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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2307867

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2307867

lundi 4 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2307867
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGASIMOV

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Gasimov, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 3 novembre 2023 notifié le même jour par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du 3 novembre 2023 notifié le même jour par lequel la préfète du Bas-Rhin a ordonné son assignation à résidence ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur le refus de titre de séjour :

- la décision attaquée a été prise par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ;

- elle a été prise sans considération de sa personne ;

Sur l'obligation de quitter le territoire :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français " ne reconnaît pas de délai de départ volontaire " ; il s'agit d'une " décision stricte, non adaptée " à sa situation ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français " n'est nullement justifiée dans la mesure où il n'est pas reconnu pour avoir ignoré de précédentes décisions ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir, à titre principal que la requête est irrecevable en l'absence d'exposé de moyens intelligibles et, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Klipfel en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Klipfel, magistrate désignée, qui a mis les parties en mesure de présenter leurs observations sur les moyens d'ordre public, soulevés à l'audience, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, tirés de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour dans la mesure où cette décision n'existe pas et de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'assignation à résidence dès lors que M. A n'a soulevé aucun moyen à l'encontre de cette décision ;

- les observations de Me Gasimov, avocat de M. A, absent à l'audience, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et soutient en outre que " l'arrêté est disproportionné ".

La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né le 18 octobre 1999, a été interpellé et placé en garde à vue le 3 novembre 2023 par les services de police de Strasbourg pour des faits de refus d'obtempérer, défaut de permis de conduire et défaut d'assurance. Constatant qu'il n'était pas en mesure de présenter un document de séjour, la préfète du Bas-Rhin, par un premier arrêté du 3 novembre 2023, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, la préfète du Bas-Rhin l'a également assigné à résidence. Par le recours qu'il forme, M. A demande au tribunal l'annulation de ces arrêtés.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français " ne reconnaît pas de délai de départ volontaire " et qu'il s'agit d'une " décision stricte, non adaptée " à sa situation est inintelligible ou, à tout le moins, dépourvu des précisions nécessaires pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

5. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français " n'est nullement justifiée dans la mesure où il n'est pas reconnu pour avoir ignoré de précédentes décisions " est également inintelligible ou, à tout le moins, dépourvu des précisions nécessaires pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

6. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que l'arrêté serait, de manière générale, disproportionné est dépourvu des précisions nécessaires pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

7. En dernier lieu, en l'absence de moyens soulevés à son encontre, les conclusions à fin d'annulation de l'assignation à résidence ne peuvent qu'être rejetées.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formulées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Gasimov et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2023.

La magistrate désignée,

V. KlipfelLa greffière,

G. Trinité

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

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