jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2402737 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CARDON OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une première ordonnance de renvoi du 20 mars 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Toulouse a transmis au tribunal administratif de Lille le dossier de la requête de M. B A C, en application des dispositions des articles R. 351-3, R. 776-16 et R. 776-17 du code de justice administrative.
Par une seconde ordonnance de renvoi du 9 avril 2024, le magistrat désigné du tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal administratif de Strasbourg le dossier de la requête de M. A C, en application des dispositions des articles R. 351-3, R. 776-16 et R. 776-17 du code de justice administrative.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 26 janvier 2024 et un mémoire complémentaire, enregistré le 28 mars 2024 au greffe du tribunal administratif de Lille, M. A C, représenté par Me Cardon, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2024 notifié le même jour par lequel la préfète de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse ou tout autre préfet territorialement compétent de lui délivrer un certificat de résidence algérien dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, d'enjoindre au préfet de Vaucluse ou tout autre préfet territorialement compétent de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse ou tout autre préfet territorialement compétent de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen (SIS) et au fichier des personnes recherchées en application de l'article 24 du règlement 1977/2006 du 20 décembre 2006 ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée a été prise par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation en droit et en fait ;
- elle ne respecte pas le principe du contradictoire posé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'il n'a pas été auditionné dans le cadre d'une procédure de retenue, qu'il n'a pas été assisté par un conseil et qu'il n'a pas pu produire d'observations écrites et des pièces ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne pouvait pas être prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 611-1, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a sollicité l'asile en France, en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas et en Suisse ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L 611-3, 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ainsi que des conséquences sur celle-ci.
Sur le refus d'un délai de départ volontaire :
- la décision attaquée a été prise par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation en droit et en fait ;
- elle ne respecte pas le principe du contradictoire posé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'il n'a pas été auditionné dans le cadre d'une procédure de retenue, qu'il n'a pas été assisté par un conseil et qu'il n'a pas pu produire d'observations écrites et des pièces ;
- elle est entachée de défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle doit être annulée en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la préfète a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-2, 3°, L. 612-3,1°, 4°, 5° et 8° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète a commis une erreur de fait ;
- il ne présente pas un risque de fuite ;
- la décision attaquée est disproportionnée.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision attaquée a été prise par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation en droit et en fait ;
- elle ne respecte pas le principe du contradictoire posé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'il n'a pas été auditionné dans le cadre d'une procédure de retenue, qu'il n'a pas été assisté par un conseil et qu'il n'a pas pu produire d'observations écrites et des pièces ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle doit être annulée en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant un délai de départ volontaire ;
- la préfète a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée a été prise par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation en droit et en fait ;
- elle ne respecte pas le principe du contradictoire posé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'il n'a pas été auditionné dans le cadre d'une procédure de retenue, qu'il n'a pas été assisté par un conseil et qu'il n'a pas pu produire d'observations écrites et des pièces ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle doit être annulée en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant un délai de départ volontaire ;
- la préfète a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public ;
- la préfète a commis plusieurs erreurs de fait car il présente des liens privés et familiaux en France, des circonstances humanitaires et il n'a pas fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français ;
- la décision attaquée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2024, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le traité sur l'Union européenne ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Klipfel en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Klipfel, magistrate désignée ;
- les observations de Me Carraud, substituant Me Cardon, avocat de M. A C, présent à l'audience, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.
Le préfet de Vaucluse, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien né le 1er février 1998, actuellement incarcéré au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach (68) après avoir été placé en rétention au centre de rétention administrative de Toulouse-Cornebarrieu (31) puis de Lesquin (59), a été interpellé et placé en garde à vue le 25 janvier 2024 par les services de police d'Avignon. Constatant qu'il n'était pas en mesure de présenter un document de séjour, la préfète de Vaucluse, par un arrêté du 25 janvier 2024, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de trois ans. Par le recours qu'il forme, M. A C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 31 de la convention internationale relative au statut des réfugiés susvisée : " 1. Les États Contractants n'appliqueront pas de sanctions pénales, du fait de leur entrée ou de leur séjour irréguliers, aux réfugiés qui, arrivant directement du territoire où leur vie ou leur liberté était menacée au sens prévu par l'article premier, entrent ou se trouvent sur leur territoire sans autorisation, sous la réserve qu'ils se présentent sans délai aux autorités et leur exposent des raisons reconnues valables de leur entrée ou présence irrégulières. / 2. Les Etats Contractants n'appliqueront aux déplacements de ces réfugiés d'autres restrictions que celles qui sont nécessaires ; ces restrictions seront appliquées seulement en attendant que le statut de ces réfugiés dans le pays d'accueil ait été régularisé ou qu'ils aient réussi à se faire admettre dans un autre pays. En vue de cette dernière admission les États Contractants accorderont à ces réfugiés un délai raisonnable ainsi que toutes facilités nécessaires ". Aux termes de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " L'État membre responsable en vertu du présent règlement est tenu de : / () / d) reprendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, le ressortissant de pays tiers ou l'apatride dont la demande a été rejetée et qui a présenté une demande auprès d'un autre État membre ou qui se trouve, sans titre de séjour, sur le territoire d'un autre État membre. / 2. / () / Dans les cas relevant du champ d'application du paragraphe 1, point d), lorsque la demande a été rejetée en première instance uniquement, l'État membre responsable veille à ce que la personne concernée ait la possibilité ou ait eu la possibilité de disposer d'un recours effectif en vertu de l'article 46 de la directive 2013/32/UE ". Aux termes du 3. de l'article 19 de ce règlement : " Les obligations prévues à l'article 18, paragraphe 1, points c) et d), cessent lorsque l'État membre responsable peut établir () que la personne concernée a quitté le territoire des États membres en exécution d'une décision de retour ou d'une mesure d'éloignement délivrée à la suite du retrait ou du rejet de la demande ". Aux termes du 4. de l'article 24 dudit règlement : " Lorsqu'une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point d), du présent règlement dont la demande de protection internationale a été rejetée par une décision définitive dans un État membre, se trouve sur le territoire d'un autre État membre sans titre de séjour, ce dernier État membre peut soit requérir le premier État membre aux fins de reprise en charge de la personne concernée soit engager une procédure de retour conformément à la directive 2008/115/CE. " Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ". Aux termes de l'article L. 572-1 du même code : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen ". Aux termes de l'article L. 521-13 de ce code : " L'étranger est tenu de coopérer avec l'autorité administrative compétente en vue d'établir son identité, sa nationalité ou ses nationalités, sa situation familiale, son parcours depuis son pays d'origine ainsi que, le cas échéant, ses demandes d'asile antérieures. Il présente tous documents d'identité ou de voyage dont il dispose ".
5. Le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre Etat ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que si l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'Etat membre de l'Union ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures alors qu'elle avait préalablement engagé l'autre.
6. Il en va toutefois différemment du cas d'un étranger demandeur d'asile. Les stipulations de l'article 31-2 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile impliquent en effet nécessairement que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit autorisé à demeurer provisoirement sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande. Dès lors, lorsqu'en application des stipulations des conventions internationales conclues avec les Etats membres de l'Union européenne, l'examen de la demande d'asile d'un étranger ne relève pas de la compétence des autorités françaises mais de celles de l'un de ces Etats, la situation du demandeur d'asile n'entre pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais dans celui des dispositions du premier alinéa de l'article L. 572-1 du même code. En vertu de ces dispositions, la mesure d'éloignement en vue de remettre l'intéressé aux autorités étrangères compétentes pour l'examen de sa demande d'asile ne peut être qu'une décision de réadmission prise sur le fondement de l'article L. 572-1, et non une obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement de l'article L. 611-1.
7. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal d'audition de M. A C par les services de police du 25 janvier 2024, qu'il est présent sur le territoire français depuis 2019 et qu'il a répondu à la question de savoir s'il avait effectué une demande d'asile dans un pays européen " oui, en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas ". Il ressort également des pièces du dossier, et plus particulièrement de son procès-verbal d'audition du 4 mars 2024 menée par les services de la police aux frontières de Lille, postérieure à la date de la décision attaquée mais révélant un état de fait antérieur, que le requérant a répondu à la question de savoir s'il avait effectué une demande d'asile dans un pays européen " oui, en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas " et a précisé à cette occasion qu'il avait déjà fait l'objet d'une réadmission vers l'Allemagne en 2023. Il ressort en outre des pièces du dossier, et plus particulièrement du mail du 9 février 2023 adressé par la direction départementale de la police aux frontières du Nord à la préfecture du Nord, que le requérant a embarqué à cette date dans l'avion à destination de Munich dans le cadre de son transfert Dublin auprès des autorités allemandes. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas allégué par le préfet de Vaucluse, que cette demande d'asile aurait définitivement été rejetée.
8. Dès lors, en prononçant à l'encontre de M. A C l'obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que, demandeur d'asile, M. A C pouvait seulement faire l'objet d'une décision de réadmission, telle que prévue par l'article L. 572-1 du même code, la préfète de Vaucluse a commis une erreur de droit.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A C est fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, la décision de refus de délai de départ volontaire, fixant le pays de destination, portant interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans et portant inscription au système d'information Schengen.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Aux termes des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
11. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Vaucluse, ou tout autre préfet territorialement compétent, de délivrer une autorisation provisoire de séjour à M. A C sans délai et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
12. M. A C étant admis provisoirement à l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Cardon, avocat de M. A C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Cardon de la somme de 800 euros hors taxes.
D E C I D E :
Article 1 : M. A C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 25 janvier 2024 de la préfète de Vaucluse est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de Vaucluse, ou tout autre préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. A C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'intervalle, une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 800 (huit cents) euros hors taxe à Me Cardon, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A C est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Cardon et au préfet de Vaucluse. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Mulhouse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La magistrate désignée,
V. Klipfel
La greffière,
A. Slovencik
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van Der Beek
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026