lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2400835 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET LOMOVTZEFF-PAVEAU-VELER |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 6 février 2024 sous le n° 2400835 et un mémoire complémentaire du 29 avril 2024, Mme D, représentée par Me Paveau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que :
- le refus de titre de séjour a été pris au-delà du délai d'instruction ;
- ce refus est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est fondée à obtenir un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale en raison de ses attaches sur le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 5 avril 2024 sous le n°2402373 et un mémoire complémentaire du 29 avril 2024, Mme D, représentée par Me Paveau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2024 par lequel le préfet de la Moselle a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que :
- le refus de titre de séjour a été pris au-delà du délai d'instruction ;
- ce refus est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est fondée à obtenir un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale en raison de ses attaches sur le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. B.
Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante colombienne, née en 1995, est entrée en France le 15 janvier 2023 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention jeune fille au pair valable jusqu'au 15 janvier 2024. Elle a présenté une demande de changement de statut pour obtenir une carte de séjour en qualité d'étudiante le 20 juin 2023. Une décision implicite de rejet de cette demande est intervenue, dont Mme D demande l'annulation. Par arrêté du 18 mars 2024, dont la requérante demande également l'annulation, le préfet de la Moselle a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2400835 et 2402373 concernent la situation d'une même personne et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions dirigées contre le refus implicite de séjour :
3. Si le silence gardé par l'administration sur une demande de titre de séjour fait naître, au terme d'un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 18 mars 2024, le préfet de la Moselle a expressément rejeté la demande de titre de séjour de Mme D et l'a obligée à quitter le territoire français. Dès lors, les conclusions d'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration pendant un délai de quatre mois, doivent être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 18 mars 2024 en tant qu'il porte refus de titre de séjour.
Sur la légalité de l'arrêté du 18 mars 2024 :
5. En premier lieu, la circonstance que le préfet ait rendu sa décision après l'expiration du visa de Mme D, ne saurait caractériser un vice de procédure qui porterait atteinte, ainsi que le soutient la requérante, à l'autorité de la chose jugée qui s'attacherait à une prétendue décision implicite. Le moyen tiré du vice de procédure doit, dès lors, être écarté.
6. En deuxième lieu, Mme D se prévaut de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet de la Moselle dans l'appréciation de sa situation en refusant de lui accorder le changement de statut qu'elle sollicitait au motif qu'elle souhaite parfaire sa maîtrise de la langue française pour lui permettre de valoriser son diplôme vétérinaire colombien et qu'elle ne bénéficie d'aucune aide sociale dès lors que son compagnon, ressortissant français, subvient à ses besoins. Toutefois, ces seuls éléments ne sont pas de nature à établir l'erreur manifeste dont elle se prévaut dans l'examen de sa demande de titre de séjour en qualité d'étudiante.
7. En dernier lieu, et dès lors qu'elle n'a pas présenté de demande de titre de séjour au regard de sa vie privée et familiale en France sur le fondement allégué de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de ce que le préfet aurait dû lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1 : Les requêtes de Mme D sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Me Paveau et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 10 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
Le président rapporteur,
J. B
Le premier conseiller, premier assesseur,
M. A
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
2, 2402373
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026