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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2404765

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2404765

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2404765
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCHEBBALE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 juillet 2024 et le 4 septembre 2024, sous le n° 2404765, M. A E, représenté par Me Chebbale, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- le refus de séjour a été signé par une personne non habilitée à cette fin ;

- il est insuffisamment motivée ;

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier ;

- il n'est pas établi que la préfète se soit prononcée au vu d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur l'état de santé de son fils, ni que, si tel fut le cas, cet avis ait été émis par un collège régulièrement composé de médecins régulièrement désignés et au vu du rapport médical d'un médecin de l'office ; en outre, l'avis du 2 août 2022 mentionné dans l'arrêté contesté indique que le collège de médecins ne s'est pas prononcé sur la possibilité, pour son fils, de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;

- le refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- l'obligation de quitter le territoire français a été signée par une personne non habilitée à cette fin ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il peut prétendre de plein droit à la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de destination a été signée par une personne non habilitée à cette fin ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juin 2024.

II. Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 juillet 2024 et le 4 septembre 2024, sous le n° 2404766, Mme F épouse E, représentée par Me Chebbale, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- le refus de séjour a été signé par une personne non habilitée à cette fin ;

- il est insuffisamment motivée ;

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier ;

- il n'est pas établi que la préfète se soit prononcée au vu d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur l'état de santé de son fils, ni que, si tel fut le cas, cet avis ait été émis par un collège régulièrement composé de médecins régulièrement désignés et au vu du rapport médical d'un médecin de l'office ; en outre, l'avis du 2 août 2022 mentionné dans l'arrêté contesté indique que le collège de médecins ne s'est pas prononcé sur la possibilité, pour son fils, de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;

- le refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- l'obligation de quitter le territoire français a été signée par une personne non habilitée à cette fin ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il peut prétendre de plein droit à la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de destination a été signée par une personne non habilitée à cette fin ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juin 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rees, président rapporteur,

- les observations de Me Carraud, substituant Me Chebbale, représentant de M. E et de Mme B épouse E,

- la préfète du Bas-Rhin n'était ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Il y a lieu de joindre les requêtes susvisées, qui portent sur la situation d'un couple d'étrangers, pour statuer par un seul jugement.

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions contestées :

2. Par arrêté du 6 avril 2023, publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à M. D pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. M. D était donc, contrairement à ce que soutiennent les requérants, habilité à signer les décisions contestées.

Sur les autres moyens dirigés contre les refus de séjour :

3. En premier lieu, les arrêtés en litige comportent un énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles la préfète s'est fondée pour refuser aux requérants la délivrance d'un titre de séjour. Les décisions contestées sont ainsi régulièrement motivées.

4. En deuxième lieu, cette motivation permet de vérifier que la préfète a procédé à un examen particulier de la situation de chacun des requérants.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9 () se voient délivrer () une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. () Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ".

6. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Selon l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ". Enfin, l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé dispose que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure () ".

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les décisions contestées ont été prises au vu d'un avis du collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 2 août 2022, que cet avis a été émis au vu d'un rapport médical établi par un médecin de l'office, et que ce dernier n'a pas siégé dans le collège, lequel était composé de médecins régulièrement désignés. Par ailleurs, dès lors qu'il a estimé qu'un défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner, pour le fils des requérants, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, le collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pu régulièrement s'abstenir de se prononcer sur la possibilité de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Aucune des irrégularités invoquées par les requérants n'est ainsi établie.

8. D'autre part, l'avis du collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont la teneur a été rappelée au point précédent et que la préfète s'est approprié, fait présumer que l'état de santé du fils des requérants ne justifie pas qu'ils fussent admis au séjour en France. En l'absence d'indications précises et circonstanciées quant aux conséquences que pourrait entraîner, pour leur fils, un défaut de prise en charge médicale, les éléments apportés par les requérants ne suffisent pas à remettre en cause cette appréciation. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-10 précité doit donc être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. E et Mme B ne justifient d'aucune attache personnelle ou familiale en France et n'établissent pas être dépourvus d'attaches en Géorgie, ni être dans l'impossibilité d'y reconstituer leur cellule familiale. Dès lors, ils ne sont pas fondés à soutenir que la préfète a porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a refusé de les admettre au séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit donc être écarté.

11. En sixième lieu, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

12. Les décisions contestées n'impliquant pas une séparation des requérants d'avec leurs deux enfants mineurs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

13. En dernier lieu, pour les mêmes raisons que celles indiquées aux points 8, 10 et 12, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre les obligations de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, en vertu de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation spécifique lorsque, comme c'est le cas en l'espèce, elle accompagne une décision de refus de séjour elle-même motivée.

15. En deuxième lieu, les énonciations des arrêtés contestés permettent de vérifier que la préfète a procédé à un examen particulier de la situation de chacun des requérants.

16. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les obligations de quitter le territoire français sont illégales du fait de l'illégalité des refus de séjour.

17. En quatrième lieu, les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne s'appliquant qu'à l'étranger faisant l'objet de l'obligation de quitter le territoire français, les requérants ne peuvent pas utilement faire valoir l'état de santé de leur enfant sur leur fondement.

18. En cinquième lieu, pour les mêmes raisons que celles indiquées précédemment, ne peuvent qu'être écartés les moyens tirés de l'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation.

Sur les autres moyens dirigés contre les décisions fixant le pays de destination :

19. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'exception d'illégalité des obligations de quitter le territoire français n'est pas fondée.

20. En second lieu, pour les mêmes raisons que celles indiquées précédemment, ne peuvent qu'être écartés les moyens tirés de l'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et d'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : Les requêtes de M. E et de Mme B épouse E sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et à Mme C B épouse E, au préfet du Bas-Rhin et à Me Chebbale. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

Mme Dobry, conseillère,

Mme Poittevin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le rapporteur,

P. REES

L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,

S. DOBRY La greffière,

V. IMMELÉ

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 2404765 et 2404766

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