mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2400931 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BLOCH-LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2024, M. A C, alors retenu au centre de rétention de Geispolsheim, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 février 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
M. C soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :
- les décisions sont entachées d'un vice d'incompétence de leur auteur ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que, d'une part, son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et que, d'autre part, il ne présente aucun risque de fuite ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour :
- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à la durée de cette interdiction.
Par une décision du 11 février 2024, le juge des libertés et de la détention du tribunal de grande instance de Strasbourg a ordonné la remise en liberté de l'intéressé.
Par un arrêté du même jour, le préfet du Haut-Rhin a assigné M. C à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Iggert en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Iggert, magistrat désigné ;
- les observations de Me Bloch-Levy, avocate de M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et soutient, en outre, que sa vie privée et familiale se situe en France, demande à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour et à ce qu'il soit mis à sa charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- les observations de M. C, qui indique regretter son comportement ayant conduit à sa garde à vue.
Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né en 1994, est entré en France selon ses déclarations, en 1994. Il a été titulaire d'un titre de séjour régulièrement renouvelé, valable du 30 novembre 2012 jusqu'au 10 mars 2017, date à laquelle le préfet du Haut Rhin en a refusé le renouvellement en raison des troubles à l'ordre public. S'il a, à nouveau, bénéficié d'un titre de séjour à compter du 3 juin 2020, le requérant n'a pas fait renouveler son titre de séjour au-delà du 14 septembre 2023. Il a été interpellé le 6 février 2024 et placé en garde à vue après avoir insulté et menacé de mort un agent. Par un arrêté du 7 février 2024, le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de trois ans.
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions contestées :
2. En premier lieu, le préfet du Haut-Rhin a, par un arrêté du 21 août 2023, régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture du Haut-Rhin, donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de M. D, directeur de l'immigration, de la citoyenneté et de la légalité, à Mme B, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, à l'effet de signer les décisions contestées. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D n'aurait pas été absent ou empêché à la date de ces décisions. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué, signé par Mme B, serait entaché du vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, les décisions contestées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont dès lors régulièrement motivées. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, laquelle ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs, doit être écarté.
4. En troisième et dernier lieu, les conditions dans lesquelles une décision administrative est notifiée à son destinataire sont sans incidence sur sa légalité. Il suit de là que le requérant ne peut utilement soutenir que les décisions attaquées ne lui auraient pas été notifiées dans une langue qu'il comprend.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. Le requérant soutient que la décision en litige porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale. S'il soutient être entré en France à l'âge de deux mois, il n'apporte aucun élément de nature à l'établir. Le requérant, célibataire et sans enfant et qui a été libéré avant l'audience, n'a présenté aucun élément de nature à établir ou faire présumer qu'il entretiendrait des liens avec les membres de sa famille qui seraient, selon ses déclarations, régulièrement installés sur le territoire français, lesquels n'étaient au demeurant pas présents à l'audience. Si M. C doit être regardé comme ayant effectivement accompli des missions en qualité d'intérimaire alors qu'il bénéficiait d'un titre de séjour, cette seule circonstance n'est toutefois pas suffisante en l'espèce pour établir son insertion dans la société française alors au demeurant qu'il a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales et est à nouveau convoqué au tribunal correctionnel de Mulhouse pour des faits de menaces de mort réitérées. Il s'ensuit, dans les circonstances de l'espèce, eu égard aux conditions et à la durée du séjour de l'intéressé, à son comportement, déjà décrit au point précédent, et à son absence d'intégration dans la société française, que la mesure d'éloignement contestée ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale.
Sur la légalité de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
6. Il ressort des pièces du dossier que le comportement de M. C constitue une menace pour l'ordre public, à raison des faits de violence volontaire en réunion dont il ne conteste pas la matérialité, et pour lesquels il a été placé en garde à vue. En outre, l'intéressé est entré et se maintient irrégulièrement sur le territoire français, n'a entamé aucune démarche en vue de renouveler son droit au séjour. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dont serait entachée la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire doit être écarté.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
7. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de cette même convention n'est pas assorti d'éléments suffisants permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Sur la légalité de la décision d'interdiction de retour :
8. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
9. M. C ne bénéficie pas d'un délai de départ volontaire, se maintient irrégulièrement sur le territoire français sans chercher à régulariser sa situation et a adopté un comportement constitutif d'une menace à l'ordre public. Compte tenu des conditions de séjour de l'intéressé, il n'est pas établi qu'en fixant une interdiction de retour d'une durée de trois ans, le préfet de du Haut-Rhin aurait entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 février 2024 en litige. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761- du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2024.
Le magistrat désigné,
J. IggertLa greffière,
G. Trinité
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Trinité
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026