vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2404293 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GALLAND YANNICK & KIEFFER EMMANUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juin, M. A B, représenté par Me Galland demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions du 21 mars 2024 et du 16 mai 2024 refusant de lui délivrer le quitus fiscal et le certificat d'immatriculation du véhicule qu'il a acquis en Allemagne ;
2°) d'enjoindre à l'ANTS de lui délivrer, à titre provisoire, le quitus fiscal et le certificat d'immatriculation sollicité, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le défaut de délivrance du quitus fiscal et du certificat d'immatriculation de son véhicule le place dans l'impossibilité d'utiliser son véhicule et entraîne la résiliation de son contrat d'assurance ;
- les décisions attaquées ne sont pas signées et n'identifient pas leur auteur ;
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article 298 sexies du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, l'Agence nationale des titres sécurisés conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre l'ANTS qui n'a pas pris les décisions en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, le directeur régional des finances publiques et du Grand Est et du département du Bas-Rhin conclut à sa mise hors de cause et à ce qu'il soit fait droit à la demande de suspension des décisions attaquées.
Il soutient qu'en application des dispositions de l'article 298 sexies du code général des impôts, M. B pouvait obtenir un quitus fiscal dès lors que le véhicule qu'il a acquis à plus de six moi et plus de 6000 kilomètres.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les actes attaqués ne constituent pas des actes faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux ;
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- il n'existe pas de moyen sérieux de nature à justifier la suspension des décisions en litige ;
- la demande d'injonction formulée dépasse ce que le juge des référés peut ordonner sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2404292, enregistrée le 18 juin 2024, par laquelle M. B demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Claude Carrier, vice-président, en qualité de juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 10 juillet 2024 à 15h00 en présence de M. Haag, greffier d'audience :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Galland, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens,
- et les observations de Mmes D et Deshayes, représentantes du directeur régional des finances publiques et du Grand Est et du département du Bas-Rhin, qui font valoir que les pièces produites par M. B sont contradictoires et font peser un doute sur le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée en Allemagne.
L'ANTS et le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'étaient ni présents ni représentés.
À l'issue de l'audience, le juge des référés a différé la clôture de l'instruction au 12 juillet 2024 à 12h00 en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Me Galand a produit le 11 juillet 2024 à 18h32 deux pièces justifiant du paiement du véhicule, taxe sur la valeur ajoutée comprise, en Allemagne.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 septembre 2023, M. B a acquis un véhicule en Allemagne. Le 15 septembre 2023, il a déposé auprès de l'ANTS une demande de quitus fiscal et d'immatriculation en France de ce véhicule. Par décision du 21 mars 2024, la demande de quitus fiscal a été rejetée. M. B a présenté un recours gracieux le 22 avril 2024. Par décision du 16 mai 2024, sa demande de quitus fiscal et sa demande d'immatriculation ont été rejetées. Par sa requête, M. B doit être regardé comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution des décisions susmentionnées.
Sur la fin de non-recevoir opposée :
2. Il résulte clairement des termes des courriels des 21 mars et 16 mai 2024, qui refusent de délivrer un quitus fiscal et d'immatriculer le véhicule de M. B, qu'ils constituent des actes faisant grief. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de décision faisant grief ne peut pas être accueillie.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / (). ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
5. Il résulte de l'instruction que M. B, qui a acquis un véhicule en Allemagne en septembre 2023, est dans l'impossibilité depuis plusieurs mois de pouvoir l'utiliser en raison des décisions contestées et risque à court terme de ne plus pouvoir l'assurer. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen sérieux :
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 298 sexies du code général des impôts est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité du refus de quitus fiscal, et par voie de conséquence, du refus d'immatriculation.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, qu'il y a lieu de suspendre l'exécution des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. (). ".
9. Dans le cas où les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, le juge des référés peut non seulement suspendre l'exécution d'une décision administrative, même de rejet, mais aussi assortir cette suspension d'une injonction, s'il est saisi de conclusions en ce sens, ou de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration. Toutefois, les mesures qu'il prescrit ainsi, alors qu'il se borne à relever l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, doivent présenter un caractère provisoire. Il suit de là que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut, sans excéder sa compétence, ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant la décision administrative contestée.
10. En l'espèce, il y a lieu d'enjoindre à l'administration fiscale et au ministre de l'intérieur et des outre-mer de réexaminer les demandes de M. B de quitus fiscal et d'immatriculation, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1 : L'exécution des décisions des 21 mars et 16 mai 2024 portant refus de quitus fiscal et d'immatriculation du véhicule acquis par M. B en Allemagne est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à l'administration fiscale et au ministre de l'intérieure et des outre-mer de réexaminer les demandes de quitus fiscal et d'immatriculation du véhicule acquis par M. B en Allemagne dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
Article 2 : L'État versera à M. B une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à l'Agence nationale des titres sécurisés, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au directeur régional des finances publiques et du Grand Est et du département du Bas-Rhin.
Fait à Strasbourg, le 12 juillet 2024.
Le juge des référés,
C. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026