LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2309059

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2309059

mardi 25 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2309059
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e chambre
Avocat requérantSELARL DÔME AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. A... qui demandait l'annulation du refus du maire de Haspelschiedt d'enlever un portail sur un chemin rural. Le tribunal a jugé que le refus de prendre une mesure de police défavorable envers un tiers n'a pas à être motivé, rendant ce moyen inopérant. Sur le fond, il a estimé que l'obstacle constitué par une simple chaîne, aisément amovible et installée depuis longtemps pour éviter l'évasion d'animaux, ne justifiait pas l'intervention du maire au titre de l'article L. 161-5 du code rural et de la pêche maritime. La solution retenue est le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 décembre 2023 et 24 septembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Verdin, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 2 novembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Haspelschiedt a refusé d’enlever un portail sur le chemin rural au lieu-dit Buchendelle et de rétablir l’usage de ce chemin ;

2°) d’enjoindre au maire de la commune de Haspelschiedt d’ordonner la démolition du portail fermant l’accès au chemin rural au lieu-dit Buchendelle et de prendre les mesures de police nécessaires au rétablissement de l’accès et à l’utilisation de ce chemin ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Haspelschiedt la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision attaquée n’est pas motivée ;
- elle est entachée d’une erreur de droit au regard de l’article L. 161-5 et D 161-11 du code rural et de la pêche maritime.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2024, la commune de Haspelschiedt, représentée par Me Delord, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A... la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens invoqués par M. A... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales,
- le code rural et de la pêche maritime,
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Bronnenkant,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- les observations de Me Verdin, représentant M. A....


Considérant ce qui suit :

M. A..., exploitant agricole de parcelles situées sur la commune de Haspelschiedt. a demandé au maire, par une lettre du 18 août 2023, de lui permettre de circuler sur le chemin rural au lieu-dit Buchendelle et de faire enlever le portail installé par un exploitant qui entrave la liberté de circulation sur ledit chemin. Par une lettre du 2 novembre 2023, le maire de la commune de Haspelschiedt a rejeté sa demande. Par sa requête, M. A... demande l’annulation de cette décision.

En premier lieu, le refus de prendre une mesure de police défavorable envers un tiers n’a pas à être motivé. Par suite le moyen tiré de l’insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté comme inopérant.

En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 161-1 du code rural et de la pêche maritime : « Les chemins ruraux sont les chemins appartenant aux communes, affectés à l'usage du public, qui n'ont pas été classés comme voies communales. Ils font partie du domaine privé de la commune. ». Aux termes de l’article L. 161-2 du même code : « L'affectation à l'usage du public est présumée, notamment par l'utilisation du chemin rural comme voie de passage ou par des actes réitérés de surveillance ou de voirie de l'autorité municipale. / Lorsqu'elle est ainsi présumée, cette affectation à l'usage du public ne peut être remise en cause par une décision administrative. / La destination du chemin peut être définie notamment par l'inscription sur le plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée. ». L’article L. 161-5 du même code prévoit que « L'autorité municipale est chargée de la police et de la conservation des chemins ruraux. ». Aux termes de l’article D161-11 du même code : « Lorsqu'un obstacle s'oppose à la circulation sur un chemin rural, le maire y remédie d'urgence ».

Il résulte de la lettre même de ces dispositions que le maire a l’obligation de remédier à l’obstacle qui s’oppose à la circulation sur un chemin rural. Toutefois, pour relever l’existence d’un obstacle à la circulation sur le chemin rural et pour déterminer les mesures qui s’imposent, le maire est nécessairement conduit à porter une appréciation sur les faits de l’espèce, notamment sur l’ampleur de la gêne occasionnée et ses conséquences.

D’autre part, aux termes des dispositions de l’article L 2542-1 du code général des collectivités territoriales : « Les dispositions du titre Ier du livre II de la présente partie sont applicables aux communes des départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, à l'exception de celles des articles L. 2212-1, L. 2212-2, L. 2212-3, L. 2212-4, L. 2213-6, L. 2213-7, L. 2213-8, L. 2213-9, L. 2213-21, L. 2213-26, L. 2213-27, L. 2214-3, L. 2214-4, L. 2215-1 et L. 2215-4. ». Aux termes des dispositions de l’article L 2542-2 du même code : « Le maire dirige la police locale. / Il lui appartient de prendre des arrêtés locaux de police en se conformant aux lois existantes ». Aux termes des dispositions de l’article L 2542-3 dudit code : « Les fonctions propres au maire sont de faire jouir les habitants des avantages d'une bonne police, notamment de la propreté, de la salubrité, de la sûreté et de la tranquillité dans les rues, lieux et édifices publics… ».

Il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies produites en défense, que la clôture en litige qui consiste en une simple chaîne est aisément amovible dans un laps de temps très court. En outre, il n’est pas contesté qu’elle est installée depuis un grand nombre d’années dans le but d’éviter que des animaux qui séjournent sur des parcelles voisines ne s’en échappent. Il n’est également pas contesté que le chemin rural en cause est très peu fréquenté, étant essentiellement emprunté par deux exploitants agricoles, dont M. A... qui possède une parcelle accessible par ce chemin. Enfin, il ressort des pièces du dossier qu’à la suite de la demande de M. A... de faire procéder à la suppression de la clôture en litige, le maire de la commune de Haspelschiedt a proposé aux deux intéressés de racheter le chemin rural, ce que M. A... a refusé. Ainsi, dans les circonstances particulières de l’espèce, eu égard à la gêne très limitée occasionnée par la clôture amovible et à l’intérêt qu’elle peut représenter en vue d’éviter la divagation de bétail, ladite clôture n’a pas pour effet d’empêcher un usage du chemin rural conforme à sa destination. Il s’ensuit que le maire de la commune de Haspelchiedt, en refusant de procéder à sa suppression, n’a pas commis d’erreur de droit ni d’erreur d’appréciation.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la requête, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d’injonction et tendant au versement de frais d’instance ne peuvent qu’être rejetées.

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de M. A... la somme de 500 euros à verser à la commune de Haspelschiedt au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :


La requête de M. A... est rejetée.
M. A... versera une somme de 500 (cinq cents) euros à la commune de Haspelschiedt sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la commune de Haspelschiedt.






Délibéré après l'audience du 30 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Carrier, président,
Mme Bronnenkant, première conseillère,
Mme Muller, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2025.


La rapporteure,





H. BRONNENKANT


Le président,

C. CARRIER



Le greffier,





P. SOUHAIT

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,








Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions