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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2308516

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2308516

lundi 20 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2308516
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSELAS OLSZAK & LEVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 novembre 2023, le 8 février 2024, le 14 juillet 2024 et le 2 septembre 2024, M. C B A doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 26 novembre 2023 par laquelle la commune de Metz a mis à sa charge la somme forfaitaire de 145 euros au titre des frais exposés pour l'enlèvement d'un dépôt illégal de déchets, ensemble le titre exécutoire émis le 12 décembre 2023 pour le recouvrement de cette somme ;

2°) de le décharger de l'obligation de payer la somme de 145 euros et d'enjoindre à la commune de Metz de procéder au remboursement de cette somme dont il s'est acquitté le 8 février 2024 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Metz la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle est irrégulière en raison de la nullité du procès-verbal de constatation en l'absence de mentions précises permettant l'identification de son auteur ;

- elle est entachée d'inexactitude matérielle des faits dès lors que le dépôt des déchets en litige ne lui est pas imputable.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 juillet et 30 août 2024, la commune de Metz, représentée par la Selas Olszak et Lévy, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. B A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jordan-Selva,

- les conclusions de M. Therre, rapporteur public,

- les observations de Me Chezeau-Launay, avocate de la commune d Metz.

Considérant ce qui suit :

1. La brigade de propreté urbaine de la commune de Metz a constaté le 28 octobre 2023 place Saint-Thiébault la présence d'un sac poubelle déposé en dehors du point d'apport volontaire enterré. Par une lettre du 30 octobre 2023, M. B A a été informé de ce qu'il avait été identifié comme responsable de ce sac en raison de la présence, parmi les déchets qu'il contenait, d'un magazine sur l'emballage duquel figuraient son nom et son adresse. Il a également été informé de ce qu'un rapport de constatation avait été établi en raison des conditions de présentation de ce sac, non conformes au règlement municipal de propreté urbaine. Enfin, la lettre du 30 octobre 2023 lui précisait que les agents municipaux avaient procédé à l'enlèvement de ces déchets qualifiés de dépôt sauvage et qu'un délai de dix jours lui était laissé pour présenter des observations, ce qu'il a fait par courrier du 7 novembre 2023. Il était indiqué à M. B A qu'à l'expiration de ce délai de dix jours, une décision du maire lui serait communiquée, consistant, le cas échéant, en l'émission d'une facture d'un montant forfaitaire de 145 euros correspondant aux frais d'enlèvement du dépôt sauvage de déchets. Par la présente requête, M. B A demande l'annulation de la lettre du 26 novembre 2023 révélant la décision du maire de Metz de mettre à sa charge la somme forfaitaire de 145 euros au titre des frais exposés par la commune pour l'enlèvement d'un dépôt illégal de déchets sur la voie publique. Il doit également être regardé comme demandant l'annulation du titre de recettes émis le 12 décembre 2023 pour le recouvrement de cette somme ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme en litige.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 541-3 du code de l'environnement : " I. - Lorsque des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du présent chapitre et des règlements pris pour leur application, () l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente avise le producteur ou détenteur de déchets des faits qui lui sont reprochés ainsi que des sanctions qu'il encourt et, après l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations, écrites ou orales, dans un délai de dix jours, le cas échéant assisté par un conseil ou représenté par un mandataire de son choix, peut lui ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 15 000 € et le mettre en demeure d'effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé. / Au terme de cette procédure, si la personne concernée n'a pas obtempéré à cette injonction dans le délai imparti par la mise en demeure, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente peut, par une décision motivée qui indique les voies et délais de recours : () /2° Faire procéder d'office, en lieu et place de la personne mise en demeure et à ses frais, à l'exécution des mesures prescrites. Les sommes consignées en application du 1° peuvent être utilisées pour régler les dépenses ainsi engagées () ". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté municipal portant règlement de propreté urbaine du 9 février 2023, librement consultable sur le site internet de la ville de Metz : " Dépôts sauvage / Constitue un dépôt sauvage, au sens du présent règlement, un déchet ne faisant pas l'objet d'une procédure d'enlèvement au titre des encombrants et déposé, en méconnaissance du règlement de collecte de l'Eurométropole, en dehors des emplacements de dépôts de déchets autorisés, ou déposé dans un emplacement approprié mais de nature non conforme ou en dehors des horaires autorisés. / 4.1. - Domaine public et privé de la Ville de Metz / Il est interdit d'effectuer des dépôts de quelque nature que ce soit, sauf autorisation spéciale, sur tout ou partie des espaces ouverts au public qu'ils soient publics ou privés. () 4.3. - Sanction () tout manquement au respect de ces règles sera verbalisé selon la règlementation en vigueur. Selon la nature du dépôt et des conséquences qu'il engendre, le contrevenant s'expose aux sanctions suivantes : / 1- Remboursement d'une somme correspondant aux frais d'enlèvement et de nettoiement du dépôt sauvage en vertu des pouvoirs de police générale du Maire : / En application des pouvoirs de police administrative générale du maire de la ville de Metz, un dispositif d'enlèvement des déchets sauvages est mis en place. La brigade propreté et les services de police municipale de la Ville de Metz sont habilités à constater les dépôts sauvages de déchets sur la voie publique et à déterminer le propriétaire présumé desdits déchets en application des pouvoirs de police administrative générale du maire de la Ville de Metz. Une fois constatés, suivant la nature des déchets déposés, la Ville de Metz se réserve le droit de retirer les déchets si ces derniers portent atteinte à la sécurité et/ou la salubrité publique. () Il sera également précisé au responsable présumé qu'une somme, telle que déterminée par le conseil municipal, peut être mise à sa charge à l'issu de ce délai, en raison de l'enlèvement du déchet de la voie publique par les services de la Ville de Metz. () 2. - Pouvoirs de police spéciale au titre du code de l'environnement : En application de l'article L. 541-3 du code de l'environnement, le responsable d'un dépôt sauvage de déchets peut être avisé des faits qui lui sont reprochés par courrier. () Les sanctions encourues sont les suivantes : / () 2° L'exécution d'office et aux frais du responsable du dépôt des déchets des mesures prescrites. () ".

3. M. B A conteste être l'auteur du dépôt sauvage de déchets qui lui est imputé. Il établit par les pièces qu'il produit qu'à la date du constat de l'infraction, le 28 octobre 2023, il avait déménagé depuis plus d'un an et ne résidait plus place Saint-Nicolas, adresse indiquée sur les documents retrouvés dans le sac d'ordures. En l'absence d'éléments contraires produits par l'administration, le seul constat du nom figurant sur l'emballage d'un magazine contenu parmi les déchets retrouvés place Saint-Thiébault le 28 octobre 2023 ne suffit pas à établir que le dépôt irrégulier de déchets serait imputable à M. B A. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, le requérant est fondé à demander l'annulation des décisions mettant à sa charge les frais forfaitaires d'enlèvement de ces déchets, et par voie de conséquence, de voir prononcer la décharge de la somme ainsi mise à sa charge.

Sur les frais de l'instance :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Metz demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Metz la somme de 500 euros demandée par M. B A au titre de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 26 novembre 2023 par laquelle le maire de Metz a mis à la charge de M. B A la somme forfaitaire de 145 euros est annulée.

Article 2 : Le titre de recettes émis le 12 décembre 2023 à l'encontre de M. B A pour le recouvrement de la somme de 145 euros est annulé.

Article 3 : M. B A est déchargé de l'obligation de payer la somme de 145 euros mise à sa charge par la commune de Metz.

Article 4 : La commune de Metz versera la somme de 500 (cinq cents) euros à M. B A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Metz sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A, à la commune de Metz et au directeur départemental des finances publiques de la Moselle.

Délibéré après l'audience du 19 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Dhers, président,

M. Boutot, premier conseiller,

Mme Jordan-Selva, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 janvier 2025.

La rapporteure,

S. Jordan-Selva

Le président,

S. Dhers

La greffière

D. Hirschner

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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