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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2400235

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2400235

mardi 6 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2400235
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantZIMMERMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par des requêtes, enregistrées le 12 janvier 2024 sous les numéros 2400235, 2400236 et 2400237, M. B A, Mme E A et M. D A, représentés par Me Zimmermann, demandent au tribunal :

1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les arrêtés du 1er décembre 2023 par lesquels la préfète du Bas-Rhin a ordonné leur transfert aux autorités suédoises ;

3°) d'annuler les arrêtés du 1er décembre 2023 par lesquels la préfète du Bas-Rhin a prononcé leur assignation à résidence ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de les convoquer pour enregistrer leur demande d'asile en procédure normale dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat trois fois la somme de 1800 euros hors taxe au bénéfice de leur conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

Sur les arrêtés de transfert :

- les arrêtés attaqués sont entachés de vice d'incompétence ;

- l'information prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne leur ont pas été donnée ;

- ils n'ont pas bénéficié d'un entretien individuel conforme aux dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il n'est pas établi que la préfète du Bas-Rhin aurait saisi les autorités suédoises ni que celles-ci auraient accepté de les prendre en charge ;

- les arrêtés attaqués méconnaissent les dispositions de l'article 12-4 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- ils sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de celle de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur les assignations à résidence :

- les décisions portant assignation à résidence seront annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de transfert ;

- elles sont entachées de vice d'incompétence ;

- elles sont insuffisamment motivées

- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;

- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 janvier 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet des requêtes.

La préfète du Bas-Rhin soutient que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Weisse-Marchal en application des dispositions de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Weisse-Marchal, magistrate désignée ;

- les observations de Me Zimmerman, avocat des requérants, présents à l'audience, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et fait valoir que M. D A n'a pas signé personnellement son entretien individuel et que l'agent qui a conduit les entretiens individuels n'est pas identifiable. Elle soutient également que la scolarité de la fille et sœur mineure des requérants est perturbée par la mesure d'assignation à résidence car elle doit se rendre avec eux à l'Hotel de police de Metz tous les mardi après-midi à 15 heures ;

- les observations de M. B A qui indique qu'ils craignent pour leur sécurité en Suède en raison de la présence de membres de la famille d'une personne avec qui ils ont un différent dans leur pays.

La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. MM. et Mme A, ressortissants kosovars, sont entrés irrégulièrement en France accompagnés de leur fille et sœur mineure et ont présenté des demandes d'asile. Le 21 septembre 2023, des attestations de demandeur d'asile en procédure " Dublin " leur ont été remises. La consultation du fichier VIS (Système d'information sur les visas) a fait apparaître qu'ils étaient chacun en possession d'un visa délivré par les autorités suédoises, périmé depuis moins de six mois au moment du dépôt de leur demande d'asile en France. Le 24 octobre 2023, la préfète du Bas-Rhin a saisi les autorités suédoises d'une demande de reprise en charge, lesquelles ont donné leur accord le 13 novembre 2023. Par les présentes requêtes, les requérants demandent l'annulation des arrêtés du 1er décembre 2023 par lesquels la préfète du Bas-Rhin a décidé leurs transferts aux autorités suédoises, responsables de l'examen de leur demande d'asile et leurs assignations à résidence dans le département de la Moselle pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur leurs requêtes, il y a lieu d'admettre MM. et Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur le moyen commun aux décisions attaquées :

3. Les arrêtés attaqués ont été signés le 1er décembre 2023 par Mme C F, cheffe du pôle régional Dublin, qui disposait pour ce faire d'une délégation accordée le 17 novembre 2023 et publiée le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire de l'acte doivent être écartés.

Sur la légalité des arrêtés portant transfert aux autorités suédoises :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. (). / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604/2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que MM. et Mme A se sont vus remettre, le 21 septembre 2023, deux brochures intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " ainsi que le guide du demandeur d'asile, documents rédigés en langue albanaise qu'ils ont déclaré comprendre. La remise de ces documents, qui constituent la brochure commune prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013, permet aux demandeurs d'asile de bénéficier d'une information complète sur l'application de ce règlement. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 doivent être écartés.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / 2. L'entretien individuel peut ne pas avoir lieu lorsque : a) le demandeur a pris la fuite ; ou b) après avoir reçu les informations visées à l'article 4, le demandeur a déjà fourni par d'autres moyens les informations pertinentes pour déterminer l'État membre responsable. L'État membre qui se dispense de mener cet entretien donne au demandeur la possibilité de fournir toutes les autres informations pertinentes pour déterminer correctement l'État membre responsable avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que MM. et Mme A ont chacun bénéficié, le 21 septembre 2023, d'un entretien individuel conduit par un agent qualifié de la préfecture du Bas-Rhin, avec le concours d'un interprète en langue albanaise qu'ils ne contestent pas comprendre. Aucune disposition ni aucun principe n'impose la mention, sur le compte-rendu de l'entretien individuel, de l'identité et de la qualité de l'agent qui a conduit cet entretien. Dès lors, la circonstance que ces indications n'apparaissent pas sur les résumés des entretiens individuels est sans incidence sur la régularité de la procédure suivie. Enfin, les requérants ne font état d'aucun élément qui conduirait à penser que ces entretiens, dont ils ont signé le résumé, ne se sont pas déroulés dans les conditions prévues par les dispositions de cet article. S'il est constant que le résumé de l'entretien individuel de M. D A a été signé, pour lui, par son père, cette circonstance est sans incidence sur la validité de son entretien individuel dès lors qu'il était dans l'incapacité de le faire en raison de son handicap et qu'il est notifié sur le résumé de cet entretien que l'intéressé " parle et comprend lorsque l'on s'adresse à lui " de sorte qu'il a pu lui-même répondre aux questions qui lui étaient posées et formuler des observations. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 doivent être écartés.

8. En troisième lieu, la préfecture du Bas-Rhin justifie avoir saisi, le 24 octobre 2023, les autorités suédoises de demandes de prise en charge de MM. et Mme A sur le fondement de l'article 12-4 du règlement (UE) n° 604/2013 et avoir obtenu leur accord sur ce même fondement le 13 novembre 2023. Les moyens tirés de l'absence de preuve de l'accord des autorités suédoises de prise en charge de la requérante manquent en fait et doivent être écartés.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 12-4 du règlement (UE) n° 604/2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride : " Si le demandeur est seulement titulaire d'un ou de plusieurs titres de séjour périmés depuis moins de deux ans ou d'un ou de plusieurs visas périmés depuis moins de six mois lui ayant effectivement permis d'entrer sur le territoire d'un État membre, les paragraphes 1, 2 et 3 sont applicables aussi longtemps que le demandeur n'a pas quitté le territoire des États membres. ".

10. Il ressort des pièces des dossiers que les requérants disposaient chacun d'un visa émis par la Suède valable jusqu'au 11 août 2023 et répondaient ainsi aux conditions de l'article 12-4 du règlement (UE) n° 604/2013. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées doivent être écartés.

11. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 précité, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

12. Les requérants soutiennent, d'une part, s'être sentis en insécurité en Suède en raison de la présence de membres de la famille d'une personne avec laquelle ils ont un différent dans leur pays d'origine. Toutefois, ils ne produisent pas d'éléments circonstanciés qui permettraient de tenir pour établis les risques personnels et actuels dont ils allèguent. D'autre part, ils se prévalent également de l'état de vulnérabilité de M. D A, handicapé moteur obligé de se déplacer en fauteuil roulant qui dit souffrir, de surcroît, de diabète et d'un problème cardiaque. Néanmoins, ils n'apportent aucun élément de nature à démontrer qu'il ne pourrait bénéficier en Suède d'un traitement approprié à son état de santé alors que les autorités suédoises ont accepté de le prendre en charge. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, les décisions attaquées ne sont entachées d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

Sur les décisions portant assignation à résidence :

13. En premier lieu, contrairement aux affirmations des requérants, les arrêtés portant assignation à résidence pris à leur encontre comportent les motifs de fait et de droit qui en sont le fondement. Il ne ressort pas, par ailleurs, des termes mêmes des décisions en litige qu'elles seraient entachées d'un défaut d'examen de la situation personnelle des requérants. Il s'ensuit que les moyens tirés de ce que le préfet n'aurait pas examiné leur situation et n'aurait pas motivé les décisions en cause doivent être écartés.

14. En deuxième lieu, la circonstance que M. D A soit handicapé n'a aucune incidence sur la mesure d'assignation à résidence prise à son encontre. S'il ressort des termes de l'arrêté portant assignation à résidence de M. B A qu'il doit se présenter avec sa fille mineure tous les mardi, hors jours fériés, à 15 heures, à l'Hôtel de police de Metz, il n'est pas établi, comme ils l'affirment, que les modalités de contrôle précitées ne permettent pas à la fille et sœur des requérants de poursuivre une scolarité normale en étant empêchée d'assister aux activités scolaires du mardi après-midi dès lors qu'ils n'apportent aucun élément démontrant qu'elle devrait être en cours au jour et heure fixés. Les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation des décisions d'assignation à résidence prises à l'égard de MM. et Mme A ne peuvent, en conséquence, qu'être écartés.

15. En troisième et dernier lieu, les décisions portant transfert aux autorités suédoises n'étant pas entachées d'illégalité, les moyens invoqués par la voie de l'exception à l'encontre des mesures d'assignation à résidence, tirés de l'illégalité de cette décision, doivent être écartés.

16. Il résulte de tout ce qui précède que MM. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation des deux arrêtés attaqués. Leurs conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1 : MM. et Mme A sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme E A, à M. D A, à Me Zimmermann et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.

La magistrate désignée,

C. Weisse-MarchalLa greffière,

A. Slovencik

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

A. Slovencik

Nos 2400235 - 2400236 - 2400237

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