jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2404744 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | RIEHM-COGNEE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 juillet 2024, M. C B,, représenté par Me AAchour, demande au tribunal
1°) de l'admettre à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans :
s ;
Il soutient que :
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de
retour sur le territoire français sont entachées d'un vice d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen ;
- les droits de la défense n'ont pas été respectés ;
- les décisions sont entachées d'erreur de droit ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elles portent une atteinte excessive à sa vie privée et familiale ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Laurent Boutot, magistrat désigné ;
- les observations de Me Aachour, représentant M. B, présent à l'audience,
ainsi de Mme A, sa compagne, qui fait valoir que leur relation date de 2020, qu'ils ont une fille de 15 mois et que M. B, arrivé en France en 1994, n'a plus de lien avec le Maroc.
La préfète du Bas-Rhin n'était ni présente ni représentée.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
1. En premier lieu, par un arrêté du 13 juin 2024 régulièrement publié, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à Mme D à l'effet de signer, notamment, les décisions contestées. Le moyen doit être écarté.
2. En deuxième lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est dès lors régulièrement motivée.
3. En troisième lieu, il ne résulte d'aucun des termes de la décision contestée que celle-serait entachée d'un défaut d'examen.
4. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été mis à même de faire valoir ses observations sur l'éventualité d'une mesure d'éloignement et d'une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense doit être écarté.
5. En cinquième lieu, l'erreur de droit n'est pas précisée. Le moyen doit être écarté.
6. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont la préfète du Bas-Rhin a fait application : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ". M. B, qui soutient que la préfète du Bas-Rhin a commis une erreur d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale, fait valoir qu'il est présent en France depuis 1994, qu'il n'a plus d'attaches au Maroc, que ses deux enfants sont en France, dont notamment sa fille âgée de 15 mois et née de sa relation avec une ressortissante française. Toutefois, M. B, qui s'est limité à des déclarations peu circonstanciées à l'audience, n'établit pas entretenir de relations particulières avec le reste de sa famille, ni même avec sa compagne actuelle, étant précisé que M. B a été condamné le 13 avril 2024 par le tribunal judiciaire de Strasbourg à 5 mois d'emprisonnement pour des faits de violence conjugale, peine pour laquelle il a été incarcéré. Il n'établit pas non plus participer, dans la mesure de ses moyens, à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants. M. B ne justifie pas non plus d'une quelconque intégration sociale ou professionnelle, n'ayant jamais travaillé. Par ailleurs, et surtout, pour obliger le requérant à quitter le territoire français, la préfète du Bas-Rhin s'est fondée sur la menace à l'ordre public que représente le comportement du requérant. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B, par ailleurs connu pour des faits de menaces de mort, commis en 2021, de vol, commis en 2022, et de violence aggravée, commis en 2023, a été condamné pénalement à plusieurs reprises depuis 2005, et, notamment, en 2015, par la cour d'assises du Bas-Rhin, à 7 ans de réclusion criminelle pour vol avec arme et recel. Il a enfin été condamné le 13 avril 2024 pour des faits de violence conjugale, ainsi qu'il a été dit. Dans ces conditions, le requérant représente une menace actuelle et grave à l'ordre public. Par suite, la préfète du Bas-Rhin ne peut être regardée comme ayant porté, par rapport aux buts poursuivis, une atteinte excessive au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen doit être écarté.
7. En septième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, qui n'est pas assorti d'éléments nouveaux, doit être écarté pour les mêmes motifs que précédemment.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ".
9. En premier lieu, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté pour les mêmes motifs qu'au point 1.
10. En deuxième lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est dès lors régulièrement motivée.
11. En troisième lieu, il ne résulte d'aucun des termes de la décision contestée que celle-serait entachée d'un défaut d'examen.
12. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense doit être écarté pour les mêmes motifs qu'au point 4.
13. En cinquième lieu, l'erreur de droit n'est pas précisée.
14. En sixième lieu, compte tenu des conditions de séjour de l'intéressé telles que rappelées au point 6, il n'est pas établi qu'en fixant à 5 ans, sur les 10 possibles dès lors que M. B représente une menace grave pour l'ordre public, la durée de son interdiction de retour sur le territoire français, la préfète du Bas-Rhin aurait commis une erreur d'appréciation.
15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète du Bas-Rhin.Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
L. Boutot
La greffière,
L. Rivalan
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. Rivalan
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026