vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2404746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ELSAESSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 4 et 5 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Elsaesser, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) avant dire droit, de demander à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de communiquer l'entier dossier médical lui ayant permis de se prononcer ;
3°) d'annuler l'arrêté du 6 mai 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
4°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a assigné à résidence ;
5°) d'enjoindre, à titre principal, à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui remettre ses documents de voyage sans délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
6°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer durant l'instruction un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
7°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros hors taxe à lui verser en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation ;
- elle est entachée de vice de procédure en l'absence de rapport du médecin instructeur ou sur la base d'un rapport incomplet, en ce que le médecin instructeur aurait siégé au sein du collège des médecins de l'office ;
- elle est entachée d'erreur de droit, la préfète s'étant s'estimée à tort en situation de compétence liée ;
- elle méconnait l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'assignation à résidence :
- son auteur est incompétent ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- la décision portant assignation à résidence est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur de droit, le délai de départ volontaire n'étant pas expiré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient à titre principal que les conclusions dirigées contre la décision portant assignation à résidence sont irrecevables car tardives et que les moyens soulevés à l'encontre des autres décisions ne sont pas fondés et à titre subsidiaire que tous les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Une note en délibéré, présentée par M. B, a été enregistrée le 8 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lecard en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lecard, magistrate désignée ; qui a soulevé d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 6 mai 2024 pour tardiveté ;
- les observations de Me Elsaesser, avocate de M. B, qui a repris les moyens développés dans sa requête en insistant sur le fait que son état pathologique ne pouvait lui permettre de comprendre la décision portant assignation à résidence dont il a fait l'objet et que cette décision est nécessairement inexistante puisque le délai de départ volontaire de l'arrêté du 6 mai n'était pas expiré. Elle a également insisté sur l'absence de notification de la décision du 6 mai au regard de l'erreur d'adresse et sur l'absence de prise en charge thérapeutique possible dans son pays d'origine ;
- les observations de M. B qui a indiqué ne pas comprendre la situation.
La préfète du Bas-Rhin n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tchadien né en 2001, a déclaré être entré irrégulièrement en France le 19 mars 2021. Sa demande d'asile a été rejetée. Le 22 juin 2022, il a sollicité pour la première fois son admission au séjour en raison de son état de santé. Il a été muni de plusieurs autorisations provisoires de séjour. Le 9 mai 2023, il a, de nouveau, sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 6 mai 2024, la préfète du Bas-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un second arrêté du 11 juin 2024, la préfète du Bas-Rhin a assigné M. B à résidence dans le département du Bas-Rhin. M. B demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B
au bénéfice de l'aide juridictionnelle demandé.
Sur l'étendue du litige :
4. Il appartient à la magistrate désignée par le président du tribunal administratif, dans le cadre du présent litige, de se prononcer sur les conclusions dont elle est saisie tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et assignant M. B à résidence. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, ainsi que sur les conclusions accessoires dont elles sont assorties. Dès lors, il y a lieu de les renvoyer à une formation collégiale du tribunal, compétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, M. B soutient que l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est illégale par voie de conséquence de l'illégalité qui entache la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour.
6. D'une part, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquels elle se fonde. Et il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. ". Enfin, aux termes de l'article R. 425-13 du même code :
" Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical ".
8. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative de se prononcer sur la demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade au vu de l'avis émis par un collège de médecins nommés par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Préalablement à l'avis rendu par ce collège d'experts, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin rapporteur, doit lui être transmis. Le médecin à l'origine de ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet.
9. En l'espèce, la préfète du Bas-Rhin a produit aux débats l'avis du collège de médecins de l'OFII en date du 26 décembre 2023 sur lequel elle a fondé sa décision. Il résulte tant des mentions figurant sur cet avis que de celles figurant sur le bordereau de transmission à la préfecture, que le rapport médical prévu à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été établi le 3 décembre 2023 et transmis le lendemain au collège de médecins, au sein duquel le médecin auteur du rapport médical n'a pas siégé. Enfin, il n'est pas établi que cet avis aurait été rendu au vu d'un rapport incomplet du médecin instructeur de l'OFII. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté en toutes ses branches.
10. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, eu égard à son offre de soins et aux caractéristiques de son système de santé. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'effectivité du bénéfice d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
11. Pour refuser de délivrer à M. B le titre de séjour sollicité, la préfète du Bas-Rhin a relevé, en se fondant sur l'avis émis le 26 décembre 2023 par le collège de médecins de l'OFII, que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier d'un traitement approprié et qu'en outre, il pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. Le requérant soutient qu'il ne peut bénéficier d'une prise en charge pluridisciplinaire complète au Tchad comme celle qui a été mise en place en France. Toutefois, en l'espèce, si le requérant justifie par les attestations et certificats médicaux produits qu'il souffre d'un handicap psychique avec syndrome déficitaire et qu'il bénéficie d'un traitement thérapeutique et d'un accompagnement médico-social, notamment pour toutes ses démarches et actes du quotidien, il ne démontre pas, par la production d'éléments généraux qui ne font ni état de la disponibilité ou non de son traitement médicamenteux ni de la possibilité d'avoir un accompagnement médico-social, qu'il ne pourrait pas être pris en charge dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le requérant n'apporte pas d'élément permettant de remettre en cause l'appréciation à laquelle la préfète du Bas-Rhin s'est livrée concernant la disponibilité effective d'une telle prise en charge dans le pays d'origine de l'intéressé en se fondant notamment sur l'avis du collège de médecins de l'OFII susmentionné. Par suite, et sans qu'il ne soit besoin d'obtenir la communication de l'entier dossier médical de M. B auprès de l'OFII, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, M. B n'est pas davantage fondé à soutenir que la préfète du Bas-Rhin aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences d'une rupture du suivi médical et des soins sur son état de santé.
12. Pour finir, il ne ressort pas des termes de la décision contestée que la préfète du Bas-Rhin, qui pouvait légalement s'approprier les termes de l'avis du collège susmentionné et qui indique avoir examiné l'ensemble des éléments du dossier de M. B, se serait crue liée par l'avis dudit collège ou aurait méconnu l'étendue de sa compétence. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français.
14. En deuxième lieu, si le requérant soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée, entachée d'un défaut d'examen et d'erreur d'appréciation, ces moyens ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ils doivent être écartés.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le requérant n'est pas fondé à exciper, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
17. En deuxième lieu, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquels elle se fonde. Le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait.
18. En troisième et dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision en litige méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence, sur la recevabilité de conclusions à fin d'annulation :
19. Aux de l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification. () ". Aux termes de l'article R. 776-4 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le délai de recours contentieux contre les décisions mentionnées à l'article R. 776-1 en cas de placement en rétention administrative ou d'assignation à résidence en application des articles L. 731-1 ou L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est de quarante-huit heures. Ce délai court à compter de la notification de la décision par voie administrative. ".
20. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté portant assignation à résidence a été notifié le 11 juin 2024 à 16 heures 45. Cet arrêté mentionnait les voies et délais de recours. Si le requérant soutient qu'il ne maitrise pas la langue française et n'était pas en mesure de comprendre les conséquences de cette décision en raison de son état de santé, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose la présence d'un interprète et d'un service social permettant d'expliquer précisément les incidences de la décision alors qu'au demeurant il ressort des pièces du dossier que le requérant arrive à comprendre le français. Par suite, les conclusions dirigées contre cette décision introduites le 4 juillet 2024, l'ont été après l'expiration du délai de recours.
21. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense tirée de la tardiveté de telles conclusions doit être accueillie. Si, le requérant soutient que la décision est en réalité inexistante, à supposer qu'elle soit entachée d'un défaut de base légale, cet élément à lui seul ne permet pas de la qualifier de décision inexistante.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1 : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les conclusions dirigées contre la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour contenue dans l'arrêté du 6 mai 2024 et les conclusions accessoires sont renvoyées en formation collégiale.
Article 3 : Les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, de la décision fixant le pays de renvoi et de la décision portant assignation à résidence sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Elsaesser et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La magistrate désignée,
A. Lecard La greffière,
R. Van Der Beek
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van Der Beek
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026