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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2401639

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2401639

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2401639
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantELSAESSER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme A pour contester le refus du préfet du Haut-Rhin d'enregistrer sa demande de titre de séjour. En cours d'instance, le préfet a informé le tribunal que la demande était désormais en cours d'instruction, ce qui a conduit la requérante à reconnaître un non-lieu à statuer sur ses conclusions principales. Le tribunal a donc constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les demandes d'annulation et d'injonction, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. En revanche, il a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et a condamné l'État à verser 1 200 euros à son avocate, sous réserve des conditions prévues par l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Elsaesser, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision par laquelle le préfet du Haut-Rhin a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai de sept jours, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir, et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de demande de titre de séjour sans délai sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de sept jours sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros toutes taxes comprises à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient que la demande d'admission au séjour de Mme A est en cours d'instruction par ses services.

Par un mémoire, enregistré le 8 avril 2024, Mme A conclut au non-lieu à statuer s'agissant de ses demandes aux fins d'annulation et d'injonction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; ".

3. Il résulte des pièces du dossier que la demande d'admission au séjour est en cours d'instruction auprès des services du préfet du Haut-Rhin. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête.

Sur les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

4. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle par la présente ordonnance. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Elsaesser, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de ce dernier le versement à Me Elsaesser la somme de 1 200 euros hors taxes. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme précitée sera versée à la requérante.

O R D O N N E :

Article 1 : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de Mme A.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Elsaesser renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, ce dernier versera à Me Elsaesser la somme de 1 200 (mille deux cents) euros hors taxes, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 (mille deux cents) euros sera versée à Mme A.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Elsaesser et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Strasbourg, le 5 août 2024.

Le président de la 4ème chambre,

S. Dhers

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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