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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2404737

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2404737

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2404737
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBERRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 juillet 2024, Mme A C, représentée par Me Berry, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 11 janvier 2024 par lesquelles la préfète du Bas-Rhin lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son avocate, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'est pas établi qu'elle a été précédée d'un avis rendu par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ni que ce collège était régulièrement composé ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre qu'elle assortit ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne précitée.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 août 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Poittevin ;

- et les observations de Me Carraud, substituant Me Berry et représentant Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante géorgienne née le 5 mars 1961 et entrée en France le 23 mars 2019 munie de son passeport revêtu d'un visa, a bénéficié d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " du 17 décembre 2020 au 16 décembre 2021, puis du 3 mai 2022 au 2 mai 2023. Le 3 avril 2023, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour pour des motifs tirés de son état de santé. Par un arrêté du 11 janvier 2024, la préfète du Bas-Rhin a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée à l'issue de ce délai. Mme C demande l'annulation de ces décisions.

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions :

2. Par un arrêté du 17 novembre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Bas-Rhin le même jour, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à Mme B D, cheffe du bureau de l'admission au séjour, pour signer les décisions de refus de séjour, ainsi que les décisions d'éloignement et fixant le pays de renvoi, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'elle a signé les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de leur signataire doit être écarté.

Sur la légalité de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée, qui précise notamment que l'intéressée est entrée de façon régulière sur le territoire français le 23 mars 2019, comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. La circonstance qu'elle ne mentionne pas les précédents titres de séjour dont Mme C a bénéficié, ni le sens des trois précédents avis rendus par le collège des médecins de l'OFII sur l'état de santé de la requérante n'est pas de nature à caractériser un défaut de motivation. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit, par suite, être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () "

5. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () " Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. () "

6. D'une part, la préfète du Bas-Rhin, qui produit l'avis du 6 septembre 2023 par lequel le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a examiné l'état de santé de Mme C, justifie l'existence de cet avis. Cet avis et son bordereau de transmission mentionnent l'identité des médecins composant le collège de médecins, régulièrement nommés par une décision du directeur général de l'OFII du 25 juillet 2023. Par ailleurs, il ressort de ces mêmes pièces que le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été établi par un médecin-rapporteur, qui n'a pas siégé au sein de ce collège.

7. D'autre part, pour refuser de renouveler le titre de séjour que Mme C détenait, la préfète du Bas-Rhin a estimé, en suivant l'avis du collège de médecins de l'OFII, que si son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut serait susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle pouvait bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine et y voyager sans risque. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport médical confidentiel établi par le médecin de l'OFII, versé à l'instance par la requérante, que cette dernière est atteinte d'une sclérodermie systémique cutanée diffuse avec atteinte pulmonaire, articulaire et œsophagienne, qui s'accompagne d'un syndrome de Reynaud avec ulcérations digitales et d'une fibrose pulmonaire. Elle bénéficie à ce titre d'un suivi pneumologique et rhumatologique semestriel et d'un traitement médicamenteux à base de Bosentan, de Plaquenil, de Lercanidipine, de Cetirizine et de Pantoprazole. En outre, et ainsi que Mme C le fait valoir, cette pathologie entraîne des complications, en particulier, à la date du rapport médical, une dyspnée, une acro-ostéolyse des phalanges digitales et une ankylose rachidienne. L'intéressée soutient qu'elle ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en Géorgie, en raison de restrictions dans l'accès aux soins, de l'indisponibilité régulière de médicaments et de l'insuffisance de la couverture de santé géorgienne. Toutefois, elle se borne à produire et citer des rapports d'ordre général relatifs aux problématiques de santé en Géorgie, dont le contenu ne permet pas de démontrer, précisément, que la prise en charge dont elle bénéficie en France auprès de pneumologues et de rhumatologues serait indisponible en Géorgie. En outre, si Mme C verse à l'instance un courrier de l'agence de régulation des activités médicales et pharmaceutiques attestant que le Bosentan n'est pas commercialisé en Géorgie, elle n'établit pas que le générique est lui aussi indisponible dans le pays. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié en Géorgie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme C.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. Si Mme C, qui justifie résider habituellement en France depuis plus de quatre ans à la date de la décision attaquée, se prévaut de sa durée de présence en France et de la nécessité de poursuivre sa prise en charge médicale en France, il ressort des pièces du dossier qu'elle est sans charge de famille et qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine, où réside en particulier son fils majeur, et où elle a vécu jusqu'à l'âge de cinquante-huit ans. En outre, elle n'établit ni même n'allègue avoir tissé en France de liens d'une particulière intensité. Enfin, compte-tenu de ce qui a été dit au point 7, l'intéressée n'établit pas qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'une prise en charge médicale appropriée à son état de santé en Géorgie. Dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en refusant de renouveler le titre de séjour de Mme C, la préfète du Bas-Rhin n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'elle a poursuivis, et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ce refus sur la situation personnelle de l'intéressée.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 10, et de ce que la requérante ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour ne peut qu'être écarté.

12. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction alors applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () "

13. Il résulte de ce qui a été exposé au point 7 que le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

14. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme portant une atteinte excessive au droit de Mme C au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

15. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de Mme C.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 11 à 15, et de ce que la requérante ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

17. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de Mme C doivent être écartés.

18. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

19. Si la requérante soutient qu'elle ne pourrait bénéficier effectivement d'une prise en charge appropriée à son état de santé en Géorgie et qu'elle serait ainsi exposée à une réduction significative de son espérance de vie et à des souffrances intenses, il résulte de ce qui a été dit au point 7 qu'elle ne l'établit pas. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas fondé et doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la préfète du Bas-Rhin.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Rees, président,

- Mme Dobry, conseillère,

- Mme Poittevin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

L. POITTEVIN

Le président,

P. REESLa greffière,

V. IMMELÉ

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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