mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2404062 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique (2) |
| Avocat requérant | ELSAESSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juin 2024, M. B C A, représenté par Me Elsaesser, demande au tribunal :
1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai, et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
3°) subsidiairement, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois suivant la notification de la décision à intervenir et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; subsidiairement, de lui enjoindre de réexaminer sa situation et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxes à verser à son avocate en application des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou subsidiairement à lui-même en application du seul article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- la préfète du Bas-Rhin n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 425-9 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'exécution de la mesure d'éloignement doit être suspendue dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 août 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rees, président, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés à cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Rees a lu son rapport à l'audience tenue le 6 septembre 2024 en présence de Mme Immelé, greffière d'audience.
Aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de M. A à l'aide juridictionnelle.
Sur les autres demandes :
En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit ".
4. L'arrêté contesté comporte un énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles la préfète s'est fondée pour obliger le requérant à quitter le territoire français. La préfète, qui n'avait pas, en outre, à faire état de manière exhaustive de la situation de l'intéressé, a ainsi régulièrement motivé sa décision.
5. En deuxième lieu, la motivation de la décision permet de vérifier que la préfète s'est prononcée à la suite d'un examen particulier de la situation de M. A.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que, antérieurement à la décision contestée, M. A ait présenté une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'il ait fourni à la préfète des éléments relatifs à son état de santé. Le moyen tiré de ce que la préfète aurait commis une erreur de droit en édictant la mesure d'éloignement sans s'être préalablement prononcée sur sa demande d'admission au séjour et une autre erreur de droit en ne tenant pas compte de l'état de santé du requérant lors de la vérification prescrite par l'article L. 613-1 précité manque ainsi en fait.
7. En quatrième lieu, les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables aux décisions portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de leur méconnaissance est donc inopérant à l'encontre d'une telle décision.
8. En cinquième lieu, l'obligation de quitter le territoire français n'a pas pour objet ni, en soi, pour effet d'éloigner l'intéressé à destination d'un pays en particulier. C'est donc de manière inopérante que le requérant fait valoir, à l'encontre de cette décision, qu'il pourrait subir des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine.
9. En sixième et dernier lieu, la circonstance que le recours du requérant relatif au réexamen de sa demande d'asile soit pendant devant la Cour nationale du droit d'asile ne suffit pas à considérer que la préfète, en décidant de l'éloigner sans attendre la décision de cette cour, aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
10. En premier lieu, l'arrêté contesté, qui comporte un énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles la préfète s'est fondée pour fixer le pays à destination duquel M. A pourra être éloigné d'office, est régulièrement motivé.
11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que cette décision est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ".
13. M. A évoque ses " craintes d'atteintes graves en cas de retour au Bengladesh " de manière vague et sommaire, ce qui ne permet pas d'apprécier le risque auquel il pourrait être exposé. Par ailleurs, il se borne à alléguer l'absence de traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, sans fournir le moindre élément permettant de la vérifier. La méconnaissance des stipulations précitées n'est ainsi établie en rien.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte un énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles la préfète s'est fondée pour interdire au requérant de retourner sur le territoire français. Ce dernier n'indique pas en quoi cette motivation serait insuffisante.
15. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que cette décision est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
16. En troisième lieu, pour les mêmes raisons que celles indiquées au point 13, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète ait commis une erreur d'appréciation de la situation de M. A au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la suspension de la mesure d'éloignement :
17. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 752-11 de ce code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".
18. En se bornant à faire état de ses diligences pour soutenir sa demande de réexamen de sa demande d'asile et d'une pièce nouvelle, qu'il ne produit même pas, M. A ne présente pas, à l'appui de sa demande de suspension, d'élément sérieux au sens des dispositions de l'article L. 752-11 précité.
19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et à la préfète du Bas-Rhin, ainsi qu'à Me Elsaesser.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
P. REES
La greffière,
V. IMMELÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026