vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2400371 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MEIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2024, M. A B, détenu à la Maison d'arrêt de Strasbourg, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- faute pour le préfet de justifier d'une délégation de signature régulière, la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée du vice d'incompétence ;
- la décision attaquée est entachée de défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la préfète du Bas-Rhin a méconnu les droits de la défense ;
- la décision porte une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale normale ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- faute pour le préfet de justifier d'une délégation de signature régulière, la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée du vice d'incompétence ;
- la décision attaquée est entachée de défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la préfète du Bas-Rhin a méconnu les droits de la défense ;
- la décision porte une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale normale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Guth en application des dispositions de l'article L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Guth, magistrat désigné ;
- les observations de Me Meira, avocat de M. B, qui conclut en sus de ses conclusions initiales à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Bas-Rhin de délivrer au requérant un titre de séjour. Il déclare renoncer au moyen tiré du vice d'incompétence et soutient en outre que les décisions attaquées méconnaissent les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les observations de M. B qui indique vouloir rester en France jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile se soit prononcée sur son recours.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article R. 776-22 du code de justice administrative : " L'étranger peut, au plus tard avant le début de l'audience, demander qu'un avocat soit désigné d'office. Il en est informé par le greffe du tribunal au moment de l'introduction de sa requête. / Quand l'étranger a demandé qu'un avocat soit désigné d'office, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné en informe aussitôt le bâtonnier de l'ordre des avocats près le tribunal de grande instance dans le ressort duquel se tiendra l'audience. Le bâtonnier effectue la désignation sans délai. ". Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. M. B bénéficie de l'assistance d'un avocat désigné par le bâtonnier de l'ordre des avocats près le tribunal de grande instance de Strasbourg dans les conditions prévues par l'article R. 776-22 du code de justice administrative. Il n'y a dès lors pas lieu de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de l'arrêté du 15 janvier 2024 :
3. En premier lieu, les décisions attaquées comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent les fondements et sont par suite suffisamment motivées.
4. En deuxième lieu, si le requérant se borne à soutenir de manière générale que ses droits de la défense ont été méconnus, il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes de l'arrêté attaqué qu'il a pu formuler ses observations dans le cadre d'un débat contradictoire du 11 janvier 2024, antérieurement à l'édiction de l'arrêté en litige. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que ses droits de la défense ont été méconnus.
5. En troisième lieu, le moyen d'erreur de droit n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants "
7. M. B se prévaut de la présence en France de sa sœur, de son état de santé et des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, et d'abord, si le requérant soutient avoir une sœur sur le territoire français il n'apporte aucun élément suffisamment précis sur son identité et son adresse. Il n'établit pas davantage avoir conservé avec elle des liens intenses. Ensuite, il ressort des pièces du dossier que M. B bénéficie d'un suivi médical pour une épilepsie et qu'un rendez-vous d'imagerie est programmé pour le mois de mai 2024. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas même allégué que sa pathologie ne pourrait être prise en charge dans son pays d'origine. Enfin, s'il fait valoir qu'il est exposé à des risques de persécutions dans son pays d'origine, il ne l'établit par aucune pièce ou élément probant. Ainsi, c'est sans méconnaître les stipulations précitées ni entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle de M. B que la préfète du Bas-Rhin a pu édicter les décisions attaquées.
8. En dernier lieu, si, en indiquant vouloir rester en France jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile se soit prononcée sur son recours, M. B a entendu demander, sur le fondement de l'article L. 743-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement, il ne fait pas état, en l'espèce, d'éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 janvier 2024. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Meira et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2024.
Le magistrat désigné,
L. Guth,
Premier conseillerLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026