jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2309056 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 19 décembre 2023 et 4 juin 2024, la société Espace et Résidence, représentée par la Selarl Cosslater, de Zolt et Couronne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2023 par lequel le maire de la commune d'Hayange a refusé de lui délivrer un permis d'aménager portant sur la création d'un lotissement d'habitation de 7 à 15 lots ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Hayange de lui délivrer le permis d'aménager sollicité, dans un délai de trente jours à compter de la notification de la présente décision et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Hayange le versement d'une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'est pas signée ;
- c'est à tort que le maire de la commune de Hayange a estimé que le projet méconnaissait les dispositions des articles 1AU2, 1AU4 et 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Hayange ;
- le projet est compatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur ;
- le projet ne méconnaît pas les dispositions des articles L. 441-4 et R. 441-4-2 du code de l'urbanisme ;
- c'est à tort que le maire de la commune de Hayange s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme pour refuser de délivrer le permis d'aménager sollicité ;
- la décision attaquée est constitutive d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2024, la commune de Hayange, représentée par Me Vigo, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Espace et Résidence en application des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée le même jour, en application de l'article 611-11-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- et les observations de Me Bizzarri, substituant Me De Zolt, avocat de la société Espace et Résidence.
La commune de Hayange n'était ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 20 juillet 2023, la société Espace et Résidence a sollicité la délivrance d'un permis d'aménager portant sur la création d'un lotissement à usage d'habitation de sept à quinze lots, sur un terrain situé 41, rue de Volkrange à Hayange. Par un arrêté du 19 octobre 2023, le maire de la commune de Hayange a refusé de délivrer le permis d'aménager sollicité. Par la présente requête, la société Espace et Résidence demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2023.
Sur la légalité de l'arrêté du 19 octobre 2023 :
En ce qui concerne le vice de forme :
2. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".
3. Contrairement à ce qui est soutenu, la décision attaquée comporte la signature de son auteur ainsi que la mention de son nom, de son prénom et de sa qualité. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait illégale faute de comporter de signature doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité des motifs de refus :
4. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Aux termes de l'article R. 421-19 de ce code : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : / a) Les lotissements : / (). ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 421-6 de ce code : " Le permis () d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique ". Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
5. Pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité, le maire de Hayange s'est fondée sur la circonstance que le projet méconnaît les dispositions des articles 1AU2, 1AU4 et 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, celles des articles L. 441-4, R. 441-4-2 et L. 111-11 du code de l'urbanisme et est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur.
S'agissant de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme :
6. Aux termes de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis d'aménager concernant un lotissement ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel aux compétences nécessaires en matière d'architecture, d'urbanisme et de paysage pour établir le projet architectural, paysager et environnemental dont, pour les lotissements de surface de terrain à aménager supérieure à un seuil fixé par décret en Conseil d'Etat, celles d'un architecte au sens de l'article 9 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture ou celles d'un paysagiste concepteur au sens de l'article 174 de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. ". Aux termes de l'article R. 441-4-2 du même code : " Le seuil mentionné à l'article L. 441-4 est fixé à deux mille cinq cents mètres carrés. ". Ces dispositions ne font pas obstacle à ce qu'un projet, même lorsque les dispositions de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme imposent le recours à un architecte, qui doit alors signer les documents et plans qu'il réalise, soit élaboré par une équipe pluridisciplinaire associant d'autres professionnels de l'aménagement, de l'urbanisme et des paysages, tels que les géomètres-experts.
7. Il ressort du dossier de demande de permis d'aménager déposé par la société requérante que le projet porte sur un lotissement dont le terrain à aménager présente une superficie de 6 704 mètres carrés. La circonstance que la rubrique 5.1 du formulaire cerfa joint au dossier de demande de permis d'aménager ne fasse pas état de ce que le projet aurait été réalisé avec le concours d'un architecte est sans incidence dès lors qu'il ressort de la rubrique 10 de ce même formulaire cerfa qu'il a été fait appel aux compétences prévues à l'article précité L. 441-4 du code de l'urbanisme et qu'un architecte, dont le nom et références sont précisés au sein de cette rubrique, a participé à l'établissement du projet architectural, paysager et environnemental. Alors que figurent également au dossier de demande de permis d'aménager deux attestations établies respectivement par la société pétitionnaire et par le mandataire de l'équipe pluridisciplinaire ayant participé à l'établissement du projet et faisant état de ce que le projet architectural, paysager et environnemental a été notamment réalisé par l'architecte mentionné à la rubrique 10 du formulaire cerfa, il est établi de manière suffisamment probante que les dispositions précitées de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme ont été respectées, et ce quand bien même les plans et documents communiqués ne portent pas la mention du nom et la signature de l'architecte désigné. Par suite, c'est à tort que la commune de Hayange a refusé de délivrer le permis d'aménager sollicité au motif que sa demande n'aurait pas, en méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 441-4 et R. 441-4-2 du code de l'urbanisme, été présentée avec le concours d'un architecte.
S'agissant de l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Hayange :
8. Aux termes de l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Hayange : " Stationnement / A) Stationnement des véhicules motorisés : / Des aires de stationnement des véhicules correspondant aux besoins des occupations et utilisations du sol doivent être réalisées en dehors des voies et emprises publiques, soit au minimum : / 1. Habitations / a. Logement (individuel ou collectif) / 1 place de stationnement par tranche de 70 m2. Pour les logements collectifs, ajouter 1 place de stationnement " visiteurs " par groupe de logements. () / B) Mode de calcul / Sauf indication contraire, les surfaces de référence sont des surfaces de plancher. / La valeur obtenue par le calcul ci-dessus est arrondie à l'unité supérieure. () / D) Caractéristiques techniques des aires de stationnement / Chaque place de stationnement devra mesurer au minimum 4,80 mètres de longueur par 2,20 mètres de largeur ; cette largeur pourra cependant être réduite à 2,00 mètres pour du stationnement longitudinal sur voirie. Exception : le dimensionnement des places de stationnement destinées aux personnes à mobilité réduite devra respecter les normes en vigueur. () ".
9. La commune de Hayange fait grief au projet en litige, d'une part, de prévoir un nombre insuffisant de places de stationnement au regard de la surface de plancher qu'il crée et, d'autre part, d'avoir prévu une place de stationnement pour visiteur qui ne satisfait pas aux exigences de dimensionnement prévues par les dispositions précitées de l'article 1AU12. Toutefois, eu égard à ce qui a été indiqué au point 4 du présent jugement et dès lors qu'il n'est pas justifié de l'impossibilité de respecter les exigences posées en matière de stationnement lorsqu'auront été arrêtées, au stade des permis de construire, les caractéristiques des futures constructions, la commune de Hayange ne pouvait s'opposer au projet en litige au motif que celui-ci méconnaissait l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme.
S'agissant de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme :
10. Aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ". Aux termes de l'article L. 332-15 du même code : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité, les réseaux de télécommunication, l'évacuation et le traitement des eaux et matières usées, l'éclairage, les aires de stationnement, les espaces collectifs, les aires de jeux et les espaces plantés. / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. / Toutefois, en ce qui concerne le réseau électrique, le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition est redevable de la part de la contribution prévue au troisième alinéa du II de l'article 4 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 (1) relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité, correspondant au branchement et à la fraction de l'extension du réseau située sur le terrain d'assiette de l'opération, au sens de cette même loi et des textes pris pour son application. / L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures () ".
11. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme doit être refusée lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Pour l'alimentation en électricité, relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public d'électricité qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, dans les conditions définies au troisième alinéa de l'article L. 332-15, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve dans ce dernier cas que le raccordement n'excède pas cent mètres. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics d'électricité, notamment les ouvrages d'extension ou de branchement en basse tension, et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.
12. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis émis par Enedis le 11 septembre 2023, que si le projet nécessite la pose de nouveaux câbles de distribution d'électricité sur une distance totale de 210 mètres, cette opération ne nécessite un raccordement au réseau public d'électricité que sur les dix mètres linéaires séparant le réseau public du terrain d'assiette, les 200 mètres restants se rapportant au raccordement effectué à l'intérieur même du futur lotissement. Ce même avis d'Enedis n'est assorti d'aucune réserve relative à la capacité du réseau existant à desservir le nouveau lotissement ou à la faisabilité du raccordement au réseau public, consistant en un simple branchement sans renforcement ni extension de ce même réseau public. Dans ces circonstances, le maire de la commune de Hayange ne pouvait refuser de délivrer le permis d'aménager en se fondant sur les dispositions précitées de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, les travaux de raccordement au réseau public d'électricité devant, en effet, être regardés comme portant sur des équipements propres de la société pétitionnaire.
S'agissant de l'article 1AU 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Hayange et de l'incompatibilité avec l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur :
13. Aux termes de l'article 1AU2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Hayange : " Occupations et utilisations du sol admises sous conditions / 1. Les constructions non mentionnées à l'article 1AU1, à condition : () / d) que les opérations à dominante d'habitat prévoient qu'au moins 20 % du nombre de logements projetés soient affectés aux logements aidés, hormis pour la zone 1AU de la rue Saint-François (en bordure de la cité Gargan) où ce taux est augmenté à 50 % minimum ; (). ".
14. Par ailleurs, l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme dispose que les projets de constructions doivent être compatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme. L'orientation d'aménagement et de programmation du quartier de Marspich prévoit notamment que " Pour garantir une mixité sociale et une ambiance urbaine variée, l'orientation d'aménagement impose la constitution d'un quartier où se côtoieront tous types d'habitat, du collectif au pavillon, en passant par les maisons de ville ou d'autres formes d'habitat intermédiaire. La mixité sociale sera également garantie par la construction de logements aidés (le taux minimum imposé est précisé dans le règlement de la zone 1AU du PLU). () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement en litige consiste en une opération à dominante d'habitat d'un maximum de quinze lots. Alors que la notice descriptive du projet prévoit que les travaux seront réalisés en une seule tranche, ni le contenu de cette notice ni les autres pièces figurant dans le dossier de demande de permis d'aménager ne permettent de s'assurer du respect de l'objectif de mixité sociale, tel que défini par l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur, et impliquant notamment, eu égard aux dispositions de l'article 1AU2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune auxquelles renvoient cette même orientation d'aménagement et de programmation, que parmi les logements projetés, un minimum de 20 % soit dédié à de l'habitat aidé. Dans ces circonstances, faute pour la société pétitionnaire de justifier de ce que l'opération en litige à dominante d'habitat sera composée d'au moins 20 % de logements aidés, c'est à bon droit que le maire de la commune de Hayange a pu lui opposer le motif tiré de ce que le projet méconnaissait les dispositions de l'article 1AU2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et était incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur, en tant qu'elle impose la réalisation d'un nombre minimum de logements sociaux.
S'agissant de l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Hayange :
16. Aux termes de l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Hayange : " Desserte par les réseaux / - Les réseaux d'eau, d'assainissement, d'électricité devront avoir des caractéristiques suffisantes pour répondre aux besoins de l'ensemble des constructions susceptibles d'être desservies par des réseaux. () / II - Assainissement / L'avis de l'organisme gestionnaire du réseau d'assainissement devra être demandé et respecté. () / 2. Eaux pluviales / - Pour les voiries nouvelles, les aménagements doivent faire appel majoritairement à des techniques alternatives au réseau enterré d'évacuation des eaux pluviales, par exemple le recours à des revêtements de sols perméables, à des tranchées drainantes, à des noues de stockage et d'infiltration, S'il s'avère nécessaire de réaliser des surverses pour ces ouvrages hydrauliques, les aménagements garantiront et maîtriseront l'écoulement des eaux pluviales excédentaires dans le milieu naturel. / - Quant aux eaux pluviales des parcelles privées, elles seront recueillies à même les parcelles et infiltrées dans le sol par un dispositif de stockage et d'épandage approprié et proportionné. La mise en place de systèmes de récupération des eaux de pluie, pour l'arrosage de jardin par exemple, est autorisée sous forme de réservoir clos et couvert. S'il s'avère nécessaire de réaliser des surverses pour ces ouvrages hydrauliques, les aménagements garantiront et maîtriseront l'écoulement des eaux pluviales excédentaires dans le réseau public. (). ".
17. Il ressort de l'avis émis le 6 septembre 2023 par la communauté d'agglomération du Val de Fensch que cette dernière a relevé que le réseau unitaire existant rue de Volkrange étant saturé en cas d'épisodes pluvieux, il convenait d'éviter le rejet des eaux pluviales dans le collecteur existant. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des éléments figurant dans le programme de travaux joint au dossier de demande de permis d'aménager, que bien que le projet prévoie de mettre en place des dispositifs d'infiltration aux parcelles, les eaux pluviales résiduelles, en particulier lors d'épisodes de pluie exceptionnels, seront déversées dans le réseau communal unitaire de la rue de Volkrange. Ce même programme de travaux indique, en outre, que les eaux usées et pluviales seront rejetées dans les réseaux communaux existants. Dans ces circonstances, faute pour les éléments du dossier de demande de permis d'aménager d'établir que les dispositifs prévus en matière d'assainissement, et en particulier de gestion des eaux pluviales, préviendront tout rejet dans le réseau unitaire existant d'ores et déjà saturé lors d'épisodes pluvieux et dès lors qu'il n'est pas démontré que le projet aurait pu être accordé sous réserve du respect par le pétitionnaire d'une prescription sur ce point, la commune de Hayange pouvait, sans entacher sa décision d'illégalité, refuser de délivrer le permis d'aménager sollicité au motif que celui-ci était susceptible de méconnaître les dispositions de l'article 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
18. Il résulte de l'instruction qu'en dépit de l'illégalité entachant les motifs tirés de ce que le projet méconnaît les dispositions des articles L. 441-4, R. 441-4-2 et L. 111-11 du code de l'urbanisme ainsi que celles de l'article 1AU12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Hayange, le maire de la commune de Hayange aurait pris la même décision s'il s'était seulement fondé sur les trois derniers motifs, tirés de la méconnaissance des articles 1AU2 et 1AU4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et de l'incompatibilité du projet avec l'orientation d'aménagement et de programmation du secteur, en tant qu'elle impose la réalisation d'un nombre minimum de logements sociaux, qui fondaient légalement ce refus.
En ce qui concerne le détournement de pouvoir :
19. Si la société pétitionnaire se prévaut de ce que la décision attaquée est constitutive d'un détournement de pouvoir, elle n'apporte pas d'éléments susceptibles d'établir la réalité de ses allégations. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
20. Il résulte ainsi de l'ensemble de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 19 octobre 2023. Ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Hayange qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que la société Espace et Résidence demande au titre des frais liés au litige.
22. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de la société Espace et Résidence le versement à la commune de Hayange d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de la société Espace et Résidence est rejetée.
Article 2 : La société Espace et Résidence versera à la commune de Hayange une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Espace et Résidence et à la commune de Hayange.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Perabo-Bonnet, première conseillère,
Mme Eymaron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
La présidente,
A. DULMET
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026