LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2400255

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2400255

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2400255
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e chambre
Avocat requérantL'ILL LEGAL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a annulé le refus implicite de titre de séjour opposé à un ressortissant algérien. La juridiction a jugé que le préfet du Bas-Rhin avait méconnu l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, car le requérant justifiait de plus de dix ans de résidence en France. Elle a également rejeté la fin de non-recevoir opposée par l'administration, estimant que la demande n'était pas dilatoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 janvier et 22 avril 2024, M. C..., représenté par Me Hentz, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) d’enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour, subsidiairement de réexaminer sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provision de séjour avec autorisation de travail ;

Il soutient que :
- sa demande de titre de séjour n’est pas dilatoire ;
- aucune suite n’a été donnée à sa demande de communication de motifs ;
- la commission du titre de séjour n’a pas été saisie ;
- la décision attaquée méconnaît du 1) de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la décision attaquée méconnaît du 5) de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2024, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que la demande du requérant est dilatoire.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par décision du 27 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de Mme Bronnenkant,
les observations de Me Ballias, substituant Me Hentz et représentant M. A..., présent à l’audience.


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant algérien né le 25 juin 1977, est entré en France le 27 décembre 2007 sous couvert d’un visa de court séjour. Il a bénéficié d’une autorisation provisoire de séjour en 2008 puis d’un certificat de résidence algérien pour raison de santé du 4 juin 2013 au 9 septembre 2017. Il a fait l’objet d’une mesure d’éloignement le 24 juillet 2018 dont la légalité a été confirmée au contentieux et à laquelle il n’a pas déféré. Le 24 juin 2019, il a sollicité son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 30 mai 2022, il a fait l’objet d’une nouvelle mesure d’éloignement. Le 22 mars 2023, il a de nouveau sollicité son admission au séjour en se prévalant de sa vie privée et familiale en France. Par sa requête, il demande l’annulation de la décision implicite par laquelle le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

M. A... ayant été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision de la section administrative du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Strasbourg en date du 27 juin 2024, ses conclusions tendant au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

Le préfet du Bas-Rhin fait valoir que la demande de M. A... présente un caractère abusif et dilatoire dès lors que l'intéressé, qui s'est maintenu sur le territoire français malgré plusieurs mesures d'éloignement, n'a fait valoir aucun argument nouveau au regard de sa situation personnelle. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la précédente demande de titre de séjour formulée par le requérant alors même qu'elle avait été présentée sur les mêmes fondements, a été enregistrée le 24 juin 2019, soit près de quatre ans avant la demande présentée le 22 mars 2023. En outre, de nouvelles pièces ayant trait à sa vie privée et familiale sont annexées à cette demande d'admission au séjour. Par suite, eu égard à ces éléments de fait nouveaux, sa demande n'a pas, malgré le caractère exécutoire de l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, un caractère abusif ou dilatoire. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en défense ne peut être accueillie.

Sur les conclusions à fin d’annulation :
Aux termes de l’article 6 de l’accord franco-algérien : « Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention « vie privée et familiale » est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans (…) ».

Il ressort des pièces du dossier et notamment du certificat de résidence algérien pour raison de santé dont il a bénéficié du 4 juin 2013 au 9 septembre 2017, des bulletins de salaire produits pour les années 2017 et 2018, des nombreuses factures produites pour les années 2019 à 2023 ainsi que de la naissance de ses deux enfants en France en 2019 et 2021, que M. A... justifiait, à la date de la décision attaquée, de dix ans de présence sur le territoire français. Par suite, le préfet du Bas-Rhin a méconnu les dispositions du 1) de l’article 6 de l’accord franco-algérien, en refusant de lui délivrer un certificat de résidence.

Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit nécessaire de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que le refus de titre de séjour en litige opposé à M. A... doit être annulé.

Sur les conclusions aux fins d’injonction :
Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ».
Eu égard au motif d’annulation retenu, l’exécution du présent jugement implique nécessairement que dans le délai de deux mois à compter de sa notification le préfet du Bas-Rhin délivre à M. A... un certificat de résidence. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une mesure d’astreinte.

Sur les frais liés au litige :

M. A... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, et sous réserve que Me Hentz renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Hentz de la somme de 1 000 euros hors taxes.


D E C I D E :


Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur la demande d’admission, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle présentée par M. A....

Article 2 : La décision implicite de refus de titre de séjour opposée à M. A... est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au préfet du Bas-Rhin de délivrer un certificat de résidence à M. A... dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L’Etat versera à Me Hentz la somme de 1 000 euros hors taxes, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à Me Hentz et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Strasbourg.






Délibéré après l’audience du 19 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

- M. Carrier, président,
- Mme Bronnenkant, première conseillère,
- Mme Muller, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2026.





La rapporteure,

H. BRONNENKANT
Le président,

C. CARRIER

Le greffier,

P. SOUHAIT




La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,








Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions