LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2308271

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2308271

vendredi 19 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2308271
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSNOECKX

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg annule le refus oral d'enregistrement de la demande d'asile de Mme A..., ressortissante ivoirienne, pour sa fille et elle-même. La décision a été prise par un agent de la structure de premier accueil sans que soit établie sa compétence ou une délégation de signature régulière du préfet du Haut-Rhin. Le tribunal retient le moyen d'incompétence, sans examiner les autres griefs, et enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai de deux mois. L'Etat est condamné à verser 1 000 euros à l'avocate de la requérante au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2023, Mme C..., agissant tant en son nom personnel qu’en sa qualité de représentante légale de sa fille Mme D..., représentée par Me Snoeckx, demande au tribunal :

d’annuler la décision par laquelle le préfet du Haut-Rhin a refusé d’enregistrer sa demande d’asile ;

d’enjoindre au préfet du Haut-Rhin, à titre principal, d’enregistrer sa demande d’asile en lui octroyant un rendez-vous à la préfecture, de lui délivrer une attestation de demande d’asile ainsi que le formulaire destiné à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;

de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :
- la décision est entachée d’incompétence ;
- elle est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée d’erreurs de droit au regard des articles L. 521-9, R. 521-7 et R. 521-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences sur sa situation et celle de sa fille ;
- elle méconnaît la convention de Genève et l’article 18 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1er de l’article 3 et de l’article 22 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.


Une mise en demeure a été adressée le 26 septembre 2024 au préfet du Haut-Rhin qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Strasbourg du 17 juin 2024.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Foucher, première conseillère, a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

Mme E... A..., ressortissante ivoirienne indiquant être née le 29 novembre 2007, est entrée en France au mois d’août 2022. Le 29 septembre 2023, elle s’est présentée pour la troisième fois auprès de la structure de premier accueil des demandeurs d’asile du Haut-Rhin afin d’y solliciter l’asile en qualité de mineure, pour son compte et celui de sa fille née le 6 février 2023. Par une décision orale du même jour, un agent de cette structure a refusé de procéder à l’enregistrement de la demande. Par la présente requête, Mme E... A..., tant en son nom personnel qu’en sa qualité de représentante légale de sa fille Mme D..., demande au tribunal d’annuler la décision portant refus d’enregistrement de sa demande d’asile.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article R. 521-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Sans préjudice du second alinéa de l'article 11-1 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements, lorsqu'un étranger, se trouvant à l'intérieur du territoire français, demande à bénéficier de l'asile, l'enregistrement de sa demande relève du préfet de département (…) ». Aux termes de l’article R. 121-2 du même code : « L'Office français de l'immigration et de l'intégration met en œuvre les missions définies à l'article L. 121-1. / Pour la mise en œuvre de la politique d'accueil des demandeurs d'asile, l'office assure le pilotage d'un réseau de structures de premier accueil, d'information, d'orientation et d'accompagnement dont les missions sont définies par le ministère chargé de l'asile et dont il peut déléguer la gestion, par convention, à des personnes morales de droit privé (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que la décision portant refus d’enregistrement de la demande d’asile de la requérante a été prise par Mme B... au sein de la structure de premier accueil des demandeurs d’asile du Haut-Rhin. Toutefois, rien ne permet d’établir la qualité de cet agent ou l’existence d’une délégation de signature régulièrement publiée du préfet à son profit. Dans ces conditions, Mme B... n’était pas compétente pour prendre la décision attaquée.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 29 septembre 2023 portant refus d’enregistrement de la demande d’asile de la requérante doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Eu égard au motif d’annulation retenu, il y a uniquement lieu d’enjoindre au préfet du Haut-Rhin de réexaminer la demande de Mme A... tendant à l’enregistrement d’une demande d’asile présentée en son nom et en celui de sa fille mineure. Il y a lieu de lui enjoindre d’y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

Mme A... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros à verser à Me Snoeckx, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.


D E C I D E :


Article 1er : La décision du 29 septembre 2023 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Haut-Rhin de réexaminer la demande de Mme A... tendant à l’enregistrement d’une demande d’asile présentée en son nom et en celui de sa fille mineure, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’Etat versera à Me Snoeckx une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Snoeckx renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A..., à Me Snoeckx et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.




Délibéré après l’audience du 2 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Haudier, présidente,
- Mme Foucher, première conseillère,
- M. Muller, premier conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2025.


La rapporteure,

A-V. Foucher
La présidente,

G. Haudier



La greffière,

C. Haas

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,



Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions