mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2400696 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CARRAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2024, Mme A B, représenté par Me Carraud, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2024 par lequel la préfète des Vosges l'a obligée à quitter le territoire français, a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a interdit son retour pendant un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a assignée à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'ordonner l'effacement du signalement aux fins de non-admission au système d'information Schengen ;
5°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous la même astreinte ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- le signataire de cette décision n'a pas reçu délégation pour ce faire ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen personnel de sa situation ;
- elle méconnaît le droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation tenant à sa présence nécessaire aux côtés de sa mère en situation régulière ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- le signataire de cette décision n'a pas reçu délégation pour ce faire ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale cette décision ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- le signataire de cette décision n'a pas reçu délégation pour ce faire ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale cette décision ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la désignation du pays de renvoi :
- le signataire de cette décision n'a pas reçu délégation pour ce faire ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale cette décision ;
- cette décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur l'assignation à résidence :
- la signataire de cette décision n'a pas reçu délégation pour ce faire ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale cette décision ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 et 7 février 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête, en soutenant que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Biget pour statuer sur les litiges relevant des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Biget, magistrat désigné ;
- les observations de Me Carraud, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, en présence de Mme B, assistée de M. D, interprète en langue géorgienne.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante géorgienne née le 18 mars 1994, déclare être entrée en France le 15 mars 2022. Elle a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du 27 juillet 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par une décision du 3 novembre 2022, la préfète du Bas-Rhin l'a alors obligée à quitter le territoire français. Le rejet de sa demande d'asile a ensuite été confirmé par une ordonnance du 15 décembre 2022 de la Cour nationale du droit d'asile tandis que son recours contre l'obligation de quitter le territoire français a été rejeté par un jugement du 9 mars 2023 du tribunal administratif. A la suite de son interpellation le 29 janvier 2024 lors d'un contrôle routier, la préfète des Vosges, par un arrêté du 30 janvier 2024, l'a, de nouveau, obligée à quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, a désigné le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite et l'a interdite de retour pendant un an. Par un arrêté du même jour, la préfète du Bas-Rhin l'a assignée à résidence pendant quarante-cinq jours. Mme B demande au tribunal l'annulation des décisions contenues dans ces deux arrêtés du 30 janvier 2024.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de la préfète des Vosges :
En ce qui concerne la compétence du signataire de cet arrêté :
4. L'arrêté attaqué a été signé par M. David Percheron, secrétaire général, qui dispose d'une délégation pour ce faire en vertu d'un arrêté du 2 octobre 2023 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, lequel est au demeurant directement consultable en ligne. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contenues dans l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Cette décision est ainsi suffisamment motivée.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète des Vosges n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme B avant d'édicter la décision contestée.
7. En troisième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
8. Mme B soutient que, lors de son audition consécutive à son interpellation, elle n'a pas été mise en mesure de présenter préalablement à l'obligation de quitter le territoire français des éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale qui auraient pu influer sur le sens de cette décision, faute d'une traduction satisfaisante, laquelle a été effectuée par un ami présent à ses côtés. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée ne s'est pas exprimée sur les raisons nécessitant selon elle son maintien auprès de sa mère malade et qu'elle n'a manifestement pas compris certaines questions relatives à sa situation administrative et à ses moyens de subsistance. Toutefois, d'une part, la requérante a également été invitée par écrit à présenter ses observations préalablement à l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français et a indiqué ne pas avoir d'observations à formuler. D'autre part, en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la préfète des Vosges aurait pris la même décision si elle n'avait pas tenu compte des informations erronées que Mme B a fournies sur sa situation administrative et personnelle, dès lors qu'elle se trouve bien en situation irrégulière, ayant vu sa demande d'asile être rejetée définitivement et s'étant soustraite à une précédente mesure d'éloignement, qu'elle n'a pas présenté de demande d'admission au séjour depuis son arrivée sur le territoire français en 2022 et qu'elle n'établit pas qu'en raison de la pathologie dont sa mère souffre, sa présence à ses côtés est indispensable et que cette dernière ne pourrait pas bénéficier d'un accompagnement médical et social adapté. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
9. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que, d'une part, la préfète des Vosges se serait crue en situation de compétence liée pour obliger Mme B à quitter le territoire français en application des 1° et 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, l'intéressée relève des cas dans lesquels l'étranger doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation commises à cet égard doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
11. Outre que la présence en France de Mme B est récente et qu'elle s'est soustraite à une précédente obligation de quitter le territoire français, la requérante se borne à soutenir que sa présence aux côtés de sa mère est rendue nécessaire par l'état de santé de cette dernière, qui y séjourne en situation régulière. Toutefois, le certificat médical du 31 janvier 2024 qu'elle produit indique seulement que la pathologie dont sa mère souffre nécessite la présence d'un aidant dans la vie quotidienne, sans autre précision. Il ne ressort pas des pièces du dossier que sa mère ne pourrait pas bénéficier d'un accompagnement social approprié ou d'un soutien d'une tierce personne. Ce faisant, la requérante ne fait valoir aucun droit au maintien sur le territoire français. Elle a vécu l'essentiel de son existence en Géorgie, jusqu'à récemment, et n'établit pas y être désormais dépourvue de toute attache. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions de séjour en France de Mme B, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale de l'intéressée.
En ce qui concerne l'absence de délai de départ volontaire :
12. Les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
En ce qui concerne la désignation du pays de destination :
13. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
14. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
16. La requérante, dont la demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile, ne démontre pas davantage, dans le cadre de la présente instance, que sa vie ou sa sécurité seraient menacées en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions citées au point précédent doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
17. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
19. La requérante ne justifie pas de liens intenses et anciens en France non plus que d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé d'une interdiction de retour qui doit assortir en principe, en application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation faite à un ressortissant étranger de quitter le territoire français sans délai. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation entachant l'interdiction de retour sur le territoire français de Mme B pendant un an doit être écarté.
20. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions contenues dans l'arrêté du 30 janvier 2024 de la préfète des Vosges doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de la préfète du Bas-Rhin :
22. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C E, adjointe au chef du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, qui dispose d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté du 26 janvier 2024 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, lequel est au demeurant directement accessible en ligne. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.
23. En deuxième lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
24. En troisième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'eu égard à sa durée et ses modalités et compte tenu des buts en vue desquels elle a été prise, l'assignation à résidence contestée serait disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 janvier 2024 de la préfète du Bas-Rhin doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
26. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B, n'appelle aucune mesure d'exécution. Ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent, dès lors, pareillement qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1 : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Carraud et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée à la préfète des Vosges et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.
Le magistrat désigné,
O. BigetLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026