LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2308988

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2308988

jeudi 28 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2308988
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLA BURTHE

Texte intégral

Vu :

- la requête enregistrée le 14 décembre 2023 sous le numéro 2308987 par laquelle la société Sarl René A demande l'annulation de l'arrêté en cause ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Laubriat, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 22 décembre 2023 en présence de Mme A. Dorffer, greffière d'audience, M. Laubriat a lu son rapport et entendu les observations :

- de Me La Burthe, pour la société sarl René A, qui a conclu aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans ses écritures ;

-les observations de M. et Mme A ;

- de Mme B, Mme C et de M.M E et Flamand pour la préfète du Bas-Rhin qui ont conclu aux mêmes fins par les mêmes moyens que dans le mémoire en défense.

Après avoir, comme le permettent les dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, différé la clôture d'instruction jusqu'au 27 décembre 2023 à 12 heures, pour permettre aux parties de présenter des observations sur le mémoire en défense produit par la prefecture juste avant l'audience ainsi que sur la substitution de base légale demandée par la prefecture, et après en avoir informé les parties à l'audience.

Vu le mémoire enregistré le 27 décembre 2023, présenté pour la sarl René A qui conclut aux mêmes fins que dans sa requête.

La société soutient que la préfète n'identifie pas de dangers graves et imminents au sens de l'article L. 233-1 I du code rural et de la pêche maritime justifiant l'arrêt immédiat d'une de ses activités.

Une note en délibéré a été produite le 28 décembre 2023 par la préfète du Bas-Rhin.

Considérant ce qui suit :

1. La société Sarl René A, située à Wingersheim-les-quatre-Bans, exploite une activité industrielle de transformation et conservation de viande de volailles. A la suite d'une visite de contrôle effectuée le 21 novembre 2023 par deux techniciens de la direction départementale de la protection des populations du Bas-Rhin, un rapport d'inspection a été établi, relevant un certain nombre de manquements aux règles sanitaires. Sur le fondement de ce rapport, M. D A, gérant de la société René A, a, par un courrier du 27 novembre 2023, été mis en demeure, dans un délai de deux jours, de faire connaître ses observations. Par un arrêté du 5 décembre 2023, la préfète du Bas-Rhin a ordonné la suspension des activités de transformation de denrées animales ou d'origine animale et de mise sur le marché de ces denrées à compter de la notification dudit arrêté. La sarl René A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-1 du même code dispose : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, selon le premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. . En l'espèce, pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de l'arrêté du 5 décembre 2023, la société Sarl René A se borne à soutenir que chaque année, elle réalise environ 25 % de son chiffre d'affaires entre le 10 et le 31 décembre. La société requérante produit également un tableau dont il ressort que le chiffre d'affaires des produits transformés entre le 7 décembre et le 31 décembre 2022 se serait établi selon elle à la somme de 165 240,44 euros. Il est toutefois constant que la société Sarl René A exerce une activité d'abattage et de découpe de volailles et une activité de transformation de viande de volailles. Il résulte de l'instruction que l'arrêté en litige du 5 décembre 2023 se limite à suspendre les activités de transformation de denrées animales ou d'origine animale et de mise sur le marché de ces denrées, et non pas les activités d'abattage et de découpe. Il résulte également des explications fournies par les agents de la direction départementale de la protection des populations du Bas-Rhin présents à l'audience qu'un certain nombre des produits recensés par la Sarl René A dans son tableau des produits transformés du 7 au 31 décembre 2022 ne sont pas des produits transformés au sens des définitions du règlement (CE) n° 852/2004 di 29 avril 2004 et ne sont donc pas concernés par la suspension d'activité et de mise sur le marché. Enfin l'article 3 de l'arrêté du 5 décembre 2023 autorise l'écoulement des produits transformés en stock au jour de la notification dudit arrêté, sous réserve de la réalisation d'analyse libératoire. Tant à l'audience que dans le cadre de son mémoire en réplique enregistré au greffe le 27 décembre 2023, la Sarl René A n'a apporté aucune précision sur le montant de son chiffre d'affaires réellement impacté par la suspension d'activité et sur la part de ce montant rapporté à son chiffre d'affaires total. En revanche, il ressort des éléments financiers produits par l'administration et non contestés par la Sarl que son chiffre d'affaires total s'établissait au 30 juin 2019 à 5 139 107 euros et au 30 juin 2020 à 5 565 069 euros. L'administration affirme également, là encore sans être utilement contestée, qu'après retraitement, le chiffre d'affaires des produits transformés au sens du règlement (CE) n° 852/2004 entre le 7 et le 31 décembre 2022 ne dépasserait pas 97 726 euros, soit environ 1,75 % du chiffre d'affaires total 2020 de la société. La Sarl René A ne produit aucun document, pièce ou élément quelconque permettant d'apprécier la réalité de sa situation financière. Elle n'établit pas davantage qu'elle serait dans l'incapacité de réaliser à brefs délais les mesures correctives prescrites, qui autoriseraient la reprise de son activité sans risque pour la santé publique. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que serait caractérisée une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Par suite, sans qu'il soit en toute hypothèse besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux entachant la légalité de l'arrêté attaqué, la requête de la sarl René A doit être rejetée.

O R D O N N E

Article 1 : La requête est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Sarl René A et à la préfète du Bas-Rhin.

Fait à Strasbourg, le 28 décembre 2023.

Le juge des référés,

A. Laubriat

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour copie conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions