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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2402999

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2402999

vendredi 21 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2402999
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLAMLIH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 1er décembre 2023, M. B demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 30 novembre 2023 par lesquelles le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer une attestation de demande d'asile, sous une astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 26 avril 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis le dossier de la requête de M. B au tribunal administratif de Strasbourg en application de l'article R. 351-3 alinéa 1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant gabonais né le 4 février 2001, est arrivé à l'aéroport Charles de Gaulle le 16 novembre 2023 où il a fait l'objet d'un refus d'entrée sur le territoire français et d'un placement en zone d'attente. Par un arrêté du 30 novembre 2023, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et l'a placé au centre de rétention administrative de Paris. Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2023 au tribunal administratif de Paris, le requérant a demandé l'annulation de ces décisions à l'exception de celle le plaçant en rétention. Par une ordonnance du 26 avril 2024, le président de ce tribunal a transmis cette requête au tribunal administratif de Strasbourg.

2. D'une part, aux termes de l'article R. 312-8 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions () ". Aux termes de l'article R. 776-16 du même code : " Le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel se trouve le lieu où le requérant est placé en rétention ou assigné à résidence au moment de l'introduction de la requête ou, si elle a été introduite avant le placement en rétention ou l'assignation à résidence, au moment où cette mesure est décidée () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 351-3 du code de justice administrative : " Lorsqu' () un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente. ". Aux termes de l'article R. 351-6 du même code : " () Lorsque le président () du tribunal administratif, auquel un dossier a été transmis en application du premier alinéa ou de la seconde phrase du second alinéa de l'article R. 351-3, estime que cette juridiction n'est pas compétente, il transmet le dossier, dans le délai de trois mois suivant la réception de celui-ci, au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, qui règle la question de compétence et attribue le jugement de tout ou partie de l'affaire à la juridiction qu'il déclare compétente. ".

4. Avant son arrivée en France le 16 novembre 2023, M. B résidait au Gabon et à la date d'édiction de l'arrêté en litige, qui l'a notamment placé au centre de rétention de Paris, le requérant se trouvait dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Par suite, le tribunal administratif de Strasbourg n'est pas territorialement compétent pour connaître des conclusions présentées par M. B. Toutefois, la présente requête a été transmise à ce tribunal, par ordonnance du président du tribunal administratif de Paris, sur le fondement de l'article R. 351-3 du code de justice administrative. Cette affaire posant en conséquence un problème de compétence territoriale entre plusieurs tribunaux administratifs, il y a lieu de renvoyer le dossier de la requête de M. B au président de la section du contentieux du Conseil d'État en application des dispositions précitées de l'article R. 351-6 du code de justice administrative afin qu'il règle la question de la juridiction compétente et qu'il attribue le jugement de cette affaire à la juridiction qu'il déclarera compétente.

ORDONNE :

Article 1 : Le dossier de la requête susvisée de M. B est transmis au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C, au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat et au président du tribunal administratif de Paris.

Fait à Strasbourg, le 21 juin 2024.

Le président,

Xavier FAESSEL

Pour expédition conforme,

La greffière,

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