mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2403939 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CASANO |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance N° 2401631 en date du 6 juin 2024, le président du tribunal administratif de Nancy a renvoyé au tribunal administratif de Strasbourg le dossier de la requête de Mme A.
Par une requête enregistrée le 3 juin 2024 au greffe du tribunal administratif de Nancy et par la même requête et un mémoire enregistrés respectivement les 6 et 11 juin 2024 au greffe de ce tribunal, Mme B A., représentée par Me Casano, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juin 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin l'a obligée à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit de circuler sur le territoire français pendant deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Les décisions contestées :
- sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- sont insuffisamment motivées ;
- ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'elle comprend ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait l'article L. 232-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'elle ne présente pas de risque de fuite ;
-la décision fixant le pays de destination méconnait les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision prononçant une interdiction de circulation sur le territoire français est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 11 juin 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lecard en application des dispositions des articles L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lecard, magistrate désignée
- les observations de Me Casano, avocate de Mme A, qui a repris les moyens développés dans son mémoire complémentaire et a insisté sur le fait que la requérante n'est pas une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale et sur le fait qu'elle ne représente pas une menace pour l'ordre public.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Le préfet du Haut-Rhin régulièrement convoquée n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante bulgare née en 1977 est entrée régulièrement sur le territoire français, selon ses déclarations le 15 mai 2024, munie de sa carte d'identité bulgare en cours de validité. Elle a été interpellée et placée en garde à vue par les services de police de Mulhouse le 1er juin 2024 pour des faits de violences aggravées. Par un arrêté du 2 juin 2024, dont elle demande l'annulation, le préfet du Haut-Rhin l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de circuler le territoire français pour une durée de deux ans. Par un arrêté du 5 juin 2024, elle a été assignée à résidence.
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, par un arrêté du 21oût 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Haut-Rhin du même jour, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à M. Christophe Marot, secrétaire général de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de ce que ces dernières seraient entachées d'incompétence doit être écarté.
3. En second lieu, les décisions attaquées comportent, pour chacune d'entre elles, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de leur motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, si la requérante soutient que les décisions lui ont été notifiées dans une langue non comprise, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision. Par suite, ce moyen est inopérant et doit être écarté.
Sur les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, la requérante se prévaut de la méconnaissance de l'article L. 232-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en soutenant qu'elle serait arrivée en France le 15 mai 2024 et qu'elle ne constituerait pas une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale français. Toutefois, d'une part, elle ne démontre pas être arrivée il y a moins de trois mois en France et si elle a déclaré résider en Espagne, elle n'est titulaire d'aucune titre de séjour. D'autre part, et alors qu'elle ne justifie pas avoir entrepris des démarches dans les conditions fixées à l'article L. 233-1 du même code pour disposer d'un droit de séjour en France, elle ne fait état d'aucun revenu et ne pas garantit pas ne pas constituer une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale français. Par suite, le présent moyen doit être écarté.
6. Si la requérante soutient que la mesure porte atteinte à sa vie privée et familiale, elle ne produit aucun élément à l'appui de son argumentation alors qu'il est constant qu'elle ne dispose d'aucune attache sociale et familiale en France à l'exception de son fils qui a également fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Par suite, le préfet du Haut-Rhin n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant refus de délai de départ volontaire :
7. La requérante soutient que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'elle ne présente pas de risque de fuite. Or, en l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la requérante, qui a été placée en garde à vue pour des faits de violences aggravées, représente une menace pour l'ordre public. Par suite, ce moyen doit être écarté.
Sur les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
8. En premier lieu, si la requérante se prévaut de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
9. En deuxième lieu, pour les motifs que ceux énoncés au point 6 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur le moyen dirigé contre la décision portant interdiction de circulation :
10. Si la requérante soutient que la décision portant interdiction de circulation est entachée d'erreur d'appréciation, elle n'assorti pas son moyen des précisons permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de Mme A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Casano et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
La magistrate désignée,
A. Lecard La greffière,
L. Rivalan
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. Rivalan
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026