lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2401982 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | POINSIGNON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 19 mars et 22 avril 2024, M. D C, représenté par Me Poinsignon, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a retiré son certificat de résidence d'une durée de dix ans, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, lui a fait obligation de remettre son passeport ou tout autre document d'identité aux services de police et l'a astreint à se présenter aux services de la police aux frontières une fois par semaine ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un certificat de résidence valable dix ans, dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros hors taxes au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur la décision portant retrait de certificat de résidence :
- faute de justifier d'une délégation de signature régulière, la décision portant retrait de certificat de résidence est entachée d'incompétence ;
- la décision contestée est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet du Haut-Rhin ne pouvait légalement se fonder sur les dispositions des articles L. 423-1 à L. 423-6 et L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lui retirer sa carte de résident ;
- elle est également entachée d'erreur de droit en ce que les stipulations des articles 6-2 et 7 bis de l'accord franco-algérien ne prévoient pas le retrait d'un certificat de résidence de dix ans en cas de rupture de la communauté de vie ;
- son certificat de résidence ne pouvait être retiré plus de quatre mois après sa délivrance, conformément aux dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait et d'appréciation dès lors que la communauté de vie avec son épouse n'est pas rompue ;
- le préfet n'ayant pas sollicité de substitution de motif, la décision attaquée ne saurait être fondée sur le motif de la fraude ;
- en tout état de cause, aucune intention frauduleuse ne saurait lui être reprochée ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- l'obligation de quitter le territoire français sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité du retrait de certificat de résidence ;
- faute de justifier d'une délégation de signature régulière, l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant un délai de départ de trente jours :
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- faute de justifier d'une délégation de signature régulière, la décision fixant le pays de destination est entachée d'incompétence ;
Sur la décision de remise du passeport :
- elle est insuffisamment motivée en droit, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Sur la mesure d'astreinte :
- elle est insuffisamment motivée en droit, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant a obtenu son certificat de résidence par fraude ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Léa Perabo Bonnet,
- les observations de Me Poinsignon, avocat de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 31 mai 1983, est entré en France le
3 avril 2022. Ayant épousé une ressortissante française le 28 août 2019 à Oran, il a bénéficié d'une carte de résident valable jusqu'au 9 septembre 2023 puis d'un certificat de résidence valable du
28 septembre 2023 au 22 septembre 2033 en application des stipulations du a) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 23 février 2024, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Haut-Rhin a prononcé le retrait de ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, lui a fait obligation de remettre son passeport ou tout autre document d'identité aux services de police et l'a astreint à se présenter aux services de la police aux frontières une fois par semaine.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de la décision portant retrait de certificat de résidence :
4. En premier lieu, par un arrêté du 21 juin 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le lendemain, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à M. F E, directeur de l'immigration, de la citoyenneté et de la légalité, et, en son absence ou en cas d'empêchement, à Mme B A, adjointe au chef du service de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer les mesures en matière de police des étrangers. Il n'est ni établi, ni même allégué que M. E n'aurait pas été absent ou empêché à la date de signature la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de ce que Mme A n'aurait pas été compétente pour signer la décision en litige manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () / Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2) ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux. ". L'article 7 bis du même accord stipule que : " () Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : / a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article ; / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 241-2 du même code : " Par dérogation aux dispositions du présent titre, un acte administratif unilatéral obtenu par fraude peut être à tout moment abrogé ou retiré. ".
6. Les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Il suit de là que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives tant aux différents titres de séjour qui peuvent être délivrés aux étrangers qu'aux conditions de leur délivrance et de leur renouvellement ne sont pas applicables aux ressortissants algériens, lesquels relèvent à cet égard des règles fixées par l'accord précité.
7. D'une part, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que, si les visas font mention des articles L. 423-1 à L. 423-6 et L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, non applicables aux ressortissants algériens, le préfet du Haut-Rhin a également visé les articles 6 et 7 de l'accord franco-algérien. Il ressort des pièces du dossier que l'autorité préfectorale aurait nécessairement pris la même décision au regard des seules stipulations de cet accord. Dès lors, la circonstance que le préfet a mentionné de façon surabondante les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
8. D'autre part, aucune des stipulations de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 ne prévoit le retrait d'un certificat de résidence de dix ans légalement délivré sur le fondement des stipulations du a) de l'article 7 bis de cet accord en cas de modification de la situation familiale de l'intéressé, et notamment en cas de rupture de la communauté de vie entre les époux. Toutefois, en l'absence de stipulations expresses sur ce point prévues par l'accord franco-algérien, le préfet peut légalement faire usage du pouvoir général qu'il détient, même en l'absence de texte, pour retirer une décision individuelle créatrice de droits obtenue par fraude. L'administration doit cependant rapporter la preuve de la fraude, et non le requérant, dont la bonne foi se présume.
9. Enfin, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
10. En l'espèce, pour prononcer le retrait du certificat de résidence en litige, le préfet fait valoir, dans son mémoire en défense, qu'il s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé a obtenu son titre frauduleusement en s'abstenant d'informer l'administration qu'il avait quitté le domicile conjugal et qu'il a ainsi dissimulé, à la date à laquelle il a complété sa demande de renouvellement de certificat de résidence, qu'il était séparé de son épouse de nationalité française. Par la seule communication de ces écritures, le requérant a été mis à même de présenter ses observations sur la substitution de ce motif au motif initial, ce qu'il a fait par son mémoire en réplique enregistré le 22 avril 2024. Il n'est ainsi pas fondé à soutenir que le préfet était tenu de formuler une demande expresse de substitution de motifs.
11. Pour estimer que la communauté de vie effective entre les époux C avait cessé, le préfet du Haut-Rhin s'est fondé sur un courriel du 12 septembre 2023 par lequel l'épouse du requérant a signalé à l'autorité préfectorale que la vie commune du couple avait cessé depuis le 7 septembre 2023, ainsi que sur la main courante déposée par cette dernière le
14 septembre 2023 auprès du groupe d'appui judiciaire de Mulhouse, dans laquelle elle a déclaré vouloir demander le divorce, et enfin sur la main courante déposée par l'intéressé lui-même le
25 octobre 2023, dans laquelle il a précisé avoir quitté le domicile conjugal le 22 août 2023, ce qu'il a encore confirmé par un courrier adressé à la préfecture le 29 octobre 2023. Si M. C soutient que la rupture de communauté de vie est temporaire au motif que son épouse souffre de troubles de santé mentale et qu'elle " va se calmer ", il n'apporte pas d'élément de nature à établir que l'état de santé de son épouse serait de nature à générer un doute sur ses capacités à choisir de mener une vie de couple. Par ailleurs, les pièces produites établies aux noms des deux époux, notamment le bail d'habitation où résidait le couple, une quittance de loyer de mars 2024 et un échéancier de paiement de charges d'électricité établi en février 2023, ne sont nullement de nature à démontrer le maintien ou la reprise de la vie commune. Le préfet du Haut-Rhin a ainsi considéré à bon droit que la communauté de vie des époux C avait cessé. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissante française en date du 15 juin 2023. Alors qu'une demande de complément d'information lui a été adressée le 13 septembre 2023 pour l'instruction de sa demande, M. C a versé les documents demandés le 15 septembre 2023, sans déclarer qu'à cette date, il avait quitté le domicile conjugal depuis le 22 août 2023. Dans ces conditions, le préfet du Haut-Rhin était fondé à retenir l'existence d'une fraude et à lui retirer le titre indûment délivré, sans que puisse lui être opposé le délai de quatre mois prévu par les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration.
12. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés des erreurs de droit, de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté.
14. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
15. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
16. Alors que le requérant se borne à se prévaloir de sa communauté de vie avec son épouse, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que M. C n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la légalité de la décision fixant un délai de départ de trente jours :
17. Le requérant soutient qu'il doit subir une opération de la jambe le 20 mars 2024, du fait d'une suspicion d'ancienne lésion du ligament croisé antérieur, que cette intervention rendra nécessaires des soins post-opératoires et que le délai de départ de trente jours ne permettra pas d'assurer la continuité des soins. Toutefois, à supposer même que le requérant subisse l'intervention précitée, il n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il ne pourrait pas bénéficier dans son pays d'origine des soins post-opératoires qui pourraient être requis par son état de santé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
19. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
Sur la légalité de la décision de remise du passeport et de la mesure d'astreinte :
20. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que la décision de remise du passeport et de la mesure d'astreinte ne sont pas motivées en droit. Dès lors, M. C est fondé à soutenir que ces décisions sont entachées d'un défaut de motivation en droit et doivent être annulées pour ce motif.
21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'arrêté attaqué doit être annulé en tant seulement qu'il fait obligation à M. C de remettre son passeport ou tout autre document d'identité aux services de police et l'astreint à se présenter aux services de la police aux frontières une fois par semaine.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
22. Eu égard au motif d'annulation ci-dessus retenu, l'exécution du présent jugement n'implique pas de mesure d'injonction ni d'astreinte.
Sur les frais du litige :
23. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. C présentées sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet du Haut-Rhin en date du 23 février 2024 est annulé en tant seulement qu'il fait obligation à M. C de remettre son passeport ou tout autre document d'identité aux services de police et l'astreint à se présenter aux services de la police aux frontières une fois par semaine.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Poinsignon et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Colmar.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
M. Biget, premier conseiller,
Mme Perabo Bonnet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 juin 2024.
La rapporteure,
L. Perabo Bonnet
Le président,
S. Dhers
La greffière,
D. Hirschner
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026