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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2402508

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2402508

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2402508
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantAARPI L'ILL LÉGAL

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 10 avril 2024 sous le numéro 2402508, et un mémoire enregistré le 16 avril 2024, M. F E, représenté par Me Thalinger, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 avril 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du 9 avril 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin a ordonné son assignation à résidence ;

4°) subsidiairement, de prononcer la suspension de l'obligation de quitter le territoire français dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

5°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de réexaminer sa situation, sous astreinte de 155 euros par jour de retard en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour ;

6°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de faire procéder à la suppression de son signalement dans le système d'information Schengen ;

7°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxe au bénéfice de son conseil à titre principal au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, subsidiairement, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- la décision méconnaît l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle se fonde sur une décision illégale ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle se fonde sur une décision illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle se fonde sur une décision illégale ;

- elle est entachée d'erreur de droit ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur l'assignation à résidence :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle se fonde sur une décision illégale ;

- elle méconnaît les articles L. 733-1 et L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la demande de suspension :

- il présente des éléments sérieux.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 avril 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 10 avril 2024 sous le numéro 2402509, et des mémoires enregistrés le 16 avril 2024, Mme C E née D, représentée par Me Thalinger, formule des conclusions et des moyens semblables à ceux de la requête numéro 2402508.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 avril 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Boutot en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport A Boutot, magistrat désigné ;

- les observations de Me Thalinger, qui soutient que la preuve de la notification des demandes d'asile des requérants n'est pas établie, de même que celle des demandes d'asile de leurs enfants ; que la notice d'information produite en défense ne fait pas apparaître la possibilité de demander une demande d'admission exceptionnelle au séjour ; que cette notice, qui date de 2020, ne leur a pas été remise lors de la demande d'asile de leurs enfants.

Le préfet du Haut-Rhin n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les affaires nos 2402508 et 2402509 ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul et unique jugement.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun :

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme G B, signataire des décisions contestées, était compétente à cet effet en vertu d'un arrêté de délégation du 21 août 2023 régulièrement publié.

En ce qui concerne les obligations de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, les décisions contestées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont dès lors régulièrement motivées, étant précisé que le préfet du Haut-Rhin, qui a porté son appréciation sur les liens privés et familiaux des requérants, n'est pas tenu de se prononcer sur l'ensemble des éléments propres à leur situation. Le moyen doit être écarté.

5. En deuxième lieu, et pour les mêmes motifs qu'au point précédent, il ne résulte d'aucun des termes des décisions contestées que celles-ci seraient entachées d'un défaut d'examen.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. / Les conditions d'application du présent article sont précisées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article D. 431-7 du même code : " Pour l'application de l'article L. 431-2, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 425-9, ce délai est porté à trois mois. ".

7. L'information prévue par les dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a pour seul objet de limiter, à compter de l'information ainsi délivrée, le délai dans lequel un demandeur d'asile peut demander un titre de séjour sur un autre fondement que l'asile. En l'espèce, les requérants, qui n'ont pas déposé de demandes de titre de séjour, ne peuvent donc utilement se prévaloir, contre les obligations de quitter le territoire français prise à leur encontre, du défaut d'information dans les conditions prévues par l'article L. 431-2 du même code. Le moyen doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ". Il ressort des pièces du dossier et notamment des relevés " Telemopfra " produits en défense que les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant la demande d'asile des requérants leur ont été notifiés le 11 janvier 2021, et que les décisions de la Cour nationale du droit d'asile leur ont été notifiées le 6 janvier 2022. Le moyen doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure ".

10. Il appartient à l'étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile de présenter une demande en son nom et, le cas échéant, en celui de ses enfants mineurs qui l'accompagnent. En cas de naissance ou d'entrée en France d'un enfant mineur postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'étranger est tenu, tant que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, en cas de recours, la Cour nationale du droit d'asile, ne s'est pas prononcé, d'en informer cette autorité administrative ou cette juridiction. La décision rendue par l'office ou, en cas de recours, par la Cour nationale du droit d'asile, est réputée l'être à l'égard du demandeur et de ses enfants mineurs, sauf dans le cas où le mineur établit que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire.

11. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que les parents d'un enfant entré en France après l'enregistrement de leur demande d'asile présentent, postérieurement au rejet définitif de leur propre demande, une demande au nom de leur enfant. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point précédent que la demande ainsi présentée au nom du mineur doit alors être regardée, dans tous les cas, comme une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. M. et Mme E soutiennent que le préfet du Haut-Rhin n'apporte pas la preuve de la notification régulière du rejet des demandes d'asile présentées au nom de leurs enfants mineurs. En l'espèce, il ressort des pièces des dossiers que les enfants mineurs A et Mme E sont entrés en France le 4 octobre 2022 et que leur demande d'asile a été déposée le 21 octobre 2022. Il résulte des principes rappelés aux points 10 et 11 que la demande d'asile ainsi présentée au nom des enfants des requérants s'analyse comme une demande de réexamen. Par suite, le défaut de preuve de la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant ces demandes est sans incidence sur le droit au maintien des requérants, qui a pris fin avec la notification des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides les concernant. Le moyen doit être écarté.

13. En sixième lieu, les requérants invoquent la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant. Ils se prévalent notamment de leur durée de présence, de la scolarisation de leurs enfants, et de leurs efforts d'intégration. Toutefois, il ressort des pièces des dossiers que si M. E est entré en France en 2016, sa durée de présence résulte essentiellement de l'instruction de sa demande d'asile, le requérant s'étant d'ailleurs soustrait à une procédure de transfert vers l'Italie, avant que sa demande d'asile, enregistrée en France, ne fasse l'objet d'un rejet, en dernier lieu le 6 janvier 2022 par la Cour nationale du droit d'asile. Mme E, entrée en France en 2020, ne justifie pas d'une durée de présence significative. M. et Mme E ont fait l'objet d'une mesure d'éloignement par des arrêtés du 8 février 2021 et n'ont pas entamé de démarches en vue de régulariser leur situation. S'ils invoquent la présence de la sœur A E, il ressort des pièces des dossiers que celle-ci est entrée en France en 2009 et dispose de sa propre cellule familiale. Les attestations de bénévolat et de participation à des cours de français ne permettent pas de constater une intégration telle que les décisions contestées porteraient ainsi une atteinte excessive aux liens ainsi formés. Concernant les enfants des requérants, ceux-ci sont entrés récemment en France, en octobre 2022, aucun élément ne permet d'établir qu'ils ne pourraient poursuivre dans leur pays d'origine leur scolarité au demeurant récente, et les décisions contestées n'ont pas pour effet de les séparer d'un ou de leurs deux parents. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.

14. En septième et dernier lieu, en l'absence d'éléments nouveaux, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs qu'au point précédent.

En ce qui concerne le délai de départ volontaire :

15. En premier lieu, les décisions contestées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont dès lors régulièrement motivées.

16. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

17. En troisième et dernier lieu, la seule circonstance que les enfants des requérants soient scolarisés ne suffit pas, compte tenu du caractère nécessairement précaire de cette scolarisation, à établir l'erreur manifeste d'appréciation alléguée. Le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le pays de renvoi :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que les décisions fixant le pays de renvoi devraient être annulées par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

19. En second lieu, en l'absence de tout élément circonstancié et alors même que leurs demandes d'asile ont fait l'objet de rejets définitifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne les interdictions de retour sur le territoire français :

20. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".

21. En premier lieu, les décisions contestées, qui mentionnent la durée de présence des requérants en France, la nature des liens dont ils disposent, ont égard à l'existence d'une précédente mesure d'éloignement, et au fait que les requérants ne représentent pas une menace à l'ordre public, sont dès lors suffisamment motivées. Le moyen doit être écarté.

22. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucun des termes des décisions contestées que le préfet du Haut-Rhin, qui a suffisamment motivé ses décisions, se serait cru en situation de compétence liée pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

23. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'au point 13, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas établi.

Sur l'assignation à résidence :

24. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

25. En second lieu, aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie ". Aux termes de l'article L. 752-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence, aux fins du traitement rapide et du suivi efficace de sa demande d'asile, l'étranger dont le droit au maintien a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ". En l'espèce, les arrêtés portant assignation à résidence mentionnent que M. et Mme E, qui produisent un certificat d'hébergement du 10 mars 2024 en ce sens, sont hébergés au CADA Victor Hugo, à Colmar, et qu'ils disposent d'une adresse stable. Il ne ressort pas des pièces des dossiers que les requérants se seraient vu signifier l'obligation de quitter leur lieu d'hébergement à Colmar. Dans ces conditions, et alors qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne permet à l'autorité administrative de changer, lorsque celui-ci dispose d'une résidence stable, le lieu de résidence de l'étranger, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article doit être accueilli et les décisions portant assignation à résidence, dans cette mesure, annulées.

Sur les conclusions à fin de suspension :

26. La Cour nationale du droit d'asile ayant rejeté les recours des requérants contre les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, les conclusions présentées à fin de suspension dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile sont sans objet et ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'instance :

27. Dans les circonstances de l'espèce, M. et Mme E ne pouvant être regardés comme la partie principalement gagnante, leurs conclusions au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : M. et Mme E sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les arrêtés du 9 avril 2024 portant assignation à résidence sont annulés en tant qu'ils fixent à Illzach le lieu de résidence des requérants.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, à Mme C E née D, à Me Thalinger et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Colmar.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

Le magistrat désigné,

L. BoutotLa greffière,

G. Trinité La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

Nos 2402508, 2402509

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