mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2400736 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BLOCH-LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 février 2024, M. A se disant Wassim B, actuellement détenu à la maison d'arrêt de Strasbourg demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 30 janvier 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen ;
- elles méconnaissent les droits de la défense ;
- elles sont entachées d'erreur de droit ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elles portent une atteinte excessive au droit de mener une vie privée et familiale normale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A se disant B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Milbach en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milbach, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Bloch-Levy, avocat de M. A se disant B, absent à l'audience, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que dans ses écritures.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant B, ressortissant lybien né le 20 juin 2002, actuellement détenu à la maison d'arrêt de Strasbourg, déclare être entré irrégulièrement en France en 2014. Il a fait l'objet de mesures d'éloignement en date du 19 novembre 2020 et du 12 octobre 2022. Par un arrêté du 30 janvier 2024, la préfète du Bas-Rhin l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par sa requête, M. A se disant B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 26 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation, en cas d'absence de Mme D C, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, à Mme E F, adjointe au chef du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer les décisions contestées. Il ne ressort pas des pièces que Mme C n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de signature des décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont, par suite, suffisamment motivées. Le moyen tiré du défaut de motivation ne peut, dès lors, qu'être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'avant de prendre les décisions en litige, la préfète n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.
5. En quatrième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. En outre, ainsi que la Cour de justice l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
6. Contrairement à ce que M. B soutient, il ressort des pièces du dossier qu'il a bénéficié d'une procédure contradictoire préalable à l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français et de l'interdiction de retour en France, la préfète du Bas-Rhin lui ayant fait parvenir le 23 janvier 2024 un formulaire de recueil de ses observations sur la possibilité de telles décisions à son encontre. Ce formulaire en langue française était traduit en langue arabe, et le requérant y a répondu par écrit. Au surplus, le requérant ne fait état d'aucun élément qu'il aurait voulu porter à la connaissance de l'administration et qui aurait permis que la procédure administrative puisse aboutir, le cas échéant, à un résultat différent. Ainsi, le requérant ne peut sérieusement soutenir qu'il aurait été privé d'une garantie du fait du non-respect de la procédure contradictoire.
7. En cinquième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit n'est pas assorti de précisions suffisantes et ne peut ainsi qu'être écarté.
8. En sixième lieu, si le requérant déclare être en couple et avoir une enfant de deux ans, il ne justifie ni de l'intensité, de l'ancienneté et de la stabilité de cette relation ni contribuer de manière effective à l'entretien et à l'éducation de son enfant. En outre, il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Enfin, il ne démontre pas son intégration dans la société française, alors qu'il a fait l'objet de trois condamnations à des peines de prison ferme en 2023, respectivement de 15 mois pour vol en réunion et vol aggravé, de 12 mois pour violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité et arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d'otage et libération avant sept jours sans exécution de condition, et de 2 mois pour recel de bien provenant d'un délit. Dans ces conditions, le moyen tiré de de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de son droit à mener une vie privée et familiale normale doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué du 30 janvier 2024 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A se disant B doit être rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant Wassim B, à Me Bloch-Levy et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.
La magistrate désignée,
C. Milbach
La greffière
L. Cherif
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. Cherif
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026