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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2403467

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2403467

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2403467
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMANLA AHMAD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme C... épouse B..., ressortissante algérienne, d’un recours pour excès de pouvoir contre une décision du préfet de la Moselle du 26 mars 2024 refusant de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale ». En cours d’instance, le préfet a accordé à la requérante un certificat de résidence algérien d’un an valable jusqu’en septembre 2024. Le tribunal, constatant que les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction avaient perdu leur objet, a prononcé un non-lieu à statuer sur ces demandes sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il a également condamné l’État à verser 1 000 euros à l’avocat de la requérante au titre de l’aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2024, Mme A... C... épouse B..., représentée par Me Manla Ahmad, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 26 mars 2024 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale » ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans, à titre subsidiaire de lui délivrer un certificat de résident algérien d’un an portant la mention « vie privée et familiale », à défaut de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l’expiration de ce délai et de lui délivrer dans l’intervalle une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d’un défaut d’examen sérieux ;
- la décision attaquée est entachée d’une erreur de droit dès lors qu’elle se fonde sur les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n’est pas applicable aux ressortissants algériens ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l’article R. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- la décision attaquée est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 et 18 juin 2024, le préfet de la Moselle conclut, dans le dernier état de ses écritures au non-lieu à statuer.

Il fait valoir qu’un certificat de résidence algérien valable du 14 juin 2024 au 13 juin 2025 a été édicté au profit de la requérant et qu’elle a été mise en possession d’un récépissé valable jusqu’au 12 septembre 2024.

Par une lettre du 18 juin 2024, le tribunal a, en application des dispositions de l’article R. 612-5-1 du code de justice administrative, adressé une demande de maintien de la requête à la requérante.

Par un mémoire, enregistré le 17 juillet 2024, Mme C... déclare maintenir l’ensemble de ses conclusions.

Mme C... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par décision du 11 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif et (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…). ».

Par sa requête, la requérante conteste la décision du 26 mars 2024 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour d’une durée d’un an portant la mention « vie privée et familiale ». Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet du Bas-Rhin a, par une décision du 14 juin 2024, accordé à Mme C... un certificat de résidence algérien d’un an valable jusqu’au 12 septembre 2024. Par ailleurs, si la requérante fait valoir qu’antérieurement à la décision en litige, elle avait présenté une demande de regroupement familial qui lui donnait droit à un certificat de résidence algérien de dix ans, elle n’apporte, en tout état de cause, pas d’élément probant de nature à établir que cette demande aurait effectivement été reçue par les services de la préfecture. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d’annulation, d’injonction et d’astreinte tendant à l’octroi d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ont perdu leur objet. Il n’y a dès lors plus lieu d’y statuer.

Mme C... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros à verser à Me Manla Ahmad, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.



O R D O N N E :

Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation, d’injonction et d’astreinte de la requête présentée par Mme C....

Article 2 : L’Etat versera à Me Manla Ahmad une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Manla Ahmad renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C... épouse B..., à Me Manla Ahmad et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministyre de l’intérieur.


Fait à Strasbourg, le 4 décembre 2025.


Le président de la 5e chambre,





C. CARRIER


La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,










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