mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2400709 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AARPI L'ILL LÉGAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 janvier et 7 février 2024, Mme A D, représentée par Me Thalinger, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a obligée à quitter le territoire français, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour pendant un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a assignée à résidence ;
4°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement dans l'attente d'une décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
5°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin, sous astreinte de 155 euros par jour de retard, de lui délivrer une attestation de demande d'asile à défaut de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
6°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de faire procéder sans délai à la suppression de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
7°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, à lui verser directement.
Elle soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la signataire de cette décision ne justifie pas avoir reçu délégation pour ce faire ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
A titre subsidiaire, sur la suspension de la mesure d'éloignement :
- elle justifie d'éléments de nature à créer un doute sérieux quant au bien-fondé de la décision de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
Sur le délai de départ volontaire :
- la signataire de cette décision ne justifie pas avoir reçu délégation pour ce faire ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale cette décision ;
- ce délai est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la désignation du pays de renvoi :
- la signataire de cette décision ne justifie pas avoir reçu délégation pour ce faire ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale cette décision ;
- cette décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la signataire de cette décision ne justifie pas avoir reçu délégation pour ce faire ;
- cette décision est insuffisamment motivée au regard des quatre critères mentionnés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale cette décision ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur l'assignation à résidence :
- la signataire de l'arrêté ne justifie pas avoir reçu délégation pour ce faire ;
- l'arrêté attaqué est illégal par voie de conséquence de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français ;
- l'assignation à résidence encourt également l'annulation en cas de suspension de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête, en soutenant que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Biget pour statuer sur les litiges relevant des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Biget, magistrat désigné ;
- les observations de Me Thalinger, avocat de Mme D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et de Mme D, assistée de M. E, interprète en langue géorgienne.
Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante géorgienne née le 4 août 1980, est entrée en France le 2 décembre 2022 avec son fils mineur. Elle a présenté une demande d'asile qui a été rejetée selon la procédure accélérée par une décision du 21 septembre 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Elle a présenté un recours contre cette décision devant la Cour nationale du droit d'asile. Par un premier arrêté du 30 janvier 2024, le préfet du Haut-Rhin l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a désigné le pays de destination et a interdit son retour pendant un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet du Haut-Rhin l'a assignée à résidence pendant quarante-cinq jours. La requérante demande au tribunal l'annulation de ces décisions contenues dans ces deux arrêtés.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Quant à la compétence :
4. Les deux arrêtés attaqués ont été signés par Mme C B, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, qui disposait pour ce faire d'une délégation en vertu d'un arrêté du 21 août 2023 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, lequel est au demeurant directement consultable en ligne. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure des décisions contenues dans ces arrêtés manque en fait et doit être écarté.
Quant à l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Cette décision est ainsi suffisamment motivée.
6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
7. Mme D est entrée en France le 2 décembre 2022 avec son fils mineur. Sa présence y est donc récente. Elle ne fait valoir aucun droit au maintien sur le territoire français. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions de séjour en France de Mme D, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale de l'intéressée.
Quant au délai de départ volontaire de trente jours :
8. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas () ".
10. Il résulte de ces dispositions que le préfet n'a pas à motiver spécifiquement les raisons pour lesquelles il n'accorde pas un délai supérieur au délai de droit commun de trente jours lorsque le ressortissant étranger n'en a pas sollicité le bénéfice. En l'espèce, la requérante n'établit pas ni même n'allègue avoir demandé à bénéficier d'un délai supérieur à trente jours pour quitter le territoire. Au demeurant, l'arrêté attaqué mentionne que la situation personnelle de Mme D ne justifie pas l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision établissant le délai de départ volontaire doit être écarté.
11. En troisième et dernier lieu, en se bornant à soutenir qu'au vu des circonstances particulières dont le préfet avait connaissance, il se devait de lui octroyer un délai de départ supérieur à trente jours ou à tout le moins d'examiner cette possibilité, la requérante n'établit pas que le délai de droit commun de trente jours qui lui a été accordé serait manifestement insuffisant.
Quant au pays de destination :
12. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
13. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. "
14. La requérante, dont la demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, ne démontre pas davantage, dans le cadre de la présente instance, qu'elle serait personnellement exposée à un risque réel, direct et sérieux pour sa vie ou sa liberté ou qu'elle courrait le risque d'être soumise à des peines ou traitement inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doit être écarté.
Quant à l'interdiction de retour sur le territoire français :
15. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
17. En l'espèce, au regard des critères fixés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant un an comporte suffisamment l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et fixe la durée de cette interdiction à un an au regard de ces critères légaux. Cette décision est, dès lors, suffisamment motivée.
18. En troisième et dernier lieu, la requérante soutient que cette décision est disproportionnée, dès lors qu'elle l'empêche de se rendre à l'audience devant la Cour nationale du droit d'asile alors qu'en qualité de ressortissante géorgienne, elle bénéficie d'une dispense de visa de court séjour pour rejoindre la France. Toutefois, l'instruction de son recours contre la décision de rejet de sa demande d'asile, qui a lieu selon la procédure accélérée dès lors que la Géorgie figure sur la liste des pays considérés comme pays d'origine sûrs au sens de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne lui confère pas un droit au maintien sur le territoire, non plus qu'un droit au retour en vue de se présenter personnellement à une audience, au demeurant hypothétique, devant la Cour nationale du droit d'asile, à laquelle elle ne démontre pas la nécessité de s'y présenter en personne et où elle pourra se faire représenter par un avocat le cas échéant. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant l'interdiction de retour sur le territoire français de Mme D pendant un an doit être écarté.
Quant à l'assignation à résidence :
19. Les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
20. Par ailleurs, les conclusions à fin de suspension de l'obligation de quitter le territoire français étant rejetées, ainsi qu'il est jugé ci-dessous, les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de son assignation à résidence en cas de suspension de cette obligation ne peuvent qu'être rejetées.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme D à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement :
22. D'une part, aux termes de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 () ". En l'espèce, la Géorgie figurant au nombre des pays considérés comme sûrs, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a statué selon la procédure accélérée en application de ces dispositions.
23. D'autre part, aux termes de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 () ". Aux termes de l'article L. 752-5 du même code : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. " Aux termes de l'article L. 752-6 de ce code : " Lorsque le juge n'a pas encore statué sur le recours en annulation formé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 614-1, l'étranger peut demander au juge déjà saisi de suspendre l'exécution de cette décision. " Aux termes de l'article L. 752-11 de ce code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. "
24. Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office.
25. Pour rejeter la demande d'asile de Mme D, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a estimé notamment, d'une part, que si le décès de son époux pouvait être tenu pour avéré, ses explications lacunaires et peu cohérentes n'ont pas permis d'en éclairer les causes, d'autre part, qu'elle a livré un témoignage impersonnel et dépourvu d'éléments concrets sur les actes d'intimidation qu'elle a affirmé avoir subis de la part des responsables de l'assassinat de son époux et des autorités géorgiennes, enfin, qu'elle a abordé en des termes relativement sommaires et convenus les menaces qu'elle affirme avoir reçues, la tentative d'attentat et les circonstances de sa fuite.
26. La requérante a produit des documents contemporains ou postérieurs à l'entretien du 28 février 2023 devant l'agent de l'Office de protection des réfugiés et apatrides, en particulier la transcription d'émissions télévisuelles, qui formulent des hypothèses étayées seulement par des témoignages indirects ou anonymes, qui ne permettent pas davantage d'établir les causes du décès de son époux supposément attribuées à son refus de participation à un trafic de métaux organisé par une famille influente non plus que la réalité des représailles dont elle se dit avoir été victime. En outre, interrogée lors de l'audience devant le tribunal sur les circonstances dans lesquelles elle aurait subi une tentative de meurtre le 3 octobre 2022 de la part de quatre hommes qui auraient pénétré à son domicile en présence de sa mère et de son fils, sur les conditions dans lesquelles ils auraient réussi à leur échapper puis à se cacher durant deux mois, ainsi que sur les modalités de sa fuite du pays, Mme D est restée tout aussi approximative et évasive. Dans ces conditions, la requérante n'apporte pas d'éléments nouveaux ou tangibles de nature à faire naître un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision du 21 septembre 2023 de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Il suit de là que ces conclusions tendant à la suspension de l'obligation de quitter le territoire français jusqu'à l'intervention de la décision de la Cour nationale du droit d'asile doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
27. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme D, n'appelle aucune mesure d'exécution. Ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent, dès lors, pareillement qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1 : Mme D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Me Thalinger et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.
Le magistrat désigné,
O. BigetLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026