LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2404364

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2404364

mercredi 12 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2404364
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e chambre
Avocat requérantSCP IOCHUM & GUISO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg annule l'arrêté du 3 juin 2024 par lequel le préfet de la Moselle avait ordonné la saisie définitive des armes et munitions de M. A..., estimant que le comportement et l'état de santé de ce dernier ne présentaient plus un danger grave pour lui-même ou pour autrui. Le tribunal se fonde sur les articles L. 312-7 et L. 312-9 du code de la sécurité intérieure, qui permettent au préfet d'ordonner la saisie définitive ou la restitution des armes après une période de conservation d'un an. Il retient que M. A... a produit un certificat médical attestant de l'absence de danger, corroboré par un suivi psychologique et un traitement pour addiction, et qu'aucun incident n'est survenu depuis l'arrêté initial de remise des armes. En conséquence, le tribunal enjoint au préfet de restituer les armes et munitions listées dans la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juin et 30 août 2024, M. B... A..., représenté par Me Iochum, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 3 juin 2024 par lequel le préfet de la Moselle a ordonné la saisie définitive de ses armes et munitions et de leurs éléments ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Moselle de lui restituer les armes et les munitions dont il est propriétaire :
- une carabine de catégorie C de marque STEYR-MANNLICHER, calibre 7x64, matricule n° 1004846,
- une carabine de marque LUGER, calibre 22LR, matricule n° 0457401688
- un fusil de catégorie D de marque BERETTA, calibre 12, matricule n° V069855,
- un fusil de catégorie C de marque VERNEY CARON, calibre 12, numéroté 6003551102,
- des munitions de calibre 12, 16, 20, 7x64 et 22LR,
- neuf couteaux et dagues de chasse.

3°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l’arrêté attaqué est entaché d’erreur d’appréciation dès lors qu’aucun élément n’est de nature à faire craindre qu’il présente un danger grave et immédiat pour les tiers incompatible avec la détention d’arme et qu’il ne présente plus de danger pour lui-même.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Bronnenkant,
- et les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :

Par un arrêté du 19 avril 2023, le préfet de la Moselle a ordonné à M. A..., eu égard à son comportement qui présentait un danger grave pour lui-même ou pour autrui, de remettre les armes en sa possession aux services de gendarmerie. Par un arrêté du 3 juin 2024, dont le requérant demande l’annulation, le préfet de la Moselle a prononcé la saisie définitive des armes et munitions appartenant à M. A..., remises à l’autorité administrative en exécution de son arrêté du 19 avril 2023. Par sa requête, M. A... demande l’annulation de l’arrêté préfectoral du 3 juin 2024.

Aux termes de l’article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure : « Si le comportement ou l'état de santé d'une personne détentrice d'armes, de munitions et de leurs éléments présente un danger grave pour elle-même ou pour autrui, le représentant de l’État dans le département peut lui ordonner, sans formalité préalable ni procédure contradictoire, de les remettre à l'autorité administrative, quelle que soit leur catégorie. ». Aux termes de l’article L. 312-9 de ce code : « La conservation de l'arme, des munitions et de leurs éléments remis ou saisis est confiée pendant une durée maximale d'un an aux services de la police nationale ou de la gendarmerie nationale territorialement compétents. / Durant cette période, le représentant de l’État dans le département décide, après que la personne intéressée a été mise à même de présenter ses observations, soit la restitution de l'arme, des munitions et de leurs éléments, soit leur saisie définitive. (…) ».

Il résulte de ces dispositions que pour décider, sur le fondement de l’article
L. 312-9 du code de la sécurité intérieure, la saisie définitive d’armes ou de munitions initialement saisies sur le fondement de l’article L. 312-7 du même code, ou leur restitution, le préfet doit apprécier si le comportement ou l’état de santé de l’intéressé présente toujours un danger grave pour lui-même ou pour autrui.


Il ressort des pièces du dossier et il n’est pas contesté par M. A..., que la gendarmerie est intervenue à son domicile le 10 avril 2023 à la suite du signalement par sa sœur de son intention suicidaire et ce, alors qu’il avait placé une arme dans sa voiture pour mettre fin à ses jours. Pour édicter la décision attaquée, le préfet de la Moselle s’est fondé sur la circonstance que ces faits ont mis en évidence une grande détresse psychologique chez le requérant avec un risque suicidaire avéré, que ce dernier n’établissait pas s’être engagé dans un processus de soins, que ses proches avaient fait état de la tenue de propos suicidaires antérieurement à cet incident et que, dès lors une réitération des faits ne pouvait être exclue, alors par ailleurs, que le requérant présentait un tempérament impulsif et colérique comme en attestait le ton des courriels envoyés à la commune de Corny.

Toutefois, le requérant produit à l’appui de ses écritures un certificat médical établi par un psychiatre le 21 mars 2024 indiquant « le comportement et l’état de santé de M. A... ne présente[nt] plus un danger grave et immédiat pour lui-même ou autrui. Son état de santé psychique n’est plus incompatible avec la détention d’armes et de munitions ». Ce certificat, bien que peu circonstancié, est corroboré par la double circonstance que le requérant a fait l’objet d’un suivi par un psychologue à raison de cinq séances de janvier à mars 2024 et d’un suivi spécifique pour son addiction au cannabis dans un centre médical des addictions de février à août 2024. Ainsi, à la date de l’arrêté attaqué, il ressort des pièces du dossier que le requérant était engagé dans un processus de soins. En outre, depuis l’arrêté du 19 avril 2024 aucun autre incident n’a été constaté. Enfin, le courriel envoyé par le requérant aux services de la commune de Corny auquel il est fait référence dans la décision attaquée ne peut, eu égard à la teneur des propos tenus, être regardé comme révélant un comportement présentant un danger grave pour le requérant ou pour autrui. Par suite, dans les circonstances de l’espèce, l’arrêté attaqué est entaché d’erreur d’appréciation.

Il résulte de tout ce qui précède que l’arrêté préfectoral du 3 juin 2024 en litige doit être annulé.

L’exécution du présent jugement implique que le préfet de la Moselle restitue à M. A... l’ensemble de ses armes et munitions, sous réserve qu’elles n’aient pas été vendues aux enchères ou cédées à un commerçant autorisé, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Il y a lieu dans les circonstances de l’espèce de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A... et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

L’arrêté du préfet de la Moselle du 3 juin 2024 est annulé.
Il est enjoint au préfet de la Moselle de restituer à M. A... l’ensemble de ses armes et munitions, sous réserve qu’elles n’aient pas été vendues aux enchères ou cédées à un commerçant autorisé, dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.
L’Etat versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à M. A... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à Me Iochum et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz.


Délibéré après l'audience du 30 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Carrier, président,
Mme Bronnenkant, première conseillère,
Mme Muller, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2025.


La rapporteure,





H. BRONNENKANT

Le président,

C. CARRIER


Le greffier,





P. SOUHAIT


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026