vendredi 19 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2309140 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BOYER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 décembre 2023 et le 17 janvier 2024, Mme B A, représentée par Me Iochum, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 11 août 2023 par laquelle le directeur général du centre hospitalier régional de Metz-Thionville l'a affectée en consultation à l'hôpital Legouest, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux du 31 août 2023 ;
2°) d'ordonner, sur le même fondement, la suspension de l'exécution de la décision du 11 août 2023 par laquelle le directeur général du centre hospitalier régional de Metz-Thionville a décidé son placement en autorisation spéciale d'absence à compter du 24 février 2023, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux du 31 août 2023 ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier régional de Metz-Thionville de la réaffecter au service de neurologie de l'hôpital Mercy, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance, et de réexaminer sa situation sous la même astreinte et dans le même délai ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional de Metz-Thionville une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- plusieurs moyens sont susceptibles de faire naître un doute sérieux, et sont tirés de ce que :
* concernant la décision de l'affecter à l'hôpital de Legouest, elle méconnaît les dispositions de l'article R. 6152-42 du code de la santé publique ; elle ne saurait être justifiée par la nécessité alléguée de la protéger à raison de " grosses difficultés relationnelles avec ses collègues et sa hiérarchie médicale " ; elle méconnaît les dispositions de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 ; elle dissimule une sanction à raison des faits qu'elle dénonce et ne repose sur aucune prescription médicale ;
* concernant la décision de la placer en autorisation spéciale d'absence de manière rétroactive depuis le 24 février 2023, elle est illégale dès lors que cette mesure n'est pas une position administrative dans laquelle peut être placé un agent à la fin de son congé de longue maladie, déclaré apte à reprendre ses fonctions.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2024, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par Me Boyer, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens invoqués par Mme A n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête en annulation présentée par Mme A, le 20 décembre 2023.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Strasbourg a désigné M. Bouzar, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 18 janvier 2024, tenue en présence de M. Pillet, greffier d'audience, M. Bouzar a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Iochum, pour Mme A, présente, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Ferrand, substituée à Me Boyer, pour le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, praticien hospitalier affecté au service de neurologie de l'hôpital Mercy, dépendant du centre hospitalier régional de Metz-Thionville, a été placée en congé de longue maladie à compter du 30 mai 2019 jusqu'au 1er janvier 2021. Elle a été à nouveau placée en congé de longue maladie à compter du 23 août 2021, renouvelé jusqu'au 23 février 2023. A la suite du rapport de l'expertise psychiatrique réalisée en mars 2023 et de l'avis du médecin du travail du centre hospitalier régional de Metz-Thionville du 3 août 2023, préconisant tous deux une reprise de son activité professionnelle à mi-temps thérapeutique, le directeur général du centre hospitalier, par un courrier du 11 août 2023, lui a proposé de réaliser des consultations de neurologie sur le site de Legouest et l'a informée que, dans l'attente, elle serait placée en autorisation spéciale d'absence. Mme A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue dès lors qu'il serait fait état d'un moyen de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité.
4. Si Mme A soutient qu'elle se trouve privée d'emploi, elle refuse cependant la nouvelle affectation qui lui a été proposée sur le site de Legouest qui se trouve également à Metz, et continue de percevoir sa rémunération ainsi qu'elle l'a confirmé à l'audience. Par ailleurs, elle soutient sans l'établir qu'en demeurant en inactivité, elle sera tenue d'entreprendre des activités de remise à niveau. Ainsi, Mme A ne démontre pas l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions précitées. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin d'examiner s'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions de Mme A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Fait à Strasbourg, le 19 janvier 2024
Le juge des référés,
M. Bouzar
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Sébastien PILLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026