mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2309013 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rees, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis de concours publié le 28 février 2023, l'université de Haute-Alsace (UHA) a engagé une procédure de concours de maîtrise d'œuvre en vue de la passation d'un marché de maîtrise d'œuvre pour le regroupement de l'école nationale supérieure d'ingénieurs Sud-Alsace et la Recherche associée sur son campus de l'Illberg à Mulhouse. Par délibération du 17 novembre 2023, le jury du concours, après avoir examiné les projets des quatre candidats admis à concourir, a désigné comme lauréate la société TOA Architectes associés. La société Dietrich Untertrifaller Architectes, dont le jury a classé le projet en deuxième rang derrière la lauréate, demande au juge des référés, sur le fondement des articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la procédure de concours au stade de l'analyse des projets déjà remis.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ".
3. En vertu de ces dispositions, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient dès lors au juge des référés précontractuels de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte, en avantageant une entreprise concurrente.
4. En premier lieu, la société Dietrich Untertrifaller Architectes fait valoir que l'université de Haute-Alsace a méconnu le principe d'égalité de traitement des candidats en procédant à la modification unilatérale de l'enveloppe prévisionnelle des travaux de son projet.
5. Il résulte de l'instruction que la société Dietrich Untertrifaller Architectes, estimant irréaliste l'enveloppe prévisionnelle actualisée de 21 000 000 d'euros hors taxes prévue par l'université de Haute-Alsace, a présenté dans son mémoire technique une " offre de base " correspondant à une enveloppe prévisionnelle de 23 390 800 euros hors taxes, moyennant une modification du programme de l'opération consistant notamment à diminuer le nombre de salles de classe, concevoir en " open space " certains bureaux et réduire le dimensionnement de certains ateliers. Cette offre de base était assortie de plusieurs options : l'option 1, consistant en la création d'une passerelle de liaison entre l'extension 1 et le bâtiment FST, évaluée à 804 000 euros hors taxes; l'option 2a, consistant en la création d'un logement de fonction dans un bâtiment dédié, évaluée à 200 000 euros hors taxes ; l'option 2b, comprenant la création d'une extension intégrant le logement de fonction, 3 salles d'enseignement et 3 salles " gradinées ", la halle robotique et les garages pour véhicules électriques avec démonstrateur smart living, la relocalisation des bureaux de l'ASE et des techniciens prévus en base dans l'extension 1, ainsi la réfection complète du parking, pour un montant estimé de 6 000 000 euros hors taxes.
6. Dans son mémoire technique, après avoir admis que son offre de base " ne respecte pas entièrement le programme ", la société Dietrich Untertrifaller Architectes a précisé que ces options " permettront en cas d'augmentation du budget, qu'elle soit immédiate ou différée dans le temps, de répondre à 100 % du programme ". Par conséquent, en prenant en compte ces options, le jury n'a pas procédé à une modification unilatérale de l'offre de la requérante, mais s'est borné à reconstituer, sur la base des éléments de cette offre, le montant de l'enveloppe prévisionnelle correspondant au programme complet faisant l'objet de la procédure de concours, comme il était tenu de le faire pour pouvoir en apprécier les mérites par rapport à ceux des autres projets.
7. Par ailleurs, si le montant de 4 046 310 euros hors taxes que le jury a intégré dans l'enveloppe prévisionnelle du projet de la requérante ne figure pas dans la proposition de cette dernière, il résulte de l'instruction qu'il correspond aux prestations de l'option 2a. Cette estimation, n'apparaît ni arbitraire, ni excessive dès lors que la société Dietrich Untertrifaller Architectes avait elle-même chiffré ces prestations à 6 000 000 euros hors taxes. En outre, sur la base, notamment, de cette estimation, le jury a retenu une enveloppe prévisionnelle conforme au programme de 28 315 010 euros hors taxes, plus avantageuse, au regard du critère principal de la performance financière, que l'enveloppe prévisionnelle de 30 394 800 euros hors taxes résultant des estimations de l'intéressée pour son offre de base et ses options.
8. Dans ces conditions, et alors que le jury a pareillement corrigé le montant de l'enveloppe prévisionnelle du projet de la lauréate, porté de 21 263 640 à 24 103 640 euros hors taxes, la société Dietrich Untertrifaller Architectes n'est, en tout état de cause, pas susceptible d'avoir été lésée par le manquement dont elle se prévaut.
9. En second lieu, il n'appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en en méconnaissant ou en en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.
10. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 6, l'offre de base présentée par la requérante n'est, du propre aveu de cette dernière, pas entièrement conforme au programme. Par conséquent, en retenant, pour apprécier la valeur de son offre au regard du critère de la performance financière, non pas l'enveloppe prévisionnelle de 23 390 800 euros hors taxes correspondant à l'offre de base, mais une enveloppe prévisionnelle de 28 315 010 euros hors taxes correspondant à cette offre de base complétée par les options permettant, selon la requérante elle-même, de rendre le projet conforme au programme, le jury n'a nullement dénaturé le contenu de son projet.
11. D'autre part, il ressort du rapport d'analyse des projets que le jury a apprécié la valeur du projet de la requérante au regard du critère de la performance financière, lequel reposait sur la compatibilité du projet avec l'enveloppe prévisionnelle, sur la base de l'enveloppe de 28 315 010 euros hors taxes correspondant au programme complet, tandis qu'il en a apprécié la valeur au regard du critère des caractéristiques architecturales et fonctionnelles, lequel reposait notamment sur la réponse au programme, au vu de son offre de base, qui ainsi qu'il a été dit précédemment ne correspondait pas au programme complet. Ce faisant, le jury a dénaturé le contenu de son offre.
12. Toutefois, il ressort de ce même rapport que le jury a analysé de la même manière les projets des autres candidats, et notamment celui de la lauréate. En outre, alors que le critère de la performance financière est le premier par ordre d'importance hiérarchique, et revêt, par suite, une importance prépondérante dans le choix du lauréat, l'enveloppe prévisionnelle du programme complet de la requérante, d'un montant 28 315 010 euros hors taxes, est significativement plus élevée que celle du programme complet de la lauréate, d'un montant de 24 103 640 euros hors taxes. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction le manquement dont se prévaut la requérante soit susceptible de l'avoir lésée.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la société Dietrich Untertrifaller Architectes sur le fondement des articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'université de Haute-Alsace, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre une somme à la charge de la société Dietrich Untertrifaller Architectes en application de ces dispositions.
O R D O N N E
Article 1 : La requête de la société Dietrich Untertrifaller Architectes est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'université de Haute-Alsace tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Dietrich Untertrifaller Architectes, à l'université de Haute-Alsace et à la société TOA Architectes associés.
Fait à Strasbourg, le 30 janvier 2024.
Le juge des référés,
P. Rees
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
ss
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026