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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2404445

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2404445

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2404445
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantHEBRARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, sous le numéro 2404445, M. E C, représentés par Me Hebrard, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les arrêtés du 28 mai 2024, notifiés le 11 juin 2024, par lesquels la préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités espagnoles ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de l'admette au séjour au titre de l'asile, de lui remettre une attestation de demande d'asile- procédure normale et de lui remettre le formulaire OFPRA dans le délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les décisions contestées sont entachées d'un vice d'incompétence ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- l'information prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne lui a pas été donnée ;

- il n'a pas bénéficié d'un entretien individuel conforme aux dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- les décisions litigieuses sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article 17, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

II. Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, sous le numéro 2404447, M. A A, représentée par Me Hebrard, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les arrêtés du 28 mai 2024, notifiés le 11 juin 2024, par lesquels la préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités espagnoles ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de l'admette au séjour au titre de l'asile, de lui remettre une attestation de demande d'asile- procédure normale et de lui remettre le formulaire OFPRA dans le délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- les décisions contestées sont entachées d'un vice d'incompétence ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- l'information prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne lui a pas été donnée ;

- elle n'a pas bénéficié d'un entretien individuel conforme aux dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- les décisions litigieuses sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article 17, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

Par des mémoires en défense, enregistré le 1er juillet 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de leurs requêtes.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Weisse-Marchal pour statuer sur les litiges relevant des dispositions de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur lesquels il est statué selon les conditions et délais prévus aux articles L. 614-7 à L. 614-13.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Weisse-Marchal, magistrate désignée ;

- les observations de Me Hebrard, avocat de M. C et Mme A, non présents à l'audience, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et faits.

La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C et Mme A, ressortissants indien nés les 1er février 1986 et 18 mars 1993, sont entrés sur le territoire français munis d'un passeport indien revêtu d'un visa délivré par les autorités espagnoles accompagnés de leurs trois enfants mineurs. Le 8 janvier 2024, une attestation de demandeur d'asile en procédure " Dublin " leur a été remise. La consultation du fichier VIS a fait apparaître que M. C et Mme A étaient en possession d'un visa délivré par les autorités espagnoles en cours de validité au moment du dépôt de leur demande d'asile. Le 1er février 2024, la préfète a saisi les autorités espagnoles d'une demande de reprise en charge, lesquelles ont donné implicitement leur accord le 2 avril 2024 en application de l'article 22 du règlement (UE) n°604/2013. Par les présentes requêtes, les requérants demandent l'annulation des arrêtés du 28 mai 2024, notifiés le 11 juin 2024, par lesquels la préfète du Bas-Rhin a décidé leur transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de leur demande d'asile.

Sur la jonction :

1. Les requêtes susvisées n° 2404445 et 2404447, présentées par Me Hébrard pour M. C et Mme A, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur leur requête, il y a lieu d'admettre M. C et Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur la légalité de l'arrêté portant transfert aux autorités espagnoles ou sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, par un arrêté du 8 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin le même jour, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme G D, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, à Mme B F, cheffe du pôle régional Dublin, à l'effet de signer les arrêtés de transfert entre États membres de l'Union européenne. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de la décision attaquée. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteure des décisions attaquées doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des termes de l'arrêté que la préfète du Bas-Rhin ne se serait pas livrée à un examen réel et sérieux de leur situation. Par suite, les moyens doivent être écartés.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. (). / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. () ".

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les services de la préfecture du Bas-Rhin ont remis aux intéressés les brochures " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " en français, ainsi que le guide du demandeur d'asile en anglais le 8 janvier 2024. Il ressort également des pièces du dossier que l'ensemble des informations contenues dans ces documents ont été traduites aux requérants en hindi, langue qu'ils comprennent, via le concours d'un interprète d'ISM interprétariat, lors de l'entretien individuel prévu par les dispositions de l'article 5 dudit règlement. Ainsi, dans ces circonstances, M. C et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 auraient été méconnues.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. C et Mme A ont bénéficié d'un entretien individuel le 8 janvier 2024 à la préfecture du Val d'Oise. Il ressort des éléments figurant dans les compte-rendu des entretiens que les intéressés ont pu apporter des précisions sur leur situation familiale, leur parcours. Si les compte-rendu de l'entretien ne mentionnent pas le nom et la qualité de l'agent ayant mené ces entretiens, ils comportent néanmoins les initiales de ce dernier, est revêtu du cachet de la préfecture, et indique qu'il a été réalisé par une personne qualifiée, dont font nécessairement partie les agents recevant les étrangers au sein du guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture du Val d'Oise. Les requérants, qui ont signé les compte-rendu de leurs entretiens sans y apporter la moindre réserve, ne font état d'aucun élément susceptible de sérieusement remettre en cause les indications qui y figurent et de faire douter du respect des exigences posées par les dispositions précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de ce dernier doit être écart

7. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entrainent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme responsable. ". Aux termes de l'article 17 du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ".

8. Les dispositions précitées doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.

9. Si M. C et Mme A font état de problème de santé dont notamment la paraplégie de M. C, ils ne démontrent pas, par les pièces médicales qu'ils produisent, que leur état de santé ferait obstacle à leur transfert en Espagne ni qu'ils ne pourront recevoir dans ce pays les soins appropriés. La circonstance que les autorités espagnoles n'aient pas répondu explicitement à la demande de prise en charge ne suffit pas à établir l'existence d'un doute sérieux quant à la prise en compte par ces dernières du traitement médical que requiert les pathologies des requérants. Par ailleurs, la circonstance que leurs enfants soient scolarisés en France n'établit pas l'existence d'une situation particulière justifiant que leur demande d'asile soit examinée par les autorités françaises alors que la responsabilité de cet examen de leur incombe pas. En tout état de cause, l'Espagne, pays responsable de sa demande d'asile, est un Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la demande d'asile du requérant ne serait pas examinée par les autorités espagnoles dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Ainsi, en édictant une telle mesure, la préfète du Bas-Rhin n'a pas méconnu ni commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'usage de son pouvoir discrétionnaire résultant de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

D E C I D E :

Article 1 : M. C et Mme A sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, à Mme A A, à Me Hebrard et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 juillet 2024.

La magistrate désignée,

C. Weisse-Marchal

La greffière,

L. Rivalan

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

L. Rivalan, 2404447

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