LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2404553

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2404553

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2404553
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJU MW (6)
Avocat requérantDOLLÉ

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 27 juin 2024, Mme D A, représentée par Me Dollé, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 juin 2024, par lequel le préfet de la Moselle lui a retiré son attestation de demande d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de son éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) à défaut, de suspendre d'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à la décision de la cour nationale du droit d'asile ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros à verser à son conseil, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

5°) de lui accorder provisoirement l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

Sur la décision portant retrait de l'attestation de demande d'asile :

- la requérante n'a pas épuisé son droit au séjour, dans la mesure où elle a formé un recours devant la cour nationale du droit d'asile.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît les principes généraux du droit de l'Union européenne, énoncés dans le 2° de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'elle a fixé le centre de ses intérêts en France ;

- la requérante doit être admise au séjour de plein droit au titre de l'articules L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur le délai de départ volontaire :

- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence en fixant le délai à trente jours.

Sur la décision portant fixation du pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée en fait en méconnaissance des articles L. 211-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;

- la requérante encourt des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, ce qui méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- le préfet n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire, ce qui l'a privé d'une garantie d'un examen préalable et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la requérante ne s'est jamais soustraite à l'exécution d'une mesure d'éloignement.

Sur la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement :

- elle présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de sa demande par la cour nationale du droit d'asile, en application de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour et des étrangers.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Par une requête enregistrée le 27 juin 2024, M. B A, représenté par Me Dollé, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 juin 2024 par lequel le préfet de la Moselle lui a retiré son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de son éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) à défaut, de suspendre d'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à la décision de la cour nationale du droit d'asile ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut de réexaminer sa situation dans un délai déterminé au besoin sous astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des articles L.761-1 du code de justice administrative ;

5°) de lui accorder provisoirement l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur le retrait de l'attestation de demande d'asile :

- le requérant n'a pas épuisé son droit au séjour, dans la mesure où il a formé un recours devant la cour nationale du droit d'asile.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît les principes généraux du droit de l'Union européenne énoncés dans le 2° de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur le délai de départ volontaire :

- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence, en fixant le délai à trente jours.

Sur la décision portant fixation du pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée en fait, en méconnaissance des articles L. 211-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;

- le requérant encourt des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, ce qui méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- le préfet n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire, ce qui l'a privé d'une garantie d'un examen préalable et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- le requérant ne s'est jamais soustrait à l'exécution d'une mesure d'éloignement.

Sur la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement :

- il présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de sa demande par la cour nationale du droit d'asile en application de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour et des étrangers.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Me Dollé a déposé son mandat relatif aux deux dossiers de M. et Mme A le 26 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. E en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative et de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 28 août à 11 heures : le rapport de M. E, magistrat-désigné,

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience .

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°2404829 et n°2404830 qui concernent un couple de ressortissants étrangers, posent des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu d'y statuer par un même jugement

Sur le retrait de l'attestation de demande d'asile :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme A étant originaires d'un pays sûr, ils ne bénéficient plus, en application de l'article L. 542-2, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'un droit au maintien sur le territoire depuis la notification des décisions de rejet de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, survenues le 18 avril 2024 et notifiées le 30 mai 2024.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français fait suite au refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié ou du bénéfice de la protection subsidiaire à l'étranger, et à l'absence du bénéfice du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1, L. 542-2 et L. 542-3. Le droit d'être entendu n'implique pas, dans ce cas, que l'administration ait l'obligation de mettre les intéressés à même de présenter leurs observations de façon spécifique en ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français qu'elle est amenée à prendre à leur encontre, dès lors qu'ils ont déjà été entendus, comme en l'espèce, dans le cadre de leurs demandes d'asile et qu'ils ont pu, en outre, faire valoir des éléments concernant leur situation à tout moment. Dès lors, les requérants n'ont été privés d'aucune garantie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu issu des principes généraux du droit de l'Union européenne, tel qu'exprimé à l'article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être rejeté.

3. En second lieu, M. et Mme A, de nationalité albanaise, nés respectivement en 1985 et 1993, sont entrés en France le 13 octobre 2023 selon leurs déclarations. Les requérants vivent depuis peu de temps en France où ils sont isolés, sans ressources pérennes, ni logement stable. Ils ne justifient pas de ne plus avoir aucunes relations personnelles ou familiale dans leur pays d'origine, qu'ils ont quitté récemment. Dans ces conditions, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'a pas été méconnue et la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur le délai de départ volontaire :

4. Il ressort des termes mêmes des décisions litigieuses que le préfet de la Moselle a fait usage de son pouvoir d'appréciation, et qu'il ne s'est pas mépris sur sa propre compétence en fixant le délai de départ volontaire au maximum prévu par les dispositions applicables, en l'absence de circonstances exceptionnelles. Par suite, les décisions ne sont pas entachées d'une erreur de droit.

Sur la décision portant fixation du pays de destination :

5. En premier lieu, il ressort des termes mêmes des décisions attaquées qu'elles comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et, alors qu'il appartient aux intéressés de justifier de leurs craintes, elles ne sont pas, par suite, contraires aux articles L. 211-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, ni entachée d'un défaut d'examen des circonstances particulières de leurs situation.

7. En second lieu, M. et Mme A qui, au demeurant, se sont vu opposer un refus à leurs demandes de protection internationale par l'office français de protection des réfugiés et apatride, n'apportent, à l'appui des présentes instances, aucun élément probant de nature à établir la réalité des risques réels et personnels qu'ils encourraient en cas de retour dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, les décisions ne méconnaissent pas l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

8. En premier lieu, il ressort des décisions que le préfet a procédé à un examen approfondi de la situation personnelle des requérants et a examiné s'il existait des circonstances humanitaires particulières. Par ailleurs, les décisions qui sont suffisamment motivées en droit et en fait, ne sont pas entachées d'une erreur de droit.

9. En dernier lieu, M. et Mme A sont entrés très récemment en France, où ils vivent seuls, et se trouvent isolés et en situation précaire. Dans ces conditions, et alors même qu'ils ne se seraient jamais soustraits à l'exécution d'une mesure d'éloignement, les décisions ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement :

10. M. et Mme A n'apportent, à l'appui de leurs requêtes, aucun élément sérieux de nature à justifier, au titre de leurs demandes d'asile, leur maintien sur le territoire jusqu'à ce que la cour nationale du droit d'asile statue sur leurs recours. Par suite, leurs demandes de suspension de l'exécution des mesures d'éloignement les concernant en application de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être rejetées.

11. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme A étant admis provisoirement à l'aide juridictionnelle, leurs conclusions à fin d'annulation et de suspension, et par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. et Mme A sont admis provisoirement à l'aide juridictionnelle

Article 2 : Les requêtes de M. et Mme A sont est rejetées

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme D A et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

M. E

Le greffier,

B. Delage

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2404553,2404554

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions