jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2308147 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | ALEXANDRE - LÉVY - KAHN - BRAUN & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 13 novembre 2023, 21 mars 2024 et 15 mai 2024, M. T AB, Mme W AB, M. M Z, Mme X AF, M. T H, Mme P G, M. AD R, Mme AA R, M. AG D, Mme AH C, Mme S AE, M. J U, Mme P U, M. V O, Mme Y O, M. A I, Mme Q B, M. E F, Mme K F, M. L AC, Mme N AC, M. AI, représentés par la Selarl Berard-Jemoli-Santelli-Burkatzki-Bizzari, demandent au tribunal :
1°) de surseoir à statuer et de désigner un expert ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2023 par lequel le maire de la commune d'Eckwersheim a délivré à la société Delt'aménagement un permis d'aménager portant sur la réalisation d'un lotissement à vocation de résidence de 30 lots maximum, pour une surface de plancher maximale de 12 500 mètres carrés, sur un terrain situé rue des Fleurs à Eckwersheim, ainsi que les décisions de rejet de leurs recours gracieux ;
3°) à titre subsidiaire, de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Eckwersheim et de la société Delt'aménagement le versement d'une somme globale de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- ils satisfont aux exigences des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- ils satisfont aux exigences des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens tirés de l'incompétence du maire de la commune d'Eckwersheim pour prendre la décision attaquée et de la méconnaissance de l'article R. 111-2 en tant que les lots 4 et 5 sont autorisés en zone inondable sont expressément abandonnés ;
- les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme de l'Eurométropole de Strasbourg ont été méconnues ;
- le projet est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale de la région de Strasbourg.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 décembre 2023 et 15 avril 2024, la société Deltaménagement, représentée par le Selarl Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de chacun des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 mars 2024, 24 avril 2024 et 1er juillet 2024, la commune d'Eckwersheim, représentée par Me Merkling, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de chacun des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. et Mme AB, M. et Mme U et M. et Mme AC ne justifient pas satisfaire aux exigences des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Bizzarri, avocat des requérants,
- les observations de Me Laumin, avocat de la commune d'Eckwersheim,
- et les observations de Me Gillig, avocat de la société Delt'aménagement.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 25 octobre 2022 et complétée le 15 février 2023, la société Delt'aménagement a sollicité la délivrance d'un permis d'aménager portant sur la création d'un lotissement à vocation résidentielle d'un maximum de trente lots, sur un terrain situé rue des Fleurs à Eckwersheim. Par un arrêté du 13 juin 2023, le maire de la commune d'Eckwersheim a délivré le permis d'aménager demandé. Par des courriers des 23 juillet 2023, 26 juillet 2023, 27 juillet 2023 et 4 août 2023, les requérants ont formé des recours gracieux à l'encontre de cet arrêté qui ont été rejetés par une décision du 12 septembre 2023. Par la présente requête, les requérants demandent ainsi au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 juin 2023 ainsi que les décisions rejetant leurs recours gracieux.
Sur la légalité de l'arrêté du 13 juin 2023 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ". Aux termes de l'article L. 332-15 du même code : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité, les réseaux de télécommunication, l'évacuation et le traitement des eaux et matières usées, l'éclairage, les aires de stationnement, les espaces collectifs, les aires de jeux et les espaces plantés. / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. / Toutefois, en ce qui concerne le réseau électrique, le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition est redevable de la part de la contribution prévue au troisième alinéa du II de l'article 4 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité, correspondant au branchement et à la fraction de l'extension du réseau située sur le terrain d'assiette de l'opération, au sens de cette même loi et des textes pris pour son application. / L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme doit être refusée lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Pour l'alimentation en électricité, relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public d'électricité qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, dans les conditions définies au troisième alinéa de l'article L. 332-15, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve dans ce dernier cas que le raccordement n'excède pas cent mètres. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics d'électricité, notamment les ouvrages d'extension ou de branchement en basse tension, et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, dans son avis du 25 avril 2023, Strasbourg Electricité Réseaux, consultée sur le projet d'aménagement en litige, a estimé que celui-ci nécessitait la construction d'un nouveau poste de transformation électrique afin de porter la puissance électrique à 799 kVA. Cet ouvrage doit s'analyser comme un ouvrage de renforcement du réseau public d'électricité, dont la prise en charge financière sera, ainsi que cela résulte des termes mêmes de l'arrêté attaqué, assurée par l'Eurométropole de Strasbourg. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une circonstance particulière, notamment technique ou matérielle, ferait obstacle à ce que ces travaux de raccordement puissent être réalisés sans délai et l'avis du 25 avril 2023 lui-même ne subordonne la réalisation de ces travaux d'extension du réseau électrique à aucun préalable susceptible de les retarder dans le temps. Dans ces conditions, le maire d'Eckwersheim était en mesure d'indiquer par quelle collectivité et dans quel délai ces travaux devaient être réalisés.
5. D'autre part, les requérants n'apportent aucun élément susceptible de démontrer l'insuffisance du réseau d'assainissement. En particulier, il n'est pas établi que le dimensionnement des conduites serait insuffisant et ne permettrait pas de traiter les flux supplémentaires résultant de l'opération d'aménagement en litige. Quant à la circonstance que l'arrêté attaqué soit assorti d'une prescription portant sur la nécessité, pour le pétitionnaire, d'obtenir une servitude de passage de canalisation sur deux parcelles voisines du projet, elle n'est de nature ni à caractériser une insuffisance du réseau d'assainissement au sens des dispositions précitées de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ni à entacher d'illégalité la décision attaquée, une telle servitude de passage n'entraînant une modification que sur un point précis et limité du projet.
6. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " () les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ". Au regard du plan local d'urbanisme applicable sur le territoire de l'Eurométropole de Strasbourg, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme de l'Eurométropole de Strasbourg : " Conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public / 1. Voirie / Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficiles la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie, de service hivernal ou d'enlèvement des ordures ménagères. () ".
9. Alors qu'il n'est pas démontré que les abords du projet en litige seraient d'ores et déjà confrontés à un important trafic, il n'est pas sérieusement contestable que le bouclage réalisé entre les rues de l'Ecluse et du Canal, soit entre les deux extrémités du terrain d'assiette de l'opération contestée, permettra de réduire les conséquences du trafic supplémentaire qui en résultera. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que les rues desservant le projet seraient d'une largeur insuffisante et ne permettraient pas d'absorber ce trafic supplémentaire dans des conditions satisfaisantes pour la sécurité publique, il ressort néanmoins des pièces du dossier que les rues de l'Ecluse et du Canal présentent une largeur d'au moins 5 mètres. Si les requérants se prévalent de l'étroitesse de la rue des Fleurs, il n'est cependant pas sérieusement contestable, au vu des éléments figurant dans le dossier de demande de permis d'aménager, que celle-ci n'aura vocation à servir de voie de desserte au projet en litige que dans sa partie située dans le prolongement direct de la rue du Canal. Or, il ressort des pièces du dossier qu'un emplacement réservé a été prévu par les auteurs du plan local d'urbanisme au niveau de l'intersection entre la rue des Fleurs et la rue du Canal, afin de procéder à l'élargissement de la chaussée aux abords immédiats du terrain d'assiette du projet. Eu égard à la configuration des lieux et à la bonne visibilité qui y est relevée, il ne ressort, en outre, pas des pièces du dossier que la circonstance que des véhicules soient stationnés le long des trottoirs induirait une dangerosité particulière du secteur. Quant aux supposées difficultés de stationnement dans le secteur, elles sont sans incidence sur l'appréciation du caractère suffisant des voies de desserte. Ni le fait que de précédents projets aient été refusés au motif qu'avait alors été relevée une insuffisance des voies de desserte ni la circonstance que le maire de la commune ait émis des doutes quant à la faisabilité du projet ne sont de nature à établir que celui-ci, dans sa configuration actuelle, serait incompatible avec les dispositions précitées de l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 142-1 du code de l'urbanisme : " Sont compatibles avec le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale : / () 7° Les opérations foncières et les opérations d'aménagement définies par décret en Conseil d'Etat " et aux termes de l'article R. 142-1 du même code : " Les opérations foncières et les opérations d'aménagement mentionnées au 7° de l'article L. 142-1 sont : / () 3° Les lotissements, les remembrements réalisés par des associations foncières urbaines et les constructions soumises à autorisations, lorsque ces opérations ou constructions portent sur une surface de plancher de plus de 5 000 mètres carrés ".
11. Il résulte de ces dispositions qu'à l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les opérations de construction citées à l'article R. 142-1 sont soumises à une simple obligation de comptabilité avec ces orientations et objectifs. Pour apprécier la compatibilité d'un tel projet d'aménagement avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le projet ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du projet à chaque disposition ou objectif particulier.
12. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des éléments figurant dans le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale de la région de Strasbourg qu'un objectif précis de limitation de densité moyenne y ait été fixé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le syndicat mixte du schéma de cohérence territoriale de la région de Strasbourg a émis un avis favorable sur le projet en litige, en relevant notamment que celui-ci emporte une densité moyenne du lotissement de 39 logements par hectare, compatible avec les orientations du schéma de cohérence territoriale. Alors que la compatibilité du projet avec un schéma de cohérence territoriale doit être appréciée à l'aune de l'ensemble du territoire couvert par ce document, la circonstance que le projet induirait une densité de 44,5 logements par hectare ne serait, en tout état de cause, pas de nature à caractériser une méconnaissance des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet contesté serait incompatible avec le schéma de cohérence territoriale de la région de Strasbourg doit être écarté.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requérants doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête ni de surseoir à statuer et de désigner un expert.
Sur les conclusions subsidiaires :
14. Eu égard à ce qui précède, il n'y pas lieu de faire droit aux conclusions subsidiaires des requérants tendant à l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Eckwersheim et de la société Deltaménagement qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais liés au litige.
16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants, sur le fondement de ces mêmes dispositions, le versement, respectivement à la société Deltaménagement et à la commune d'Eckwersheim, d'une somme globale de 2 000 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. et Mme AB et autres est rejetée.
Article 2 : M. et Mme AB et autres verseront à la commune d'Eckwersheim une somme globale de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. et Mme AB et autres verseront à la société Deltaménagement une somme globale de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. T AB et Mme W AB, représentant les requérants pour l'application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la société Deltaménagement et à la commune d'Eckwersheim.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Perabo-Bonnet, première conseillère,
Mme Eymaron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
La présidente,
A. DULMET
La greffière,
H. CHROAT
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026