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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2307825

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2307825

mardi 21 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2307825
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAARPI L'ILL LÉGAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 2 et 10 novembre 2023, M. C G, représenté par Me Thalinger, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

3°) d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2023 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a assigné à résidence ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle de lui verser cette somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle porte atteinte à son droit à la présomption d'innocence ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à leur égard ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien et des dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions du 2° et du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur le refus de délai de départ volontaire :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-1 à L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

Sur l'assignation à résidence :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2023, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Eymaron en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Eymaron, magistrate désignée ;

- les observations de Me Fontaine, substituant Me Thalinger, avocat de M. G, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;

- les observations de M. G.

Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. G, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur le moyen commun aux décisions attaquées :

3. Par un arrêté du 21 août 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à Mme I F, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, en cas d'absence ou d'empêchement de M. J H, directeur de l'immigration, de la citoyenneté et de la légalité, de M. A B, chef du service de l'immigration et de l'intégration et de Mme E D, adjointe au chef du service de l'immigration et de l'intégration et cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions dévolues à ce service, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions en litige. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. H, M. B et Mme D n'auraient pas été absents ou empêchés à la date de signature des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de Mme F, signataire des actes contestés, doit être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du formulaire de renseignement administratif établi le 31 octobre 2023, que M. G a pu apporter des précisions sur sa situation administrative et ses conditions de séjour en France. Il a également été invité à présenter ses observations sur l'éventualité du prononcé à son encontre d'une mesure d'éloignement. Par suite, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est intervenue en méconnaissance de son droit d'être entendu.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que le titre de séjour en qualité d'étudiant dont bénéficiait M. G a expiré le 8 décembre 2022. S'il a entamé des démarches, à la fin de l'année 2022, en vue de procéder au renouvellement de son titre de séjour, il n'est pas contesté qu'il ne les a pas menées à son terme et qu'il n'a repris attache avec les services de la préfecture que le 5 septembre 2023. Les pièces médicales versées au dossier ne permettent pas de tenir pour établies les allégations de l'intéressé selon lesquelles il n'a pu procéder au renouvellement de son titre de séjour en raison des problèmes de santé qu'il rencontrait. Dans ces circonstances, et alors même que les faits reprochés à M. G ne permettraient pas de caractériser une menace à l'ordre public, le préfet du Haut-Rhin pouvait prendre la mesure d'éloignement en litige au motif que l'intéressé s'était maintenu sur le territoire français sans entamer de démarches en vue de renouveler son titre séjour. Par suite, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait ou d'un défaut d'examen. Il n'est davantage fondé à soutenir ni qu'elle est entachée d'une erreur de droit ni qu'elle méconnaît les dispositions précitées l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour ou est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à leur égard. Pour les mêmes motifs, et en tout état de cause, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a porté atteinte au principe de la présomption d'innocence.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. M. G, ressortissant algérien entré en France en septembre 2021, se prévaut de ce qu'il y a résidé régulièrement jusqu'au 8 décembre 2022 en qualité d'étudiant en première année de master mention électronique, énergie électrique, automatique à l'université de Haute Alsace. Toutefois, alors qu'il n'est pas sérieusement contesté qu'il n'a pas validé son année universitaire, cette seule circonstance ne saurait suffire à établir que M. G, par ailleurs célibataire et sans enfant, aurait fait de la France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans ces circonstances, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation à cet égard.

10. En cinquième lieu, aux termes du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit () au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".

11. Si M. G indique souffrir de graves problèmes de santé, les pièces médicales versées au dossier ne permettent pas de tenir pour établies la réalité de ses allégations. Dans ces circonstances, faute pour l'intéressé de démontrer qu'il est susceptible de bénéficier d'un titre de séjour de plein droit en raison de son état de santé, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien et des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. En dernier lieu, M. G ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

Sur le refus de délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

15. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. G, le préfet du Haut-Rhin s'est notamment fondé sur la circonstance qu'il ne justifiait pas avoir entamé de démarches en vue de procéder au renouvellement de son titre de séjour arrivé à expiration. Ainsi qu'il a été indiqué au point 7 du présent jugement, les éléments avancés par M. G ne permettent pas de remettre en cause une telle appréciation. Quand bien même M. G justifierait, par ailleurs, de garanties de représentation suffisante, ce motif tiré du maintien de l'intéressé sur le territoire français après l'expiration de son titre de séjour suffit pour regarder comme établi le risque de fuite mentionné par les dispositions précitées. Par suite, c'est sans entacher la décision attaquée d'une erreur de fait ou d'un défaut d'examen que le préfet du Haut-Rhin a pu refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. G. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée ne méconnaît pas les dispositions des articles L. 612-1 à L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

16. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

17. En dernier lieu, M. G ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

Sur la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.

19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

20. En dernier lieu, si M. G soutient qu'un renvoi en Algérie l'expose à un risque de traitements inhumains ou dégradants au sens des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'apporte aucun élément susceptible d'établir la réalité de ses allégations. Par suite, le moyen soulevé ne peut qu'être écarté.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

21. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.

22. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

23. En troisième lieu, et en tout état de cause, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 20 du présent jugement, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

24. En dernier lieu, eu égard aux conditions de séjour en France de M. G, telles que rappelées au point 9 du présent jugement, et dès lors qu'il ne justifie pas sérieusement des raisons pour lesquelles il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français à l'expiration de son titre de séjour, le préfet du Haut-Rhin pouvait sans entacher sa décision d'une erreur de fait ou d'un défaut d'examen prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, et ce quand bien même son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation.

Sur l'assignation à résidence :

25. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.

26. En deuxième lieu, M. G ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision l'assignant à résidence.

27. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été indiqué précédemment que M. G fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise moins d'un an auparavant et pour laquelle le délai de départ volontaire n'a pas été accordé. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

28. En dernier lieu, le préfet du Haut-Rhin a assigné à résidence M. G dans le département du Haut-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours et lui a enjoint d'être présent à son adresse du mardi au vendredi de 9 heures à 11 heures et de se présenter, tous les lundis, entre 9 heures et 11 heures 15 au service de la direction départementale de la police aux frontières, située 2 place du général de Gaulle à Mulhouse. Alors que la commune de Brunstatt-Didenheim, où réside M. G, est limitrophe de la commune de Mulhouse, celui-ci n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'en fixant son obligation de pointage sur le territoire de cette dernière commune, le préfet du Haut-Rhin aurait entaché sa décision d'illégalité. Dans ces circonstances, faute pour M. G de démontrer ne pas être en mesure de satisfaire les obligations limitées qui lui sont imposées, les moyens tirés de ce que la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

29. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. G doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1 : M. G est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. G est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C G, à Me Thalinger et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.

La magistrate désignée,

A.-L. Eymaron La greffière,

G. Trinité

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

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