LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2401084

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2401084

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2401084
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBOUDHANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 février 2024, M. B A, représenté par Me Boudhane, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2024 par lequel le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation et, dans l'attente de ce réexamen, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour, dans les délais, respectivement, d'un mois et quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son avocate en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le refus de séjour est insuffisamment motivé ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- il a méconnu les dispositions de l'article L. 432-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il s'est livré à une appréciation manifestement erronée de sa situation ;

- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 février 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience

Le rapport de M. Rees, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur le refus de séjour :

1. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte un énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour refuser à M. A la délivrance d'un titre de séjour. Le préfet, qui n'était nullement tenu d'y faire exhaustivement état de tous les éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, a ainsi régulièrement motivé sa décision.

2. En deuxième lieu, la motivation de la décision contestée permet de vérifier que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation de M. A.

3. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ".

4. M. A, ressortissant albanais, était âgé de 14 ans et demi lorsqu'il a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance en octobre 2019. Le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées aux motifs, d'une part, que le suivi de sa formation ne présente pas un caractère réel et sérieux et, d'autre part, qu'il a conservé des contacts réguliers avec sa famille en Albanie.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été scolarisé en classe d'UPE2A au cours de l'année 2020-2021, puis en CAP de cuisine à partir de l'année 2021-2022. Ses relevés de notes font apparaître 42 demi-journées d'absences injustifiées au cours de l'année 2020-2021 et 224 heures d'absences et 45 retards en 2021-2022 au cours des dix mois de formation en CAP de cuisine, dont la première année s'est traduite par un échec, ses professeurs déplorant son manque de travail et d'investissement. M. A a redoublé sa première année en 2022-2023, en intégrant un centre de formation des apprentis. Ses relevés de notes pour cette année font état d'un " ensemble non significatif " au sujet de ses résultats, et d'un " apprenti souvent absent ". Enfin, scolarisé en deuxième année de CAP de cuisine en 2023-2024, M. A a totalisé, pour la seule période du 21 août ou 10 décembre 2023, 111 heures d'absences, dont 59 injustifiées. Dans ces conditions, et nonobstant l'attestation favorable de son employeur dans le cadre de son contrat d'apprentissage, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur d'appréciation en estimant que sa formation ne présente pas un caractère réel et sérieux.

6. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se soit fondé sur des faits matériellement inexacts en retenant que M. A entretient des contacts réguliers avec ses parents et ses trois sœurs en Albanie.

7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet a fait une inexacte application des dispositions précitées en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour sur leur fondement.

8. En quatrième lieu, au regard de ce qui a été dit aux points 5 et 6, et alors que M. A n'apporte aucune précision quant aux attaches qu'il a pu nouer en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire français contestée ayant été prise à la suite d'une décision de refus de séjour, elle n'a pas, en application de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à faire l'objet d'une motivation distincte de cette dernière. Ainsi qu'il a été dit au point 1, la décision relative au séjour est régulièrement motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

10. En deuxième lieu, les énonciations de l'arrêté contesté permettent de vérifier que l'obligation de quitter le territoire français contestée procède d'un examen particulier de la situation de M. A.

11. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que cette décision est illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour.

12. En quatrième lieu, M. A, quoiqu'entré en France plus de quatre ans avant la décision contestée et au jeune âge de 14 ans et demi, n'y justifie d'aucune attache personnelle ou familiale, alors qu'il n'est nullement dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où résident ses parents et ses trois sœurs. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

13. En dernier lieu, au regard de ce qui précède, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

14. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte un énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour interdire à M. A de retourner sur le territoire français. Le caractère erroné de ces considérations, allégué par le requérant, est sans incidence sur la régularité de la motivation de la décision.

15. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

16. En troisième lieu, au regard de ce qui précède, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Moselle.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

Mme Merri, première conseillère,

Mme Dobry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

Le rapporteur,

P. Rees L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

D. Merri

Le greffier,

P. Haag

La République mande et ordonne préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions