jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2308644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL LEONEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) LK Décoration et la SAS Moho, représentées par Me Steinberg-Coulais, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'article 7 du règlement fixant les conditions de délivrance des autorisations de changement d'usage de locaux d'habitation en meublés touristiques de courte durée à Obernai qui a été adopté par la délibération n° 2023/04/06 du conseil communautaire de la Communauté de Communes du Pays de Sainte Odile du 26 juillet 2023 et entrant en vigueur le 1er février 2024 ;
2°) de mettre à la charge de la Communauté de Communes du Pays de Sainte-Odile la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'opération de compensation sera impossible à mettre en œuvre en 2024 compte tenu de son coût et de l'absence de locaux disponibles à la compensation à Obernai ; l'exercice d'une activité de location de longue durée serait déficitaire ;
- l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales a été méconnu ;
- l'adoption d'un mécanisme de compensation n'est pas justifié ;
- subsidiairement, les modalités de compensation ne sont pas proportionnées ;
- la mesure litigieuse méconnaît le principe de sécurité juridique ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2023, la Communauté de Communes du Pays de Sainte-Odile conclut au rejet de la requête et demande au juge des référés de mettre à la charge de la SAS LK Décoration et de la SAS Moho la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les sociétés requérantes n'ont pas d'intérêt pour agir, que la condition d'urgence n'est pas satisfaite et qu'elles ne font état d'aucun moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de l'article litigieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, notamment son préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2006/123/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006 relative aux services dans le marché intérieur ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code du tourisme ;
- l'arrêté de la préfète du Bas-Rhin du 22 juillet 2022, relatif à l'autorisation préalable au changement d'usage des locaux destinés à l'habitation prévue par les articles L. 631-7 et suivants du code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 décembre 2023, en présence de
Mme Adjacent, greffière d'audience :
- le rapport de M. Stéphane Dhers ;
- les observations de Me Steinberg-Coulais, représentant la SAS LK Décoration et la SAS Moho en présence des requérantes, qui a repris les moyens et les éléments exposés dans sa requête ;
- les observations de Me Llorens, représentant la Communauté de Communes du Pays de Sainte-Odile, qui a repris les moyens et les éléments exposés dans son mémoire en défense.
Le juge des référés a indiqué que l'instruction était close à l'issue de l'audience publique, conformément à l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n° 2022/05/25 du 21 décembre 2022, le conseil communautaire de la Communauté de Communes du Pays de Sainte-Odile a approuvé un règlement fixant les conditions de délivrance des autorisations de changement d'usage des locaux d'habitation en meublés touristiques de courte durée, applicable à la commune d'Obernai à compter du 1er juin 2023. Par un jugement du 15 juin 2023, le tribunal administratif a annulé l'article 7 de ce règlement qui fixait les principes de compensation. Par une délibération n° 2023/04/06 du 26 juillet 2023, le conseil communautaire a adopté un nouvel article 7 fixant les règles de compensation à compter du 1er février 2024. Cet article prévoit, pour l'essentiel, une compensation par transformation d'un bien identique pour les logements de type studio à T3 et, pour les logements de type T4 ou plus et les maisons individuelles, une compensation par transformation de biens de typologie T3 au minimum, le demandeur de l'autorisation d'exploiter un local en meublé touristique devant être dans tous les cas propriétaire du bien à transformer. Les sociétés requérantes demandent au juge des référés de suspendre l'exécution de cet article en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme : " () Les meublés de tourisme sont des villas, appartements ou studios meublés, à l'usage exclusif du locataire, offerts à la location à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile et qui y effectue un séjour caractérisé par une location à la journée, à la semaine ou au mois () ". Aux termes de L.631-7 du code de la construction et de l'habitation : " La présente section est applicable aux communes de plus de 200 000 habitants (). Dans ces communes, le changement d'usage des locaux destinés à l'habitation est, dans les conditions fixées par l'article L. 631-7-1, soumis à autorisation préalable. Constituent des locaux destinés à l'habitation toutes catégories de logements et leurs annexes, y compris les logements-foyers, logements de gardien, chambres de service, logements de fonction, logements inclus dans un bail commercial, locaux meublés donnés en location dans les conditions de l'article L. 632-1 ou dans le cadre d'un bail mobilité conclu dans les conditions prévues au titre Ier ter de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 () Le fait de louer un local meublé destiné à l'habitation de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile constitue un changement d'usage au sens du présent article. ". Aux termes de l'article L. 631-7-1 de ce code : " L'autorisation préalable au changement d'usage est délivrée par le maire de la commune (). Elle peut être subordonnée à une compensation sous la forme de la transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage. () Pour l'application de l'article L. 631-7, une délibération du conseil municipal fixe les conditions dans lesquelles sont délivrées les autorisations et déterminées les compensations par quartier et, le cas échéant, par arrondissement, au regard des objectifs de mixité sociale, en fonction notamment des caractéristiques des marchés de locaux d'habitation et de la nécessité de ne pas aggraver la pénurie de logements. Si la commune est membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme, la délibération est prise par l'organe délibérant de cet établissement. ". Aux termes de l'article L. 631-7-1 A : " Une délibération du conseil municipal peut définir un régime d'autorisation temporaire de changement d'usage permettant à une personne physique de louer pour de courtes durées des locaux destinés à l'habitation à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile () ". Aux termes de l'article L. 631-9 du même code : " Dans les communes autres que celles mentionnées au premier alinéa de l'article L. 631-7, les dispositions dudit article peuvent être rendues applicables par décision de l'autorité administrative. () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté de la préfète du Bas-Rhin du 22 juillet 2022 : " La procédure d'autorisation préalable au changement d'usage des locaux destinés à l'habitation prévue par les articles L. 631-7 et suivants du code de la construction et de l'habitation est instaurée sur le territoire de la commune d'Obernai () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par la SAS LK Décoration et par la SAS Moho à l'appui de leur requête n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la délibération litigieuse. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence et sur la fin de non-recevoir opposée par la Communauté de Communes du Pays de Sainte-Odile, leurs conclusions tendant à la suspension de l'exécution de cette délibération doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des sociétés requérantes une somme au titre des frais exposés par la communauté de communes du Pays de Sainte-Odile et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1 : La requête de la SAS LK Décoration et de la SAS Moho est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la Communauté de Communes du Pays de Sainte-Odile présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée LK Décoration, à la société par actions simplifiée Moho et à la Communauté de Communes du Pays de Sainte-Odile.
Fait à Strasbourg le 28 décembre 2023.
Le juge des référés,
S. A
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026