Par ailleurs, aux termes de l'article 1.2. 1AU du PLUI du Kochersberg et de l'Ackerland : " Occupations et utilisations du sol admises sous conditions/ Conditions d'aménagement : / Les constructions, les installations, les aménagements sont admis à condition d'être réalisés dans le cadre d'une opération d'aménagement d'ensemble et sous réserve : / - Que la réalisation de l'opération soit compatible avec les principes édictés par les orientations d'aménagement et de programmation et le développement ultérieur de la zone./ - De ne pas provoquer la formation de terrains enclavés ou de délaissés inconstructibles. () ".

10. Il ressort des pièces du dossier que des portions de parcelles, cadastrées section 12 n° 459 et 461 et appartenant à un tiers, sont incluses dans l'emprise du projet de lotissement. Il est constant que le propriétaire de ces parcelles a refusé leur inclusion dans le projet d'aménagement en litige, et que la société Vanille les a maintenues, à tort, dans le périmètre de l'opération lorsqu''elle a déposé sa demande de permis en date du 2 juin 2023.

11. Pour regarder la demande de permis d'aménager en litige comme entachée de fraude, le maire de Stutzheim-Offenheim s'est fondé sur une attestation du 16 août 2023 de ce tiers, M. A qui indique qu'il n'a pas donné son accord pour que la SAS Boulle réalise le projet sur ses parcelles et qu'il ne souhaite pas les céder. La commune fait valoir que, contrairement à ce que soutient la requérante, le maintien des parcelles de M. A dans le périmètre de son projet ne relève pas d'une erreur, mais d'une intention délibérée de fausser l'appréciation portée par l'administration sur la conformité de l'opération aux règles d'urbanisme applicables, en l'espèce l'article 1.2. 1AU du PLUI.

12. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A avait adressé un courrier au maire le 29 juin 2023, à la suite d'une réunion publique qui s'est tenue le 1er juin 2023, et mentionnant son opposition au projet en litige en tant qu'il était susceptible de prévoir la réalisation de constructions sur les portions de parcelles lui appartenant, alors que ces dernières constituent des fonds de jardin non bâtis. La société requérante a ainsi pu estimer qu'en excluant toute construction des portions de parcelles de M. A aux fins de respecter la vocation et la destination de jardin des parcelles en cause, ce dernier pourrait donner son accord à la réalisation de l'opération d'aménagement. La circonstance qu'elle n'a pas obtenu cet accord avant l'édiction de la décision contestée, comme le confirme le courrier adressé à la commune par M. A le 16 août 2023, et qu'elle a omis de rectifier les plans de son projet en conséquence relève d'une erreur qui ne suffit pas à caractériser une intention frauduleuse tendant à fausser l'appréciation portée par l'administration sur la conformité de l'opération aux dispositions de l'article 1.2. 1AU du PLUI. En tout état de cause, si la commune de Stutzheim-Offenheim fait valoir que le retrait du périmètre du projet de lotissement se traduit par la formation de délaissés inconstructibles et ne permet pas de regarder le projet comme s'inscrivant dans une opération d'ensemble, elle n'apporte pas d'éléments permettant au tribunal d'apprécier le bien-fondé de ses affirmations. Il n'est ainsi pas établi que de la réalisation l'opération, avec un périmètre amputé des parcelles de M. A compromettrait le développement ultérieur de la zone 1AU concernée. Dans ces conditions, l'inclusion des parcelles appartenant à M. A dans le formulaire cerfa de la demande de permis d'aménager litigieuse ne saurait être regardée comme relevant de la fraude.

13. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision attaquée.

14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'arrêté doit être annulé.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution/ La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ". Lorsque l'exécution d'un jugement ou d'un arrêt implique normalement, eu égard aux motifs de ce jugement ou de cet arrêt, une mesure dans un sens déterminé, il appartient au juge administratif, saisi de conclusions sur le fondement des dispositions précitées, de statuer sur ces conclusions en tenant compte, le cas échéant après une mesure d'instruction, de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si, au vu de cette situation de droit et de fait, il apparaît toujours que l'exécution du jugement ou de l'arrêt implique nécessairement une mesure d'exécution, il incombe au juge de la prescrire à l'autorité compétente.

16. Aux termes l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. () ". Aux termes de l'article L. 424-3 du même code : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables. ". Par ailleurs, aux termes de l'article de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier ". Les dispositions introduites au deuxième alinéa de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme visent à imposer à l'autorité compétente de faire connaitre tous les motifs susceptibles de fonder le rejet de la demande d'autorisation d'urbanisme ou de l'opposition à la déclaration préalable. Combinées avec les dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, elles mettent le juge administratif en mesure de se prononcer sur tous les motifs susceptibles de fonder une telle décision.

17. Il résulte de ce qui précède que, lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction ou s'il s'en saisit d'office, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les motifs de refus de délivrance du permis d'aménager en cause sont illégaux. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions applicables à la date de la décision annulée s'opposeraient à la délivrance du permis ou qu'un changement de la situation de fait existant à la date du jugement y fasse obstacle. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Stutzheim-Offenheim de délivrer le permis d'aménager sollicité par la société requérante, dans un délai maximal de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais du litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Boulle, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Stutzheim-Offenheim au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. La SSCV Vanille n'étant, ainsi qu'il a été dit précédemment, pas recevable à contester l'arrêté du 31 août 2023, elle ne peut être regardée comme étant partie au présent litige. Cette circonstance fait également obstacle à ce qu'une somme lui soit versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Stutzheim-Offenheim la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Boulle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : L'arrêté du 31 août 2023 de la commune de Stutzheim-Offenheim est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Stutzheim-Offenheim de délivrer le permis d'aménager sollicité à la société Boulle dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Article 3 : La commune de Stutzheim-Offenheim versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la société Boulle en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Stutzheim-Offenheim présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Boulle, à la société Vanille et à la commune de Stutzheim-Offenheim.

Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Dulmet, présidente,

Mme Perabo Bonnet, première conseillère.

Mme Eymaron, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 19 décembre 2024.

La rapporteure,

L. Perabo Bonnet

La présidente,

A. Dulmet

La greffière,

J. Brosé

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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