mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2403698 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SARL MEIER-BOURDEAU LÉCUYER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 mai 2024 et le 14 juin 2024, M. B A représenté par Me Schreckenberg, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 22 mars 2024 par laquelle le centre national de la recherche scientifique (CNRS) a refusé son maintien en activité au-delà de la limite d'âge ;
2°) d'enjoindre au CNRS de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CNRS la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
Sur la recevabilité :
- il a présenté un recours au fond ;
Sur la condition d'urgence :
- celle-ci est satisfaite, dès lors qu'un départ à la retraite le 21 août 2024 impacterait sensiblement sa capacité financière à honorer le remboursement de son emprunt immobilier ;
- l'abandon de ses responsabilités au niveau du programme JUNO porterait atteinte à la visibilité internationale des instituts français, rendant impossible la première prise de données de cette expérience et occasionnerait la perte de la première place par rapport aux autres pays européens ; le CNRS perdrait en outre la coordination du projet collaboratif ESSnuSB+ dont il est l'initiateur ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- cette décision est entaché du vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de demande de production d'un certificat médical ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2024, le CNRS, représenté par
Me Meier-Bourdeau, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le CNRS soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de preuve de l'existence d'un recours au fond contre la décision contestée ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que le requérant a souscrit le prêt immobilier dont il se prévaut en ayant connaissance de l'âge limite d'activité ; le requérant ne démontre pas que ses revenus après son départ à la retraite ne lui permettront pas de s'acquitter des échéances dues ; il ne démontre pas que son départ à la retraite aura pour effet d'interrompre les programmes JUNO et ESSnuSB+, ni qu'il y aurait urgence à poursuivre ces projets dans l'attente de son successeur ; le départ à la retraite n'est prévu que pour le mois d'août 2024 ;
- il n'existe pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, dans la mesure où les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond, enregistrée le sous le n° 2403697.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dulmet pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 21 juin 2024 à 10h, en présence de M. Souhait, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Dulmet, juge des référés,
- les observations de Me Generet pour M. A qui conclut aux mêmes fins que dans sa requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Meier-Bourdeau, pour le CNRS qui conclut aux mêmes fins que les écritures en défense, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. M. A, né le 21 août 1957, est directeur de recherche au sein de l'institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) de Strasbourg. Il a adressé, le 1er février 2024, une demande de prolongation d'activité à la directrice de l'institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3), institut relevant du centre national de la recherche scientifique (CNRS). Par décision du 22 mars 2024, le CNRS a refusé cette demande. M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution la décision du 22 mars 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant et aux intérêts qu'il entend défendre. Il en va ainsi, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour caractériser l'existence d'une situation d'urgence, M. A invoque la perte de revenu correspondant à la différence entre sa rémunération, d'un montant actuel de 5 793,04 euros net mensuel et la pension à laquelle il aura droit, et la nécessité dans laquelle il se trouve de rembourser les échéances mensuelles d'un montant de 2 407,22 euros d'un emprunt immobilier courant jusqu'au 7 juillet 2027. Il n'apporte toutefois aucune précision sur le caractère insuffisant de la pension qui lui serait octroyée au regard de ses charges actuelles, alors même qu'il ne pouvait ignorer le moment où il atteindrait la limite d'âge et les conséquences normalement attendues de celle-ci sur ses revenus. Si M. A se prévaut en outre de l'atteinte portée au rayonnement de la France et aux missions scientifiques dont il est chargé dans le programme JUNO et le projet collaboratif ESSnuSB+, il ne résulte pas de l'instruction que ces programme et projet ne pourraient pas perdurer sans la présence de M. A, ni que la France ne pourrait y être utilement représentée par une autre personne. Dès lors, les éléments invoqués ne caractérisent pas une situation d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions posées par l'article
L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, M. A n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 22 mars 2024 refusant son maintien en activité au-delà de la limite d'âge. Ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction doivent, par suite, être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de
M. A une somme de 800 euros à verser au CNRS au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par M. A soient mises à la charge du CNRS, qui n'est pas la partie perdante.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera au CNRS la somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente requête sera notifiée à M. B A et au Centre national de la recherche scientifique.
Fait à Strasbourg, le 2 juillet 2024.
La juge des référés,
A. DULMET
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026