vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2404472 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ELSAESSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, M. C A, représenté par Me Elsaesser, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 19 avril 2024 par laquelle la préfète du Bas-Rhin a refusé de renouveler son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an dans le délai d'un mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de renouvellement de titre sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et dans cette attente de lui délivrer sans délai un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros hors taxe à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; subsidiairement, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- celle-ci est satisfaite dès lors qu'il existe une présomption d'urgence dans les cas de refus de renouvellement des titres de séjour ;
- la décision contestée le prive des revenus liés à la prise en compte de sa maladie ;
- le fait d'être placé en situation irrégulière entraine le risque de faire l'objet d'une mesure d'éloignement à tout moment et le prive des soins que nécessite son état de santé alors qu'il justifie d'une situation particulière de vulnérabilité ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en tant qu'il ne peut être considéré que l'avis des collèges des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est fondé sur un rapport médical établi antérieurement par un médecin instructeur ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en tant qu'il n'est pas établi que le rapport du médecin instructeur soit complet ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en tant qu'il n'est pas établi que le médecin rapporteur n'ait pas siégé au sein dudit collège ;
- la préfète s'est cru à tort en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; et d'une erreur dans l'appréciation des conséquences d'une rupture de soins et de suivi sur son état de santé alors que les soins nécessaires ne sont pas disponibles dans son pays d'origine ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré 8 juillet 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que :
- un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour lui a été délivré dans l'attente de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et il lui appartenait d'en demander le renouvellement ;
- le requérant ne justifie pas de ce que la décision en litige l'expose à une précarité sociale et financière ;
- le requérant bénéficie de l'aide médicale d'État.
Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée le 10 juillet 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le recours au fond enregistré sous le numéro 2404470.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- les observations de Me Elsaesser, qui a repris les moyens de sa requête en insistant sur l'urgence dès lors que le requérant n'a pas déposé d'autre demande ou que dans tous les cas une décision implicite de rejet est nécessairement née, que son récépissé n'a jamais été renouvelé et qu'il n'a pas été convoqué à cette fin.
- les observations de M. A qui souhaite disposer de son titre de séjour afin que ses ressources ne soient pas bloquées.
La préfète du Bas-Rhin, régulièrement convoquée, n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant pakistanais, né le 10 janvier 2000 à Karachi (Pakistan), est entré en France, selon ses déclarations, en 2019. Il a obtenu le 4 février 2021 une carte de séjour temporaire en raison de sa situation professionnelle. Le 3 novembre 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en raison de son état de santé. Par une décision du 19 avril 2024, la préfète du Bas-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement. M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre cette décision.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les autres conclusions :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
6. En l'espèce, d'une part, il ressort des termes de la décision attaquée que seule la demande de titre de séjour en raison de son état de santé est rejetée, que le requérant a parallèlement déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour qui est toujours en cours d'instruction et que cette situation lui permet de se maintenir régulièrement sur le territoire français pendant la durée de l'instruction. Si à l'audience le requérant conteste avoir sollicité son admission exceptionnelle au séjour, il ressort des termes de la demande de délivrance d'un titre de séjour du 29 juillet 2022 produite par le requérant lui-même qu'il a bien formulé une telle demande à titre subsidiaire. D'autre part, s'il soutient que malgré l'instruction en cours, il ne s'est plus vu délivrer de récépissé, il ne démontre pas avoir formulé une telle demande auprès des services de la préfecture. Par ailleurs, la préfecture soutient sans être contredite que le requérant étant autorisé à séjourner sur le territoire français, il peut continuer à bénéficier de l'aide médicale d'État et de l'accompagnement mis en place. Pour finir, si le requérant se prévaut de prestations qu'il ne pourrait plus toucher du fait de la décision attaquée, il ne démontre pas qu'il ne pourrait plus percevoir l'allocation aux adultes handicapés alors qu'au demeurant, contrairement à ce qu'il soutient, il n'a jamais bénéficié préalablement d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Ainsi, dans ces circonstances particulières, en l'absence d'urgence à suspendre le refus de titre contesté, l'une des conditions prévues à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie.
7. Il y a donc lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par M. A, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Elsaesser et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Strasbourg, le 12 juillet 2024
La juge des référés,
A. B
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026