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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2309260

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2309260

vendredi 19 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2309260
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL OFFICIO AVOCATS

Texte intégral

Vu :

- la requête enregistrée le 22 décembre 2023 sous le numéro 2309251 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Laubriat, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 19 janvier 2024 en présence de Mme A. Dorffer, greffière d'audience,

- M. Laubriat a lu son rapport et informé les parties de ce que les conclusions tendant à enjoindre au SDIS57 de placer M. A en congé de longue maladie à compter du 2 janvier 2023 sont irrecevables

M. Laubriat a entendu les observations :

- de Me Batot pour M. A, qui a conclu aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans ses écritures.

- Mmes B et Theveny pour le SDIS qui ont conclu aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans leurs écritures.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A est employé depuis le 1er octobre 2017 par le service départemental d'incendie et de secours de la Moselle (SDIS 57) en qualité de sapeur-pompier professionnel. Il a été placé en arrêt de maladie ordinaire à compter du 2 janvier 2023. Par un courrier du 25 mai 2023, il a demandé au SDIS son placement en congé de longue maladie. Lors de sa séance du 10 octobre 2023, le conseil médical territorial a émis un avis défavorable au placement de M. A en congé de longue maladie, au motif qu'il a sollicité parallèlement la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie. Par une décision du 26 octobre 2023, le président du conseil d'administration du SDIS 57 a rejeté la demande de M. A de placement en congé de longue maladie et l'a informé de son maintien en congé de maladie ordinaire Par la présente requête, M. A demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 26 octobre 2023.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-1 du même code dispose : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, selon le premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Il résulte de l'instruction que par un arrêté du 15 janvier 2024, le président du conseil d'administration du SDIS 57 a maintenu à M. A son demi-traitement à compter du 2 janvier 2024 dans l'attente de l'avis du conseil médical sur sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie. Ce faisant, M. A ne se retrouvera pas, comme il le prétend, privé de toute rémunération mais percevra un traitement de 1 286 euros pour le mois de janvier 2024. Il résulte également des propres écritures de M. A, corroborées par les pièces du dossier, que sa compagne perçoit un salaire mensuel de 1 700 euros net. Les revenus du foyer, qui s'élèvent au total à près de 3000 euros net, permettent ainsi de couvrir les charges fixes que le requérant évalue à environ un peu plus de 2000 euros. Au regard de l'ensemble de ces circonstances, la condition d'urgence, telle qu'entendue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut ainsi être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de la requête de M. A aux fins de suspension, ainsi que ses conclusions en injonction.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de M. A dirigées contre le SDIS 57 qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au même titre par le SDIS 57.

O R D O N N E

Article 1 : La requête est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le SDIS 57 sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au service départemental d'incendie et de secours de la Moselle.

Fait à Strasbourg, le 19 décembre 2024.

Le juge des référés,

A. Laubriat

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour copie conforme,

La greffière,

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